Patrick Bonté
Non classé

Patrick Bonté

Le 14 Août 1997
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕
Patrick Bonté
Patrick Bon­té

NÉ À BRUXELLES en 1956. 

Écrire : se don­ner un out­il de con­nais­sance. Écrire : se met­tre en jeu, se met­tre en doute, se con­naître, se pouss­er plus loin à tra­vers le mot. Écrire : devenir un out­il pour l’écri­t­ure en s’immergeant dans sa logique. Et l’écri­t­ure, dit-il, doit aller « au-delà de mon expres­sion per­son­nelle, de mon plaisir, qui pour­rait être de la sim­ple graphomanie, elle doit révéler quelque chose de fort ou ne pas être. » Quand Patrick Bon­té écrit, la rigueur et la cir­con­spec­tion sont de mise. Une trace de sa for­ma­tion de philosophe ? Plutôt une façon d’être, à l’image de sa dis­cré­tion. Et une con­stante. Qu’il se pose comme auteur en quête d’anti-théâtre, comme acteur ou comme met­teur en scène, reste son besoin d’écrire dans un rap­port d’échanges : avec ceux qu’il choisit pour tra­vailler, avec la pen­sée et l’univers d’autres créa­teurs, Hülder­lin, Muno, Rops. Mais surtout avec sa com­plice dans la coréal­i­sa­tion de spec­ta­cles explo­rant l’é­trange et sa lim­ite : Nicole Mossoux, choré­graphe et danseuse. Ces échanges sont autant de remis­es en ques­tions, ques­tions présentes dans la chair même du texte, qu’il soit ver­bal, écrit pour être par­lé, ou non ver­bal, base de tra­vail de la recherche sur com­ment le représen­ter. Com­ment le représen­ter ? Encore une ques­tion, encore et encore… Des répons­es ?Peut-être dans le point d’ex­cla­ma­tion de son télés­cope pointé vers le ciel.

Les enfers sec­ondaires 

FÉLICIEN a une femme : Aurélie. Féli­cien a une femme : Léon­tine. Féli­cien a deux femmes ?Pas du tout. Féli­cien a deux fois une femme. C’est prob­a­ble­ment ce qui leur per­met de cohab­iter. Et s’il y a par­fois con­fu­sion, ce qui prête à rire, ce n’est pas très grave, puisque de toute façon elles sont sœurs. Mod­èles du pein­tre, elles représen­tent l’en­tourage de l’artiste, qui ne com­prend pas tou­jours ses besoins, même les plus sim­ples : on par­le d’un café promis, sans cesse dif­féré, qui n’arrivera jamais. Elles sont la référence mar­quant le décalage entre un artiste et son époque, par la dis­tance au monde que lui impose son tra­vail. Mais elles assurent égale­ment la cohérence de son univers. Peut-être sont-elles soucieuses à l’an­nonce de ce nou­veau mod­èle, cette Clara Blum, qui passera comme un rêve de mort, catin-philosophe qui vient faire du pied à Féli­cien, provo­quer sa parole. Une parole brève, aux phras­es inter­rompues, à la typogra­phie témoignant des rup­tures de la pen­sée. Une écri­t­ure dra­ma­tique baignée de l’univers et de l’œuvre de Rops, sans que les références ne soient pesantes. 

Les dernières hal­lu­ci­na­tions de Lucas Cranach l’An­cien 

LES PRINCES MALSAINS, Cru­ci­fix­ion en rose, Les anges déchus n’an­non­cent plus… Quinze séquences, par­fois de quelques lignes seule­ment. « Images aber­rantes », propo­si­tions d’«actes trou­bles », sans repères chronologiques ni ordre, inspirées par la pein­ture de Lucas Cranach et mar­quant une cer­taine prédilec­tion pour les pois­sons. Sen­sa­tion d’‘étrange, d’am­biance riche en détails et en petites choses qui en dis­ent long, révélant l’absurdité par la focal­i­sa­tion. Cette suite n’est qu’une propo­si­tion, libre à celui qui veut les faire vivre de toutes les pren­dre en compte ou de ne s’at­tach­er qu’à quelques-unes. C’est la porte ouverte sur l’in­con­nu, une explo­ration de zones som­bres à la recherche de l’inattendu. Pour l’auteur, c’est l’occasion de s’aventurer dans une autre écri­t­ure, inté­grant le mou­ve­ment, non comme sub­sti­tu­tion de la parole, mais comme élé­ment com­posant ou révéla­teur de la fic­tion. Et s’en déga­gent des sen­sa­tions inhab­ituelles : le frot­te­ment des étoffes, des mur­mures, des tics, des lumières. C’est dans sa col­lab­o­ra­tion avec Nicole Mossoux que Patrick Bon­té explore cet autre ver­sant de l’écri­t­ure. 

