Liliane Wouters
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Liliane Wouters

Le 1 Août 1997
Michel Wright, Raoul de Manez, Suzy Falk, Anne-Marie Cappeliez, dans LA SALLE DES PROFS de Liliane Wouters, mise en scène d’Albert-André Lheureux au Théâtre de l'Esprit frappeur, 1983.
Michel Wright, Raoul de Manez, Suzy Falk, Anne-Marie Cappeliez, dans LA SALLE DES PROFS de Liliane Wouters, mise en scène d’Albert-André Lheureux au Théâtre de l'Esprit frappeur, 1983.
Michel Wright, Raoul de Manez, Suzy Falk, Anne-Marie Cappeliez, dans LA SALLE DES PROFS de Liliane Wouters, mise en scène d’Albert-André Lheureux au Théâtre de l'Esprit frappeur, 1983.
Michel Wright, Raoul de Manez, Suzy Falk, Anne-Marie Cappeliez, dans LA SALLE DES PROFS de Liliane Wouters, mise en scène d’Albert-André Lheureux au Théâtre de l'Esprit frappeur, 1983.
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NÉE À BRUXELLES en 1930. 

D’o­rig­ine fla­mande, Lil­iane Wouters est fran­coph­o­ne et vit longtemps à Ixelles (Brux­elles) avant de s’établir en Wal­lonie. À 24 ans, elle pub­lie un pre­mier recueil de poésie, LA MARCHE FORCÉE, dont la recon­nais­sance est immé­di­ate à Brux­elles et à Paris. Insti­tutrice à Ixelles de 1949 à 1980, elle pein­dra l’étroitesse du monde sco­laire dans sa pièce, LA SALLE DES PROFS. Elle a, en effet, tou­jours pen­sé au théâtre mais les ébauch­es, les bribes avaient été remisées. C’est Claude Éti­enne qui, déce­lant dans son écri­t­ure une esquisse de per­son­nages et un sens dra­ma­tique, lui com­mande sa pre­mière pièce en 1964. Lil­iane Wouters écrit OSCARINE OU LES TOURNESOLS dont le suc­cès pub­lic amène d’autres com­man­des. Poétesse et doré­na­vant auteur dra­ma­tique, elle quitte l’enseignement après trente années de car­rière, rédi­ge un PANORAMA DE LA POÉSIE FRANÇAISE DE BELGIQUE dont l’éclectisme sus­cite quelques remous et devient mem­bre de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture de Bel­gique puis, récem­ment, de l’Académie européenne de poésie. Tra­duc­trice, adap­ta­trice, Lil­iane Wouters, entre clas­siques et mod­ernes, défie les cloi­son­nements et con­stru­it une œuvre réfrac­taire aux éti­quettes. 

L’équa­teur 

UN BATEAU, per­du dans l’immensité des mers, dérive inex­orable­ment vers l’équa­teur. Les instru­ments de bord ne répon­dent plus et, pour con­tenir l’an­goisse, le cap­i­taine Budoc et le doc­teur Nix organ­isent un bal cos­tumé. Le temps s’ac­célère, les ombres rétré­cis­sent, aucune lim­ite ne barre l’horizon, le voili­er nav­igue désor­mais sur les abysses. Budoc, solide­ment arrimé à la vie, nie l’év­i­dence mais, égaré, revient vers sa femme Hilde­garde. Vision­naire, elle lui con­seille de par­tir à la recherche de son âme, de la tenir prête pour midi. Lady Mor­gan pérore quelque peu, évoque la mémoire de ses cinq maris et con­tin­ue à invo­quer l’amour. Lorsqu’un navire sort de la brume et croise leur route, Nix et Budoc seront les seuls à ne pas apercevoir les pas­sagers, fig­ures figées venues du passé que côtoient leurs pro­pres fan­tômes. « Nous aurons gardé l’essen­tiel. » Mais quoi ? se demande Budoc, gouailleur, tan­dis que son fils, Jonas, s’abîme en prières. Dans la nuit tombée, joyeux et graves, ils dansent sans écouter la voix d’Hildegarde :
« Je vis, je vis, je me moque du temps que Le temps détru­it…» 

