NÉE À BRUGES en 1952.
Depuis sa sortie de l’INSAS en 1974, Martine Wijckaert alterne les mises en scène (Ghelderode, Witkiewicz, Claus…) et la réalisation de pièces où l’écriture tient une place de plus en plus grande. De simples canevas tout d’abord, charpentes de spectacles qui s’inventent au fur et à mesure des répétitions, comme L’INAUGURATION, EST-CE QUE TU DORS ? Puis viennent, selon la terminologie de l’auteur, les « partitions » de LA THÉORIE DU MOUCHOIR, LES CHUTES DU NIAGARA. Dessins et textes se mêlent, les taches de couleurs encadrent, illustrent et éclairent phrases et esquisses du plateau. Du crayon au stylo, de l’encre au pastel ou à la gouache, au besoin le café et la poussière, toutes les techniques sont sollicitées pour trouver la bonne lumière ou le mot juste, constituant une sorte de s4ory-board. La même nécessité de précision et de justesse se retrouve sur scène. Et Martine d’expliquer comment elle a fait connaissance avec les escargots présents dans NATURE MORTE afin de pouvoir les mettre en scène, comment la démolition d’un pan de mur a projeté du soleil là où il n’y en avait jamais eu, comment la magie d’un tel moment change toute une journée de travail… C’est parce qu’à un moment elle a ressenti la nécessité de mettre sur papier ce qu’elle voulait voir sur scène que Martine Wijckaert a écrit, dans l’exploration nécessaire et vitale de sa propre biographie. LA GUENON CAPTIVE, texte indépendant non accompagné de dessins, fait partie de cette recherche.
La guenon captive
COMMENT une femme seule et alcoolique diffère l’obligatoire ouverture de la bouteille qu’elle videra en silence d’un trait. Comment la parole, parole qui dit l’amour perdu pour toujours pour ne pas s’avouer la bouteille regagnée tous les jours, parole qui révèle le fossé intime entre celle qui boit et celle qui se voit boire, parole qui interroge la solitude et se l’interdit par les mots qu’elle projette par-delà l’autre, par-delà les chants d’oiseaux… Tous les « comment » de l’alcoolisme. LA GUENON CAPTIVE est un chemin initiatique dont les balises sont autant, selon la recommandation de l’auteur, les « environ 1265 » verres de vin rouge vides et maculés qui jonchent le plateau, que la confrontation avec son autre moi recherché dans l’alcool et révélé par lui, le renoncement au réel qu’il implique, la division et la perte, chemin initiatique vers l’acceptation de la solitude et de la mort. Ce texte se présente sous forme de deux colonnes en regard, l’une reprenant le texte de la comédienne, l’autre faisant l’inventaire de tous ses agissements. Il ne s’agit pas seulement d’une didascalie, mais d’une autre partition témoignant de la fracture intérieure.
VT
Œuvres théâtrales
LA THÉORIE DU MOUCHOIR
Création dans une mise en scène de l’auteur au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles, en 1987.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h15
LES CHUTES DU NIAGARA
Création dans une mise en scène de l’auteur au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles, en 1991.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h15
LA GUENON CAPTIVE
Création dans une mise en scène de l’auteur au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles, en 1994.
Distribution : 1 femme
Durée : 35 minutes
NATURE MORTE
Création dans une mise en scène de l’auteur au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles, en 1995.
Distribution : 1 homme
Durée : 1h40
Martine Wijckaert a reçu le Prix de la SACD en 1992.
Adaptation radiophonique
LA NOUVELLE DÉLIVRANCE
d’après Witkiewicz RTBF Radio 3, 1976.

