NÉ À ATH en 1953.
« C’était la fin du temps des cerises mais en cette fin de juin 1974, nous ne doutions pas que le printemps reviendrait. »1 Porté par l’envie de changer le monde, Marcel Solbreux crée avec Rita Cobut et Jean-Charles Van Antwerpen, un centre multimédias où bientôt, le théâtre prend la première place. C’est la naissance du Théâtre Croquemitaine dont le premier spectacle, ILS ONT TUÉ TONTON CORNICHON (de Michel Voiturier), s’adresse aux enfants. La compagnie s’implante à Tournai et continue à travailler dans la perspective du théâtre-action, un théâtre conçu comme lieu de prise de parole, comme moyen d’émancipation sociale. Les animateurs, aidés par des comédiens rompus aux techniques d’improvisation, proposent des ateliers et des créations collectives à un public désireux de s’exprimer. Car, s’il arrive au Théâtre Croquemitaine de monter des textes d’auteurs comme Dario Fo ou Brecht, le plus souvent, les spectacles s’élaborent à partir d’un thème (le 200° anniversaire de la déclaration d’indépendance des USA pour THE BB SHOW), d’un personnage (le bouffon) ou d’une technique (celle du clown, par exemple). Les notes, les bribes, Les canevas issus des improvisations sont ensuite testés avant de faire l’objet d’une réécriture. Pour Marcel Solbreux, écrire ou réécrire le texte n’est donc qu’une étape du travail théâtral au service d’une cause, d’un engagement.
Bouffonneries
AU PAYS du roi des cons, les bouffons accueillent « les confinés, les congelés, les compliqués, les consensuels, les faucons, les constitués, les confédérés..… » Et le public s’installe pour entendre l’histoire des bouffons ou comment on devient bouffon. D’abord, l’enfant est capturé, enchaîné, corseté, décervelé : il doit travailler. La recette, finalement, est simple : « quelques gouttes d’eau bénite, un bouillon de culture, un peu de boue des tranchées. Laissez croupir en usine, ou derrière un guichet…» Dans une parodie burlesque et féroce du monde politique et de l’acte de citoyenneté, les bouffons choisissent leur roi. Puis, ils convient à une visite du royaume de la connerie, un monde si bas qu’on y vit la tête baissée. Et lorsque « l’enfant devenu bouffon » tente une révolte, une révolution, la voix du roi résonne, tyrannique, et condamne l’enfant à mort. Ainsi vont les Âmes des bouffons morts, « comme des phares éclairant la noire inconscience du monde… »
ND
Œuvres théâtrales
LILITH
Publié par le Théâtre Croquemitaine.
Création par le Théâtre Croquemitaine dans une mise en scène de l’auteur et de Michel Dallaire au Centre culturel d’Antoing, en septembre 1986.
Distribution : 1 femme, 4 hommes
Durée : 1h
BOUFFONNERIES
Publié aux Éditions du Cerisier, Cuesmes, 1994.
Création par le Théâtre Croquemitaine dans une mise en scène de l’auteur et de Rita Cobut au Centre culturel d’Antoing, en octobre 1994.
Distribution : 18 personnages dont 2 femmes
Durée : 1h15
- Marcel Solbreux, in THÉÂTRE-ACTION DE 1985 À 1995, ITINÉRAIRES, REGARDS, CONVERGENCES, Éditions du Cerisier, Cuesmes, 1996, p. 63. ↩︎

