NÉE À BRUXELLES en 1930.
D’origine flamande, Liliane Wouters est francophone et vit longtemps à Ixelles (Bruxelles) avant de s’établir en Wallonie. À 24 ans, elle publie un premier recueil de poésie, LA MARCHE FORCÉE, dont la reconnaissance est immédiate à Bruxelles et à Paris. Institutrice à Ixelles de 1949 à 1980, elle peindra l’étroitesse du monde scolaire dans sa pièce, LA SALLE DES PROFS. Elle a, en effet, toujours pensé au théâtre mais les ébauches, les bribes avaient été remisées. C’est Claude Étienne qui, décelant dans son écriture une esquisse de personnages et un sens dramatique, lui commande sa première pièce en 1964. Liliane Wouters écrit OSCARINE OU LES TOURNESOLS dont le succès public amène d’autres commandes. Poétesse et dorénavant auteur dramatique, elle quitte l’enseignement après trente années de carrière, rédige un PANORAMA DE LA POÉSIE FRANÇAISE DE BELGIQUE dont l’éclectisme suscite quelques remous et devient membre de l’Académie royale de langue et de littérature de Belgique puis, récemment, de l’Académie européenne de poésie. Traductrice, adaptatrice, Liliane Wouters, entre classiques et modernes, défie les cloisonnements et construit une œuvre réfractaire aux étiquettes.
L’équateur
UN BATEAU, perdu dans l’immensité des mers, dérive inexorablement vers l’équateur. Les instruments de bord ne répondent plus et, pour contenir l’angoisse, le capitaine Budoc et le docteur Nix organisent un bal costumé. Le temps s’accélère, les ombres rétrécissent, aucune limite ne barre l’horizon, le voilier navigue désormais sur les abysses. Budoc, solidement arrimé à la vie, nie l’évidence mais, égaré, revient vers sa femme Hildegarde. Visionnaire, elle lui conseille de partir à la recherche de son âme, de la tenir prête pour midi. Lady Morgan pérore quelque peu, évoque la mémoire de ses cinq maris et continue à invoquer l’amour. Lorsqu’un navire sort de la brume et croise leur route, Nix et Budoc seront les seuls à ne pas apercevoir les passagers, figures figées venues du passé que côtoient leurs propres fantômes. « Nous aurons gardé l’essentiel. » Mais quoi ? se demande Budoc, gouailleur, tandis que son fils, Jonas, s’abîme en prières. Dans la nuit tombée, joyeux et graves, ils dansent sans écouter la voix d’Hildegarde :
« Je vis, je vis, je me moque du temps que Le temps détruit…»
La salle des profs
DANS LA SALLE des profs, les instituteurs s’octroient une petite pause. Ils en profitent pour déverser leurs récriminations sur Le café, trop fort, sur les élèves, pas assez doués, sur Monsieur Martens, en congé de maladie… Quand arrive Bailly, l’intérimaire, il faut l’initier aux habitudes, aux rangs et aux appréciations. Bailly découvre des personnalités blasées, dévorées par la banalité : la rigidité de Vandam (« II faut serrer la vis », scande-t-il), les inévitables vacances de Firquet à la Costa Brava, l’organisation de Dini et ses préparations sur fiches qui serviront pendant quarante ans… Bailly se met à attendre la neige, seul espoir de calmer les élèves. Car il est contre la discipline : pourquoi interdire de s’asseoir sur le banc, de courir dans les escaliers ?Ses collègues, qui rêvent d’une école idéale avec des enfants muets et paralysés, le somment de rétablir l’ordre. Mais, dans la salle des profs, « la cage aux fossiles », même Jaumain qui aime son métier et fait rire ses élèves connaît des moments de détresse. «‘Répétez’ dit le maître…»
Mohammed et Juliette
CHEZ LES DEVOS, on est dans le chocolat de père en fils ! Du bollewinkel « Chez Joseph » aux « Pralines bruxelloises » puis aux « Pralines Iris », l’affaire prospère. Mais Marcel vient de faire un infarctus. Il doit se ménager, se reposer. Si seulement il pouvait compter sur son fils Valentin pour l’aider un peu… Or Valentin étudie. Nul ne sait vraiment quoi, on se perd dans les écoles qu’il fréquente et son sens du commerce se limite à extorquer de l’argent à tout le monde en raillant le travail. Juliette propose à son père un jeune homme très bien qui enseigne dans son lycée et aime le football. Pourquoi Devos, encouragé par sa femme, Évelyne, refuse-t-il de le recevoir ? À cause d’un prénom : Mohammed. Un étranger, un Arabe, un bougnoul dans la maison ! Et l’argenterie et les bijoux ? À la faveur d’un quiproquo, Mohammed finit par rencontrer Devos. Il séduit. Devos confie le pouvoir à Mohammed. Et Mohammed fait de Devos le plus heureux des hommes…
Humour et ironie, onirisme et symbolisme, dimension métaphysique ou historique, telles sont les lignes de force du théâtre de Liliane Wouters. Un théâtre qui se porte vers son sujet avec le souci d’une langue précise, attentive à la rencontre de la forme — une manière de parler, un nom… — et du personnage.
ND
Œuvres théâtrales
OSCARINE OU LES TOURNESOLS
Création dans une mise en scène de Henri Chanal au Rideau de Bruxelles, en 1964.
Traduit en italien par Vera Bertinetti.
