
QUAND MARCEL KERVAN (Liège, 1944) était enfant, il aimait les laquemans1 de la Foire d’octobre et le théâtre de marionnettes. Il ne loupait aucune apparition de Tchantchès2, comme plus tard il ne ratera aucun lundi du Gymnase de Liège, jour de la semaine où se retrouvaient tous les jeunes amoureux de théâtre. Il s’y fera quelques amis avec qui il fondera le Proscenium, ce théâtre amateur au cœur de la Cité ardente. Il y accomplira, sans compter, les tâches les plus diverses. Il y a tout appris, aime-t-il dire : écrire, mettre en scène, planter les clous. Car, avant tout, Marcel Kervan est un autodidacte. Il a mis en scène de nombreuses fois, sans jamais avoir été dans la moindre école. Il a été comédien pour connaître les exigences du jeu, de la diction. Il a écrit parce qu’il fallait des pièces adaptées à la troupe. Fondamentalement, il doit être metteur en scène car lorsqu’il écrit, sa création consiste à mettre des mots sur des mises en scène qu’il s’est inventées. Des mises en scène (donc une écriture) qui privilégient Le contact avec le public, comme dans ce théâtre de marionnettes qu’il aime tant. Aujourd’hui, retiré de ses fonctions au Proscenium, il se consacre principalement à l’écriture. Il a plus de dix pièces en chantier.
Dracula-Waltz
LE COMTE DRACUL vit retiré dans un château en ruine. Ses jours s’écoulent, entouré de son fils Jean-Sébastien un tantinet folle, d’un factotum vraiment laid et d’une gouvernante prévenante. Poursuivi par sa mauvaise réputation, il n’a plus trouvé de demoiselles à se mettre sous la dent depuis quatre mois. Noël et ses cadeaux approchent.. Pour le réveillon, il a invité deux jeunes artistes viennoises, les sœurs Schneider, à venir donner un concert. Le sang frais devrait couler à flots. Elles arrivent accompagnées de Sigmund, un charmant monsieur (ce qui ravit Jean-Sébastien) qui refuse de donner son nom mais dont on sait qu’il reçoit ses patients sur canapé… De quiproquos en jeux de mots, de sous-entendus en clins d’œil, la pièce n’arrête pas de jouer avec la légende et l’histoire. Et quand le mot fin survient, comme un polaroïd, il fige tout ce petit monde dans une pose qui ressemble à s’y méprendre à un tableau chrétien.
MZ
Œuvres théâtrales
LES GOURMANDS FONT LEUR FOSSE AVEC LEURS DENTS
Création dans une mise en scène de Monique Mauclair au Théâtre du Marais, Paris, en janvier 1980.
Prix de littérature dramatique de la Province de Liège 1979.
Distribution : 3 femmes, 4 hommes
Durée : 1h40
LE SCANDALE DE LA CHARITÉ
Création dans une mise en scène de l’auteur au Théâtre Arlequin, Liège, en septembre 1995.
Distribution : 1 femme, 4 hommes
Durée : 1h25
DRACULA-WALTZ
Création dans une mise en scène de Jean-François Calas au Théâtre des Songes, Paris, en mars 1996.
Distribution : 3 femmes, 4 hommes
Durée : 1h40
Pièces jouées au Théâtre Proscenium à Liège
LE LÉZARD DANS LA CORNICHE, 1975 ;
LADY LIMONADE, 1976 ;
LA DRAGUE, en collaboration avec Alain Krief, 1985 ;
LA NUIT CANAILLE, 1991.
Adaptations jouées au Théâtre Proscenium
POURQUOI PAS TOUTE L’HISTOIRE DE LIÈGE,
d’après Jo Gérard, 1980 ; FALSTAFF, 1985 ;
LES AMOURS DE DON PERLIMPLIN AVEC BELISE EN SON JARDIN,
d’après Federico Garcia Lorca, 1990 ; QUICHOTTE, d’après Cervantes, 1994.

