PATRICIA NIEDZWIECKI (1958, Bruxelles), intellectuelle, dramaturge, polyglotte, a placé la femme, le langage, au centre de ses réflexions, de son écriture. Ce qui n’en exclut ni l’homme ni le silence. Ainsi, elle a écrit sa thèse de doctorat sur la différenciation sexuelle dans la langue, elle est à la base du décret de la Communauté française de 1994 sur la féminisation des noms de métier et de fonction. Par ailleurs, elle dirige activement l’‘IRDEC (Institut de recherche pour le développement de l’espace culturel européen). Ses travaux, ses combats nourrissent ses livres théoriques (AU FÉMININ, Éditions Nizet, LES MOTS POUR LA DIRE, Éditions Labor… ), mais également son théâtre. Comme le dit Yves Bessières à propos de MADAME ANTOINE (ce qui vaut aussi pour RÉTRO): « Ce qui nous intéresse ici, c’est la femme en ce qu’elle a de commun avec l’être de tous les temps et ses problèmes. » Avant d’écrire pour le théâtre, Patricia Niedzwiecki a hésité. Avait-t-elle quelque chose à dire de singulier ? En attendant la réponse, elle a biaisé : elle a été comédienne, a mis en scène, a adapté les pièces des autres. Mais elle n’a pas échappé au constat : c’est dans l’écriture qu’elle se réalise. Elle écrira donc, de son écriture économe, du théâtre et de la poésie. Cette dernière restera secrète. Son auteur Le trouve trop intime, trop triste.
Rétro
LES PERSONNAGES de ce poème dramatique, de ce spectacle total (théâtre, danse, musique) sont des figures agglomérées. La danseuse et l’intruse (l’intruse dans la pensée de la danseuse ou la danseuse elle-même ?) sont construites à partir d’Isadora Duncan, Loïe Fuller, Sarah Bernhardt…; le poète à partir de Jean Cocteau, Charles Plisnier… Ils prennent leur vie, leur art en main. Et (s’)aiment en dehors des conventions.
Nous pourrions dire qu’ils sont, dans leur essence, des métaphores de l’art libre et nouveau de la première partie du XX° siècle et de son rapport à l’histoire (les guerres et l’antisémitisme). Nous Le pourrions, mais nous ne toucherions qu’une partie de leur être. Parce qu’il y a en eux aussi de l’amour, de la chair. De la mort. Parce qu’ils sont avant tout mus par leur âme. Que c’est à partir d’elle qu’ils vivent, qu’ils créent. Que c’est pour la rejoindre qu’ils créent, qu’ils vivent.
MZ
Œuvres théâtrales
MADAME ANTOINE OU LA MÉMOIRE DE MARIEANTOINETTE
Publié aux Éditions des Quatre-Vents, Paris, 1990.
Création dans une mise en scène de l’auteur au Centre culturel Le Botanique, Bruxelles, en 1990.
Nouvelle version adaptée par l’auteur, pour Nicole Colchat, créée par le Centre théâtral de Namur dans une mise en scène de Bernard Debroux, en 1991.
Traduit en néerlandais, anglais, allemand, italien, danois, suédois, polonais, espagnol.
Distribution : 5 femmes, 1 homme (1 femme dans l’adaptation jouée par Nicole Colchat)
RÉTRO
Publié aux Éditions des QuatreVents, Paris, 1993.
Création dans une mise en scène de l’auteur à l’hôtel Métropoleà Bruxelles, en février 1995.
Distribution : 2 femmes, 1 homme, 1 jeune chatte ou 1 jeune chienne
Durée : 2h
Adaptations
THE NORMAL HEART
de Larry Kramer, 1985 (Rideau de Bruxelles).
DE BLAUWE MAARSCHALK
de Johan Boonen,
Édilig/Théâtrales, Paris, 1986.
MEDEA
de Johan Boonen, Édilig/Théâtrales, Paris, 1986.
CLAM
de Deborah Levy, 1987
LES LIAISONS DANGEREUSES
de Chistopher Hampton,
Théâtre royal Flamand, 1987 – 88
THREE ANNIES, BETTY LEMON, VARDALE, 4 PORTRAITS OF MOTHERS, THE MISTRESS d’Arnold Wesker
FRENCH GRAY de Joseph Bush, Éditions Dedalus, Anvers, 1989.
CHRABASZCZE de Marian Pankowski, Éditions Schoonbaert, 1989 – 1990.
MRS. KLEIN de Nicolas Wright, Éditions Dedalus, Anvers, 1989 – 1990.
DIEU LE VEUT de Claude Rappé, 1991.

