
LUC DELLISSE (1953, Bruxelles) a longtemps partagé son temps entre quatre ou cinq villes d’Europe. Aujourd’hui, c’est à Paris qu’il s’est installé. Il y vit de sa plume de scénariste (bandes dessinées, films) et d’écrivain (romans, théâtre). Distinction importante : le premier raconte des histoires et s’en tient à cela, le second privilégie les émotions implicites.
Luc Dellisse à fait choix de l’écriture théâtrale le jour où il a rencontré le comédien français Alain Cuny et qu’il a eu envie de lui inventer un monologue, L’ANCIEN RÉGIME. Comme il écrivait déjà des dramatiques radiophoniques, les portes du théâtre lui étaient entrouvertes. Mais l’acteur français est mort sans avoir l’occasion de jouer la pièce qui ne sera créée que quelques années plus tard à Bruxelles, par des amis de l’auteur. Dans cette œuvre, comme dans celles qui suivront, on sent l’envie (l’utopie ?), plus forte que tout, de résister, de sauter hors de l’histoire en marche, de vivre « contre ou en dépit de son mouvement rapide », de s’installer dans une durée humaine. Un de ses textes les plus récents, DANS LA SALLE DES MACHINES, fournit la clef de cette attitude de refus : « le Mal a gagné ».
L’ancien régime
LA FEMME DES PROVINCES PERDUES, le premier des deux monologues qui composent cette pièce, s’imagine fusillée, joue à la morte et ne ressort pas indemne de cette simulation. Elle a refusé l’amour fou, sexuel, d’un écrivain qui la poursuivait de ses fantasmes, de sa douleur. Elle n’a plus de nouvelles de lui depuis dix ans, ce qui correspond au temps qu’a déjà passé sous terre, hors de l’histoire, dans la salle des machines, l’écrivain du deuxième monologue (L’ANCIEN RÉGIME). Entouré de 330 livres ainsi que d’écrans, il s’est élaboré une vie libertine où il se suffit à lui-même, où il élabore des romans qu’il n’écrit pas. Cette expérience de bonheur en laboratoire est sous-tendue par l’arrivée imminente de sept, huit jeunes gens à qui il devrait communiquer sa jouissance. Malgré le va-et-vient entre l’espoir et la désillusion, ce héros souterrain finit par découvrir que le paradis perdu est à portée de main.
Ni bonjour ni bonsoir
DANS L’APPARTEMENT que Frédérique s’apprête à quitter, surgit Antoine, vieil ami et amant d’un soir. Mal à l’aise, un gros pansement sur la joue, il demande à pouvoir camper là quand il apprend que lieu restera vide quelque temps.
Frédérique accepte du bout des lèvres. Antoine a toujours été bizarre, parfois extravagant. Elle aimerait savoir ce qu’il cache. Survient une amie, Héléna, qui, malgré son caractère entier et ses questions sans diplomatie, ne parvient pas à savoir pourquoi Antoine veut absolument loger dans un appartement vide.
L’arrivée de Marie promet d’éclaircir la situation. Elle est jeune, belle, toute luisante de pluie. Très vite, elle semble vouloir se jeter à la tête d’Antoine, mais pour quelles raisons ? Pas uniquement sentimentales. Avec elle, on commence à comprendre qu’Antoine est menacé de mort, que des hommes en noir, des tueurs sans doute, sont sur sa piste…
MZ
Œuvres théâtrales
L’ANCIEN RÉGIME
Publié aux Éditions Lansman, collection Théâtre à Vif, n° 10, Carnières, 1991.
Création dans une mise en scène de Daniel Simon au Théâtre du Grand Parquet, en mai 1991.
Enregistrement vidéo par les Archives et musée de la littérature, Bruxelles.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h10
MILLE MORTS
Publié aux Éditions Lansman, collection Théâtre à Vif, n° 27, Carnières, 1993.
Création radiophonique de Thierry Génicot, RTBF, 1993.
Création par la Compagnie Velum dans une mise en scène d’Alain Cofino-Gomez au
Nouveau Théâtre de Belgique, Bruxelles, en février 1994.
Enregistrement vidéo par les Archives et musée de la littérature, Bruxelles.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 1h20
LE VISEUR
Création en lecture-spectacle
au Théâtre Essaïon, en 1994.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 1h30
TOUT VIF
Commande de Thierry Debroux
pour une séquence de RUPTURES, spectacle collectif.
Publié aux Éditions du Groupe Aven, Bruxelles, 1996.
Création dans une mise en scène de Thierry Debroux à l’Espace Senghor, Bruxelles, en octobre 1994.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
Durée : 10 minutes
NI BONJOUR NI BONSOIR
Publié aux Éditions Lansman,
collection Nocturnes Théâtre, n° 10, Carnières, 1996.
Écrit et lu lors d’une résidence à La Chartreuse de Villeneuvelez-Avignon, en avril 1995.
Distribution : 3 femmes, 2 hommes
Durée : 1h30
TÉGOR
d’après la nouvelle de Charles Plisnier
Création dans une mise en scène de Daniel Simon au Centre culturel de Mons, en décembre 1996.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 1h30
DANS LA SALLE DES MACHINES in PASOLINI, 20 ANS
Publié aux Éditions Lansman,
Carnières, 1996.
Distribution : 2 hommes
Durée : 15 minutes
Adaptation
LA DOUZIÈME NUIT
Traduction moderne de THE T’WELFTH NIGHT, de Shakespeare
Publié aux Éditions Lansman, coll. Passé croisé, n° 1,
Carnières, 1992.
Création par le Théâtre de la Vie dans une mise en scène d’Herbert Rolland,
à Marseille, en juillet 1992.
Distribution : 4 femmes, 6 hommes
Durée : 2h10
Pièces radiophoniques
LA PASSION DES GUILLOTINES,
LE FAUX-JETON, et POISSONS
D’AFRIQUE, créées par la RTBF en 1982 ;
LA DORMEUSE, RTBE, 1986 ;
LA FORTUNE D’ABEL DUROC, RTBF, 1989 ;
LA FIN DE LA ROUTE, RTBF, 1994, prix SACD 1995.