VT 

Œuvres théâ­trales

LE TIERS DES TROIS
Créa­tion dans une mise en scène
de Daniel Nicodème aux Midis
du Rideau de Brux­elles,
en 1980.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes,
1 homme
Durée : 1h

L’AMOUR À MORT
Créa­tion dans une mise en scène
de l’auteur aux Midis du Rideau
de Brux­elles, en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes,
1 homme
Durée : 50 min­utes

LES ENFERS SECONDAIRES
Pub­lié, suivi de LES DERNIÈRES

HALLUCINATIONS DE LUCAS
CRANACH L’ANCIEN,
aux Édi­tions L’Éther Vague -
Patrice Thier­ry Édi­teur,
Toulouse, 1991.
Créa­tion sous le titre ÉRUCTE,
ROPS dans une mise en scène
de Bernard Damien au Théâtre
du Grand Midi à Brux­elles,
en 1987.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes,
2 hommes

LES DERNIÈRES
HALLUCINATIONS DE LUCAS
CRANACH L’ANCIEN
Pub­lié, précédé de LES ENFERS
SECONDAIRES, aux Édi­tions
l’Éther Vague — Patrice Thier­ry
Édi­teur, Toulouse, 1991.
Créa­tion dans une mise en scène
et une choré­gra­phie de l’auteur
et de Nicole Mossoux
au The­ater De Syn­a­goge,
à Tilburg (Pays-Bas), en 1990.
Dis­tri­b­u­tion : étant don­né
le type par­ti­c­uli­er d’écri­t­ure,
la répar­ti­tion des rôles dépend
du tra­vail envis­agé

L’TRRÉCONCILIATION
d’après la vie et l’œuvre
d’Hôülder­lin
Créa­tion dans une mise en scène
de l’auteur, sur un pro­jet
de Pas­cal Cro­chet, à la chapelle
des Brigit­tines à Brux­elles,
en 1991.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme,
1 homme
Durée : 1h

Adap­ta­tions

CAMÉLÉON
d’après les romans et nou­velles
de Jean Muno
Pub­lié aux Édi­tions Jacques
Antoine (Les Éper­on­niers),
Brux­elles, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène
de l’auteur au Théâtre
de l’E­sprit frappeur à Brux­elles,
en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 1h15

L’ORDURE LYRIQUE
d’après les romans et essais
de Mar­cel More­au
Créa­tion dans une mise en scène
de l’auteur au Cen­tre Bruegel
à Brux­elles, en 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme
(rôle muet), 1 homme
Durée : 1h

Pièces radio­phoniques

BÂLE TERMINUS
Mise en ondes de Pierre Pivin,
RTBE, 1981.

TOUTE LA POLOGNE
CONTRE LA MORT
Mise en ondes de Jerzy
Tuszews­ki, Radio Varso­vie,
1983.

ORSON DANS L’ANGLE MORT
Mise en ondes de l’auteur,
RTBE, 1990.

Non classé
1
Partager
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
15 Août 1997 — BOIVIN, ALAIN, Alfred, Serge, Léopold. Né à Charleroi le 20 juin 1948. L'alignement anodin de ces prénoms met finalement en…

BOIVIN, ALAIN, Alfred, Serge, Léopold. Né à Charleroi le 20 juin 1948. L’aligne­ment anodin de ces prénoms met…

Par Corinne Rigaud
Précédent
13 Août 1997 — NÉE À CHARLEROI en 1960.  « J'écrisPour mettre en désordreDonner du sens à ce nouvel agencement... » (C. Carracillo)  Carmelina…

NÉE À CHARLEROI en 1960.  « J’écrisPour met­tre en désor­dreDonner du sens à ce nou­v­el agence­ment… » (C. Car­racil­lo)  Carmeli­na Car­racil­lo est soci­o­logue, fille de mineur et d’origine ital­i­enne. Sa parole est celle d’une femme…

Par Nancy Delhalle
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total