Distribution : 3 femmes, 4 à 7 hommes
Durée : 1h40
LA PORTE
Création par le Théâtre de la Communauté, dans une mise en scène de Henri Chanal, au Festival du jeune théâtre à Liège, en 1967.
Distribution : 6 femmes, 6 hommes
Durée : 2h
VIES ET MORTS DE MADEMOISELLE SHAKESPEARE
Publié aux Éditions Jacques Antoine, Bruxelles, 1984.
Publié en anglais sous le titre THE LIVES AND DEATHS OF Miss SHAKESPEARE dans une adaptation d’Anne-Marie Glasheen, dans l’anthologie GAY PLAYS, Ubu Repertory Theater publications, New York.
Création par le Théâtre de l’Esprit frappeur dans une mise en scène de Bernard De Coster au Botanique, à Bruxelles, en mars 1979.
Distribution : 7 femmes, 2 hommes
Durée : 2h
LA SALLE DES PROFS
Publié aux Éditions Jacques Antoine, Bruxelles, 1983.
Création par la Maison de la Culture de la Région de Mons dans une mise en scène de Roland Thibeau, en février 1983.
Nouvelle création par le Théâtre de l’Esprit frappeur dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux à Bruxelles, en mars 1983.
Création en néerlandais sous le titre MET EZELSOREN dans une adaptation d’Alice Toen, par le Brialmont Theater à Bruxelles, en janvier 1984.
Création en italien, dans une traduction de Lucio Chiavarelli, au Centro Sperimentale à Parme, en novembre 1991.
Création en valencien, dans une traduction de Juli Leal, au Théâtre de la Generalitat à Valence (Espagne), en octobre 1993.
Traduit en québecois par Anne-Marie Boucher.
Traduit en allemand par Lisette Pelzer.
Réalisation pour la RTBF par Jacques Vernel.
Réalisation pour la BRT par Vincent Rouffaer d’un téléfilm en trois épisodes sous le titre DE LERAARSKAMER
(adaptation d’Alice Toen et Walter Van den Broeck).
Prix André Praga de l’Académie de langue et de littérature françaises.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée:2h
L’ÉQUATEUR
Création par le Théâtre de l’Esprit frappeur dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux, au Botanique à Bruxelles, en février 1986.
Réalisation pour la RTBF par Freddy Charles.
Traduit en néerlandais par Bert Decorte.
Traduit en roumain par Liliana Ursu.
Distribution : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 2h
CHARLOTTE OU LA NUIT MEXICAINE
Publié aux Éditions Les Éperonniers, Bruxelles, 1989. À paraître en anglais dans une traduction d’Anne-Marie Glasheen, dans une anthologie consacrée aux femmes dramaturges de Belgique francophone, à New York, en 1997.
Création par le Théâtre de l’Ancre dans une mise en scène de Marcel Delval en février 1989. La pièce a été choisie par les sociétés d’auteurs (SABAM et SACD) pour représenter la Belgique à l’opération Théâtre européen d’aujourd’hui et fut traduite pour l’occasion en italien (par Aldo Nicolaj), en portugais (par Norberto Avila) et en espagnol par (Luis Aranjo).
Elle fut présentée en lecturespectacle à Paris, Venise, Genève et Lisbonne.
Prix de la Communauté française de Belgique.
Distribution : 4 femmes
Durée : 2h
LE JOUR DU NARVAL
Publié aux Éditions Les Éperonniers, Bruxelles, 1991.
Création par le Théâtre du Grand Midi dans une mise en scène de Bernard Damien, en janvier 1991.
Prix Charles Plisnier.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 2h
MOHAMMED ET JULIETTE
Lecture publique par le Magasin d’Écriture théâtrale dans une mise en espace de Raphaël Anciaux, à l’Espace Senghor, Bruxelles, en mai 1993.
Distribution : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 2h
MOI, FRÉDÉRIC
Distribution : 2 femmes, 5 hommes
Durée : 2h
Pièces en un acte
LE MONUMENT
Création dans le cadre de la commémoration du 151e anniversaire de l’Indépendance belge à la Maison de la Culture de la Région de Mons, en 1981.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 30 minutes.
LA MORT DE CLÉOPÂTRE
Séquence du spectacle collectif
CLÉOPÂTRE.
Création dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux au Théâtre de l’Esprit frappeur, en mai 1982.
Distribution : 2 femmes
Durée : 30 minutes
AUTOUR D’UNE DAME DE QUALITÉ
Création à l’Académie d’été de Neufchâteau, en 1983. Nombre de personnages et durée variables, la pièce servant d’exercice d’écriture
LA NATIVITÉ SANS L’ENFANT
Création dans l’église romane de Tourinnes-la-Grosse, en 1984.
Distribution : 2 femmes, 7 hommes
Durée : 30 minutes
Adaptations
LA CÉLESTINE
de Fernando de Rojas
Création au Théâtre royal du Parc, en 1981.
DANS L’‘INTÉRÊT GÉNÉRAL
de Walter Van den Broek
(en collaboration avec Nicole Cabès)
Création au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, en 1986.
LA MÈRE DE DAVID S.
d’Yvonne Keuls
Création au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, en 1987.
NI CHAIR, NI POISSON
de Rudy Geldhof
Création au Théâtre du Grand Midi, en 1990.
VITA ET VIRGINIA
de Eileen Atkins
Création au Rideau de Bruxelles, en 1996.
LE PLUS TÉMÉRAIRE DES ANGES
de Magnus Nelsson
Traduit du suédois avec Gilberte Werckx.



