Lorent Wanson
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Lorent Wanson

Le 1 Août 1997
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Lorent Wanson
Lorent Wan­son

LA PATIENCE et les nerfs sont mis à l’épreuve. La volon­té dialec­tique de son tra­vail provoque des cha­touille­ments intel­lectuels. Elle nous met dans l’embarras et l’inconfort des sen­ti­ments bruts. Lorent Wan­son nous tit­ille l’e­sprit ; il per­fore le champ poli­tique au sens large, en trai­tant des ques­tions qui n’é­taient plus telle­ment le fait de la créa­tion artis­tique. Sans mil­i­tan­tisme ni acharne­ment politi­co-social, Lorent Wan­son a douce­ment mais pleine­ment don­né à son tra­vail théâ­tral un sens et une respon­s­abil­ité civiques qui s’intègrent dans une esthé­tique vio­lente et éclatée. Parce que le théâtre doit à la fois édu­quer et provo­quer. Il pense aus­si, à l’in­star de beau­coup d’autres, que l’ac­teur ne joue pas l’action ; qu’il la racon­te. Et l’action est racon­tée avec d’au­tant plus de dis­tance et d’objectivité qu’elle est chan­tée. Ceci explique cela : Lorent Wan­son a adap­té MUsIK de Frank Wedekind (texte dans lequel on retrou­ve des morceaux chan­tés) et a écrit un spec­ta­cle tout en chan­sons pour le 50e anniver­saire de la Sécu­rité sociale en Bel­gique (C.Q.FD.). Met­teur en scène, comé­di­en et musi­cien, Lorent Wan­son est né à Huy le 22 juin 1967. 

Rien

CELUI QUI PARLE est tombé amoureux, mais il ne par­lera pas de son amour. Il ten­tera d’expliquer le ver­tige de la chute, et dans cette ver­ti­cal­ité, il nous fera le bilan de ses rémis­sions. Pour éviter l’anecdote et son obses­sion, il racon­tera ce qu’il est et ce qui lui arrive (puisqu’il y a un effet de causal­ité entre les deux), en affec­tant un ton méthodique, qua­si math­é­ma­tique qui refusera — autant de fois qu’il le désir­era — toute « con­ver­sa­tion pas­sion­nelle et affec­tive ». Pour accentuer cette « mise en équa­tion », le réc­it sub­jec­tif est régulière­ment inter­rompu par des com­man­de­ments apho­ris­tiques où le nar­ra­teur se donne des ordres à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er, ou par des com­men­taires aut­o­cri­tiques que le nar­ra­teur s’inflige à la troisième per­son­ne du sin­guli­er. Il procède ain­si à une dou­ble mise à dis­tance par rap­port à lui-même. Un mono­logue qui con­stru­it sa struc­ture en fonc­tion des rebondisse­ments de la parole du nar­ra­teur. Les mots choquant les idées pren­nent tout à coup des tra­jec­toires inat­ten­dues. Tout le tra­vail du texte con­siste alors à con­tenir ces effets de détourne­ments. Mais, parce que tous ces efforts ne pour­ront pas con­train­dre une sen­ti­men­tal­ité vio­lente que l’on sent prête à s’ex­primer comme une cat­a­stro­phe naturelle, celui qui par­le sait trop bien qu’il doit laiss­er — pour des raisons de sécu­rité — s’échap­per, ici et là, des phras­es comme celle-là : « Je ne pou­vais que la remerci­er du sim­ple fait de m’avoir fait peser sur les épaules, com­bi­en ses lèvres mille fois, ne valent aucune­ment les vôtres, une demi-fois. » 

CR

Œuvres théâ­trales

QUE LA FOUDRE S’ABATTE SUR LE PARJURE
Créa­tion dans une mise en scène de Vir­ginie Jor­tay, au Théâtre de la Bal­samine à Brux­elles en 1990.

RIEN
Créa­tion dans une mise en scène d’Alain Sion­neau et une inter­pré­ta­tion de l’auteur à l’Ate­lier Sainte-Anne, en 1993.

Martine Léonet, Patrick Bebi, Isabelle Cue, Jean-Marie Billy dans C.Q.F.D. de Lorent Wanson. Photo Lou Hérion.
Mar­tine Léonet, Patrick Bebi, Isabelle Cue, Jean-Marie Bil­ly dans C.Q.F.D. de Lorent Wan­son. Pho­to Lou Héri­on.

C.Q.F.D.
Pro­jet présen­té par le CESEP
(Cen­tre social­iste d’é­d­u­ca­tion per­ma­nente).
Créa­tion dans une mise en scène de l’auteur à Liège, en 1995.
Dis­tri­b­u­tion : 5 acteurs/ chanteurs (2 hommes, 3 femmes) et 1 pianiste

Adap­ta­tions

MUSIK
de Wedekind
(en col­lab­o­ra­tion avec Mon­i­ca Exn­er)
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, col­lec­tion Passé croisé, n°2, Carnières, 1993.
Créa­tion dans une mise en scène de Lorent Wan­son au Théâtre de L’Ancre à Charleroi en mars 1993.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 3 hommes

SALOMÉ / FRACTION
d’après Oscar Wilde (avec San­dra Kays)
Créa­tion dans une mise en scène de Lorent Wan­son au Théâtre nation­al de la Com­mu­nauté française, en novem­bre 1994.

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Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
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