La salle des profs 

DANS LA SALLE des profs, les insti­tu­teurs s’octroient une petite pause. Ils en prof­i­tent pour dévers­er leurs récrim­i­na­tions sur Le café, trop fort, sur les élèves, pas assez doués, sur Mon­sieur Martens, en con­gé de mal­adie… Quand arrive Bail­ly, l’intérimaire, il faut l’initier aux habi­tudes, aux rangs et aux appré­ci­a­tions. Bail­ly décou­vre des per­son­nal­ités blasées, dévorées par la banal­ité : la rigid­ité de Van­dam (« II faut ser­rer la vis », scan­de-t-il), les inévita­bles vacances de Fir­quet à la Cos­ta Bra­va, l’organisation de Dini et ses pré­pa­ra­tions sur fich­es qui servi­ront pen­dant quar­ante ans… Bail­ly se met à atten­dre la neige, seul espoir de calmer les élèves. Car il est con­tre la dis­ci­pline : pourquoi inter­dire de s’asseoir sur le banc, de courir dans les escaliers ?Ses col­lègues, qui rêvent d’une école idéale avec des enfants muets et paralysés, le som­ment de rétablir l’ordre. Mais, dans la salle des profs, « la cage aux fos­siles », même Jau­main qui aime son méti­er et fait rire ses élèves con­naît des moments de détresse. «‘Répétez’ dit le maître…» 

Mohammed et Juli­ette 

CHEZ LES DEVOS, on est dans le choco­lat de père en fils ! Du bollewinkel « Chez Joseph » aux « Pra­lines brux­el­lois­es » puis aux « Pra­lines Iris », l’af­faire prospère. Mais Mar­cel vient de faire un infarc­tus. Il doit se ménag­er, se repos­er. Si seule­ment il pou­vait compter sur son fils Valentin pour l’aider un peu… Or Valentin étudie. Nul ne sait vrai­ment quoi, on se perd dans les écoles qu’il fréquente et son sens du com­merce se lim­ite à extor­quer de l’ar­gent à tout le monde en rail­lant le tra­vail. Juli­ette pro­pose à son père un jeune homme très bien qui enseigne dans son lycée et aime le foot­ball. Pourquoi Devos, encour­agé par sa femme, Éve­lyne, refuse-t-il de le recevoir ? À cause d’un prénom : Mohammed. Un étranger, un Arabe, un boug­noul dans la mai­son ! Et l’argenterie et les bijoux ? À la faveur d’un quipro­quo, Mohammed finit par ren­con­tr­er Devos. Il séduit. Devos con­fie le pou­voir à Mohammed. Et Mohammed fait de Devos le plus heureux des hommes… 

Humour et ironie, onirisme et sym­bol­isme, dimen­sion méta­physique ou his­torique, telles sont les lignes de force du théâtre de Lil­iane Wouters. Un théâtre qui se porte vers son sujet avec le souci d’une langue pré­cise, atten­tive à la ren­con­tre de la forme — une manière de par­ler, un nom… — et du per­son­nage. 

ND

Œuvres théâ­trales

OSCARINE OU LES TOURNESOLS
Créa­tion dans une mise en scène de Hen­ri Chanal au Rideau de Brux­elles, en 1964.
Traduit en ital­ien par Vera Bertinet­ti.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 4 à 7 hommes
Durée : 1h40

LA PORTE
Créa­tion par le Théâtre de la Com­mu­nauté, dans une mise en scène de Hen­ri Chanal, au Fes­ti­val du jeune théâtre à Liège, en 1967.
Dis­tri­b­u­tion : 6 femmes, 6 hommes
Durée : 2h

VIES ET MORTS DE MADEMOISELLE SHAKESPEARE
Pub­lié aux Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1984.
Pub­lié en anglais sous le titre THE LIVES AND DEATHS OF Miss SHAKESPEARE dans une adap­ta­tion d’Anne-Marie Glasheen, dans l’anthologie GAY PLAYS, Ubu Reper­to­ry The­ater pub­li­ca­tions, New York.
Créa­tion par le Théâtre de l’E­sprit frappeur dans une mise en scène de Bernard De Coster au Botanique, à Brux­elles, en mars 1979.
Dis­tri­b­u­tion : 7 femmes, 2 hommes
Durée : 2h

LA SALLE DES PROFS
Pub­lié aux Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1983.
Créa­tion par la Mai­son de la Cul­ture de la Région de Mons dans une mise en scène de Roland Thibeau, en févri­er 1983.

Nou­velle créa­tion par le Théâtre de l’E­sprit frappeur dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux à Brux­elles, en mars 1983.
Créa­tion en néer­landais sous le titre MET EZELSOREN dans une adap­ta­tion d’Alice Toen, par le Brial­mont The­ater à Brux­elles, en jan­vi­er 1984.
Créa­tion en ital­ien, dans une tra­duc­tion de Lucio Chi­avarel­li, au Cen­tro Sper­i­men­tale à Parme, en novem­bre 1991.
Créa­tion en valen­cien, dans une tra­duc­tion de Juli Leal, au Théâtre de la Gen­er­al­i­tat à Valence (Espagne), en octo­bre 1993.
Traduit en québe­cois par Anne-Marie Bouch­er.
Traduit en alle­mand par Lisette Pelz­er.
Réal­i­sa­tion pour la RTBF par Jacques Ver­nel.
Réal­i­sa­tion pour la BRT par Vin­cent Rouf­faer d’un télé­film en trois épisodes sous le titre DE LERAARSKAMER
(adap­ta­tion d’Al­ice Toen et Wal­ter Van den Broeck).
Prix André Pra­ga de l’Académie de langue et de lit­téra­ture français­es.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 4 hommes
Durée:2h

