
LOIN D’ÊTRE un ange, Nadine Monfils (Bruxelles, 1953) a pourtant des ailes et ne veut surtout pas qu’on les lui coupe. Si aujourd’hui elle habite du côté de Montmartre, avant c’était dans un autre arrondissement de Paris ou dans une autre ville d’un autre pays. Elle à parfois oublié où, se souvient juste qu’elle a beaucoup déménagé en fonction des événements de sa vie. Pour l’écriture, idem : hier elle inventait des contes pour petites filles perverses et criminelles, aujourd’hui elle publie un roman sanglant, demain elle reprendra une pièce de théâtre ou finira un polar. Si elle veut. Elle évitera de toute façon les contraintes et suivra une logique qu’elle seule comprend (pas toujours). Ainsi, un jour elle a décidé de devenir comédienne, d’entrer dans une troupe pour apprendre à écrire des pièces, pour bien ressentir les dialogues. Logique. Peut-être. Sauf que le cercle L’Effort d’Ottignies ne donne que dans le théâtre wallon. Elle y est tout de même restée sept ans. Elle y a appris, au contact de comédiens d’une autre génération, l’art du théâtre populaire, son exigence, sa liberté aussi. Que l’on retrouvera dans ses pièces qui mélangent la cruauté, le suspense, l’humour, la poésie dans des proportions qui n’appattiennent qu’à elles.
La vieille folle
RIEN DE TEL que la vie de famille ! Surtout quand le grand-père porté sur le vin fait subir sa radinerie, sa misanthropie à sa femme et à sa petite-fille qu’il touche et tente de violer. Qui s’en va. Quand elle revient cinq ans plus tard, elle est enceinte, le grand-père est mort. La grand-mère a pris sa place : elle boit, fume le cigare, se lave dans l’eau de la vaisselle et fait bien d’autres choses encore plus étranges. Elle a construit un mannequin à l’image du grand-père qu’elle sort de temps en temps du placard pour jouer aux cartes ou regarder la télévision. Au fait, ce n’est pas un mannequin mais le grand-père devenu handicapé après avoir reçu un tonneau de vin sur la tête. Ah oui, la petite-fille a accouché d’une poupée. Mais attention ! Ne dites surtout pas à la grand-mère qu’elle est folle car c’est le coup de couteau assuré, que vous soyez ou non sa petite-fille.
Moi toute petite mourir un jour
BLUE A GARDÉ en elle, bien vivante, l’enfant qu’elle a été et qui crevait les yeux de ses poupées qu’elle préférait sans regard. Aimée maladroitement par des parents petits-bourgeois, elle cherche l’‘amour absolu jusqu’à (se) détruire. Elle quitte un mari sans relief pour vivre avec un amant qui lui fait faire l’amour debout, dans les WC des cinémas pornos, avec des hommes qu’il choisit, pour elle, pour lui. Elle tentera d’autres histoires qui la laisseront encore assoiffée d’amour. Écrivain, avec en elle la folie et/de l’écriture, elle se retire parfois du dialogue de la pièce pour nous dire, en aparté, ses blessures inguérissables dans une langue douloureuse et poétique, une langue qui contraste avec le parler ordinaire de ses parents, une langue qui crie : « Papa, Maman, j’veux de l’amour. »
MZ
Œuvres théâtrales
UNE HIRONDELLE EN HIVER
Création dans une mise en scèn de Bernard Damien au Minuscule-Théâtre, Bruxelles, en 1985.
Distribution : 3 personnages et un oiseau qui parle
Durée : 1h20
IL NE FAUT PAS PARLER D’AMOUR AUX CADAVRES QUI ONT LES ONGLES PEINTS EN ROUGE
Création dans le cadre du festival homosexuel Té/s quels au Centre culturel Le Botanique, Bruxelles, en 1986.
Distribution : 1 personnage et 1 cadavre
Durée : 1h
LA VIEILLE FOLLE
Création dans une mise en scène de Jean-Claude Idée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en novembre 1991.
Lecture-spectacle avec Suzy Falk au Théâtre de l’Est Parisien, en juin 1995.
Distribution : 3 femmes, 3 hommes
Durée : 2h
MOI TOUTE PETITE MOURIR UN JOUR
Création par le Théâtre du Sygne dans une mise en scène d’Elvire Brison à l’Espace Senghor, Bruxelles, en février 1994.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes et un saxophoniste (facultatif)
Durée : 1h30
LES FLEURS BRÛLÉES
Lecture-spectacle par Bernard Damien à l’‘XL Théâtre, Bruxelles, en novembre 1995.
Création dans une mise en scène de Patrick Serrigny à Paris, en 1997.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 1h30
LE BAR DE LA DERNIÈRE DANSE
Création dans une mise en scène de Patrick Serrigny à Paris, en 1997.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 1h30
Pièce radiophonique
LE MONSIEUR QUI ATTENDAIT RTBE, 1981 – 1982.

