NÉ À PORTO (Portugal) en 1965.
C’est la pratique théâtrale qui a conduit Manuel A. Pereira à l’écriture dramatique. La poésie, la prose poétique, les nouvelles étaient là depuis longtemps, progressant dans l’échange avec un professeur de français devenu ami. Au Conservatoire de Clermont-Ferrand, dont il suit les cours tout en exerçant divers métiers, il fonde une compagnie se consacrant au théâtre de rue et d’appartement. Là, c’est lui qui se charge des textes : une adaptation d’Albert Cohen, des réécritures d’après improvisations. Sans penser un instant à la mise en scène. Et l’écriture/échappatoire devient outil. Il commence des études de philosophie, puis entre à l’‘INSAS, école qu’il quitte après deux ans, à l’occasion d’un spectacle où il est acteur et assistant. Encore une fois, c’est la pratique qui l’emporte. Aujourd’hui, Manuel A. Pereira se partage entre la mise en scène et l’écriture, deux pôles aux exigences opposées et néanmoins complémentaires. L’écriture et l’isolement extrême qu’elle nécessite pour affronter ses propres démons, les apprivoiser, domaine où il alterne les textes qui sont, dit-il, comme une « descente aux enfers » (SOLDAT RUIZ, THÉSÉE (VARIATIONS), et d’autres plus légers, comme SINDBAD. Ce besoin de solitude est contrebalancé par la nécessité de l’expérience collective, qui lui est fournie par son travail de metteur en scène. Et s’il ne sait pas s’il exercera de manière continue cette dernière activité, il sait que l’écriture restera une préoccupation continue.
Soldat Ruiz
RUIZ, c’est un corps qui cherche. Qui cherche sans relâche, qui se cherche lui-même sans le savoir. Il n’arrête pas de tomber des cintres, là d’où tout surgit au théâtre, comme du ventre de sa mère. Et le voilà nu au monde, aux prises avec ceux qui sont toujours dans leur bon droit, les voisins-voisines monsieur-madame, ou avec ceux qui reconnaissent en lui une potentialité, la matière dans laquelle ils vont pouvoir laisser leur empreinte idéologique en faisant de lui l’homme nouveau, et qui pour cela le pistent, l’utilisent, le manipulent. Et qu’importe sa perte. C’est la Glaneuse, c’est Beretta…. Enfin, il y a Luce. Celle contre qui il se retrouve, vers qui il revient sans cesse, sans la chercher, quand la fatigue le gagne. Si c’est apparemment pour lui faire plaisir qu’il prononce les paroles qu’elle semble lui souffler, c’est sans ironie ni cynisme, mais parce qu’il reconnaît au fur et à mesure les éléments du tableau qu’elle évoque. Ce corps qui le pousse, toujours et encore plus loin, l’arrachera d’elle pour un ailleurs d’avance éphémère, jusqu’à la Rencontre que personne n’évite, la seule définitive.
VT
Œuvres théâtrales
THÉSÉE ( VARIATIONS )
Création dans une mise en scène de l’auteur à Bruxelles, en 1995.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
SINDBAD.
UN FADO POUR SINDBAD
Création dans une mise en scène de l’auteur à Florence (Italie) dans le cadre du Festival Intercity Lisboa, en 1995.
Distribution : 3 femmes, 2 hommes
FAUSTÆ TABULÆ
Scénario de spectacle.
Coécrit avec Thierry Salmon.
Création dans une mise en scène de Thierry Salmon au Kunstenfestival des Arts, Bruxelles, en 1995.
SOLDAT RUIZ
Écrit en résidence à la Comédie de Valence, en 1996.
Lecture publique à l’issue de la résidence.
Distribution : 9 femmes, 6 hommes (la pièce peut être jouée par 12 acteurs)
LE MAGNÉTOGRAPHE
Pièce courte.
Louis d’Argent du Festival du théâtre court du Haut Rhin.