L’ÉQUATEUR
Créa­tion par le Théâtre de l’E­sprit frappeur dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux, au Botanique à Brux­elles, en févri­er 1986.
Réal­i­sa­tion pour la RTBF par Fred­dy Charles.
Traduit en néer­landais par Bert Decorte.
Traduit en roumain par Lil­iana Ursu.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 2h

CHARLOTTE OU LA NUIT MEXICAINE
Pub­lié aux Édi­tions Les Éper­on­niers, Brux­elles, 1989. À paraître en anglais dans une tra­duc­tion d’Anne-Marie Glasheen, dans une antholo­gie con­sacrée aux femmes dra­maturges de Bel­gique fran­coph­o­ne, à New York, en 1997.
Créa­tion par le Théâtre de l’Ancre dans une mise en scène de Mar­cel Del­val en févri­er 1989. La pièce a été choisie par les sociétés d’au­teurs (SABAM et SACD) pour représen­ter la Bel­gique à l’opéra­tion Théâtre européen d’au­jour­d’hui et fut traduite pour l’occasion en ital­ien (par Aldo Nico­laj), en por­tu­gais (par Nor­ber­to Avi­la) et en espag­nol par (Luis Aran­jo).
Elle fut présen­tée en lec­ture­spec­ta­cle à Paris, Venise, Genève et Lis­bonne.
Prix de la Com­mu­nauté française de Bel­gique.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes
Durée : 2h

LE JOUR DU NARVAL
Pub­lié aux Édi­tions Les Éper­on­niers, Brux­elles, 1991.
Créa­tion par le Théâtre du Grand Midi dans une mise en scène de Bernard Damien, en jan­vi­er 1991.
Prix Charles Plis­nier.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 2h

MOHAMMED ET JULIETTE
Lec­ture publique par le Mag­a­sin d’Écriture théâ­trale dans une mise en espace de Raphaël Anci­aux, à l’E­space Sen­g­hor, Brux­elles, en mai 1993.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 2h

MOI, FRÉDÉRIC
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 5 hommes
Durée : 2h

Pièces en un acte

LE MONUMENT
Créa­tion dans le cadre de la com­mé­mora­tion du 151e anniver­saire de l’Indépen­dance belge à la Mai­son de la Cul­ture de la Région de Mons, en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 30 min­utes.

LA MORT DE CLÉOPÂTRE
Séquence du spec­ta­cle col­lec­tif
CLÉOPÂTRE.
Créa­tion dans une mise en scène d’Albert-André Lheureux au Théâtre de l’E­sprit frappeur, en mai 1982.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes
Durée : 30 min­utes

AUTOUR D’UNE DAME DE QUALITÉ
Créa­tion à l’Académie d’été de Neufchâteau, en 1983. Nom­bre de per­son­nages et durée vari­ables, la pièce ser­vant d’ex­er­ci­ce d’écri­t­ure

LA NATIVITÉ SANS L’ENFANT
Créa­tion dans l’église romane de Tourinnes-la-Grosse, en 1984.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 7 hommes
Durée : 30 min­utes

Adap­ta­tions

LA CÉLESTINE
de Fer­nan­do de Rojas
Créa­tion au Théâtre roy­al du Parc, en 1981.

DANS L’‘INTÉRÊT GÉNÉRAL
de Wal­ter Van den Broek
(en col­lab­o­ra­tion avec Nicole Cabès)
Créa­tion au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, en 1986.

LA MÈRE DE DAVID S.
d’Yvonne Keuls
Créa­tion au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, en 1987.

NI CHAIR, NI POISSON
de Rudy Geld­hof
Créa­tion au Théâtre du Grand Midi, en 1990.

VITA ET VIRGINIA
de Eileen Atkins
Créa­tion au Rideau de Brux­elles, en 1996.

LE PLUS TÉMÉRAIRE DES ANGES
de Mag­nus Nels­son
Traduit du sué­dois avec Gilberte Wer­ckx.

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Écrit par Nancy Delhalle
Nan­cy Del­halle est pro­fesseure à l’Université de Liège où elle dirige le Cen­tre d’Etudes et de Recherch­es sur...Plus d'info
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