Nadine Monfils
Non classé

Nadine Monfils

Le 1 Août 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕
Nadine Monfils
Nadine Mon­fils

LOIN D’ÊTRE un ange, Nadine Mon­fils (Brux­elles, 1953) a pour­tant des ailes et ne veut surtout pas qu’on les lui coupe. Si aujourd’hui elle habite du côté de Mont­martre, avant c’é­tait dans un autre arrondisse­ment de Paris ou dans une autre ville d’un autre pays. Elle à par­fois oublié où, se sou­vient juste qu’elle a beau­coup démé­nagé en fonc­tion des événe­ments de sa vie. Pour l’écri­t­ure, idem : hier elle inven­tait des con­tes pour petites filles per­vers­es et crim­inelles, aujourd’hui elle pub­lie un roman sanglant, demain elle repren­dra une pièce de théâtre ou fini­ra un polar. Si elle veut. Elle évit­era de toute façon les con­traintes et suiv­ra une logique qu’elle seule com­prend (pas tou­jours). Ain­si, un jour elle a décidé de devenir comé­di­enne, d’en­tr­er dans une troupe pour appren­dre à écrire des pièces, pour bien ressen­tir les dia­logues. Logique. Peut-être. Sauf que le cer­cle L’Ef­fort d’Ot­tig­nies ne donne que dans le théâtre wal­lon. Elle y est tout de même restée sept ans. Elle y a appris, au con­tact de comé­di­ens d’une autre généra­tion, l’art du théâtre pop­u­laire, son exi­gence, sa lib­erté aus­si. Que l’on retrou­vera dans ses pièces qui mélan­gent la cru­auté, le sus­pense, l’hu­mour, la poésie dans des pro­por­tions qui n’appattiennent qu’à elles. 

La vieille folle 

RIEN DE TEL que la vie de famille ! Surtout quand le grand-père porté sur le vin fait subir sa radiner­ie, sa mis­an­thropie à sa femme et à sa petite-fille qu’il touche et tente de vio­l­er. Qui s’en va. Quand elle revient cinq ans plus tard, elle est enceinte, le grand-père est mort. La grand-mère a pris sa place : elle boit, fume le cig­a­re, se lave dans l’eau de la vais­selle et fait bien d’autres choses encore plus étranges. Elle a con­stru­it un man­nequin à l’image du grand-père qu’elle sort de temps en temps du plac­ard pour jouer aux cartes ou regarder la télévi­sion. Au fait, ce n’est pas un man­nequin mais le grand-père devenu hand­i­capé après avoir reçu un ton­neau de vin sur la tête. Ah oui, la petite-fille a accouché d’une poupée. Mais atten­tion ! Ne dites surtout pas à la grand-mère qu’elle est folle car c’est le coup de couteau assuré, que vous soyez ou non sa petite-fille. 

Moi toute petite mourir un jour

BLUE A GARDÉ en elle, bien vivante, l’enfant qu’elle a été et qui crevait les yeux de ses poupées qu’elle préférait sans regard. Aimée mal­adroite­ment par des par­ents petits-bour­geois, elle cherche l’‘amour absolu jusqu’à (se) détru­ire. Elle quitte un mari sans relief pour vivre avec un amant qui lui fait faire l’amour debout, dans les WC des ciné­mas pornos, avec des hommes qu’il choisit, pour elle, pour lui. Elle ten­tera d’autres his­toires qui la lais­seront encore assoif­fée d’amour. Écrivain, avec en elle la folie et/de l’écri­t­ure, elle se retire par­fois du dia­logue de la pièce pour nous dire, en aparté, ses blessures inguériss­ables dans une langue douloureuse et poé­tique, une langue qui con­traste avec le par­ler ordi­naire de ses par­ents, une langue qui crie : « Papa, Maman, j’veux de l’amour. » 

MZ

Œuvres théâ­trales

UNE HIRONDELLE EN HIVER
Créa­tion dans une mise en scèn de Bernard Damien au Minus­cule-Théâtre, Brux­elles, en 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 3 per­son­nages et un oiseau qui par­le
Durée : 1h20

IL NE FAUT PAS PARLER D’AMOUR AUX CADAVRES QUI ONT LES ONGLES PEINTS EN ROUGE
Créa­tion dans le cadre du fes­ti­val homo­sex­uel Té/s quels au Cen­tre cul­turel Le Botanique, Brux­elles, en 1986.
Dis­tri­b­u­tion : 1 per­son­nage et 1 cadavre
Durée : 1h

LA VIEILLE FOLLE
Créa­tion dans une mise en scène de Jean-Claude Idée au Palais des Beaux-Arts de Brux­elles, en novem­bre 1991.
Lec­ture-spec­ta­cle avec Suzy Falk au Théâtre de l’Est Parisien, en juin 1995.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 3 hommes
Durée : 2h

MOI TOUTE PETITE MOURIR UN JOUR
Créa­tion par le Théâtre du Sygne dans une mise en scène d’Elvire Bri­son à l’E­space Sen­g­hor, Brux­elles, en févri­er 1994.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes et un sax­o­phon­iste (fac­ul­tatif)
Durée : 1h30

LES FLEURS BRÛLÉES
Lec­ture-spec­ta­cle par Bernard Damien à l’‘XL Théâtre, Brux­elles, en novem­bre 1995.
Créa­tion dans une mise en scène de Patrick Ser­rigny à Paris, en 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 1h30

LE BAR DE LA DERNIÈRE DANSE
Créa­tion dans une mise en scène de Patrick Ser­rigny à Paris, en 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 1h30

Pièce radio­phonique

LE MONSIEUR QUI ATTENDAIT RTBE, 1981 – 1982.

Non classé
Partager
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
1 Août 1997 — NÉ À BUJUMBURA (Burundi), le 24 octobre 1965.  Deux ans de philologie romane à l’Université, une année de scénographie à…

NÉ À BUJUMBURA (Burun­di), le 24 octo­bre 1965.  Deux ans de philolo­gie romane à l’Université, une année de…

Par Thierry Debroux
Précédent
1 Août 1997 — NÉ À GENAPPE en 1936.  À l'approche de la cinquantaine, cet ingénieur commercial, engagé dans le monde des affaires, trouve,…

NÉ À GENAPPE en 1936.  À l’ap­proche de la cinquan­taine, cet ingénieur com­mer­cial, engagé dans le monde des affaires, trou­ve, par l’intercession de deux lieux mag­iques à Brux­elles, le chemin vers ses pro­pres sources poé­tiques.…

Par Jacques De Decker
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total