Patrick Lerch
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Patrick Lerch

Le 1 Jan 1997
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ON NE PEUT pas aimer le ciel et la cui­sine comme ça sans être sus­pect, surtout quand on mélange sans scrupules les deux et que l’on en fait deux lieux de fan­tasmes et d’in­spi­ra­tion. « La cocotte minute affo­lait les nar­ines du ciel…» Ce n’est pas nous qui le lui avons fait dire. Ain­si, depuis le ciel jusque dans la cui­sine, Patrick Lerch éveille nos soupçons et nous soumet à la ten­ta­tion. Pour cela, il s’est aco­quiné avec ses per­son­nages dont le relief évoque, sans jamais aller jusqu’à la car­i­ca­ture, la pein­ture de cer­tains illus­tra­teurs comiques1 ou Les largess­es sculp­turales du tra­vail d’un Botero : ils sont plus vrais que vrais et pren­nent à chaque fois toute la place dans l’histoire. Et comme les chats ne font pas des chiens, ils sont générale­ment préoc­cupés par deux ques­tions essen­tielles : « Qui je suis ? » et « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » Pour essay­er de soulager ces désar­rois, Patrick Lerch rem­plit ses textes de mères qui amor­tis­sent comme elles peu­vent tous les chocs et don­nent tant bien que mal tout leur amour. Et puis surtout, il per­met de temps en temps à ses per­son­nages de se dérober d’un quo­ti­di­en dif­fi­cile et cru­el en leur créant une voie de com­mu­ni­ca­tion idéale, le chemin de l’imag­i­naire qui trans­fig­ure — on a envie de dire, heureuse­ment — le réel. Mais seuls les arbres et les oiseaux et ceux qui les fréquentent sem­blent l’avoir remar­qué. Si dans les pièces de Patrick Lerch le vocab­u­laire est obses­sion­nel et pro­pose une ver­sion illus­trée des angoiss­es philosophiques quant au com­bat du corps et de l’âme, l’auteur laisse par­ler les his­toires, les grandes et Les petites, celles des gens qui font la vie. Auteur, acteur, Patrick Lerch est né en 1959 à Paris. Il vit et tra­vaille aujourd’hui à Brux­elles. 

L’ange et le cuisinier 

L’ANGE DUDU est en quelque sorte un chargé de mis­sion : il doit, sur terre, trou­ver un cuisinier et le ramen­er au ciel. Acces­soire­ment, il doit apporter sa grâce aux « gens d’ailleurs et de si peu ». Les gens d’en bas, Dudu les regarde avec cette naïveté angélique qui n’a pas son pareil ; il juge cer­taine­ment l’incongruité de leur sit­u­a­tion. « Les gens d’ailleurs et de si peu » sem­blent fonc­tion­ner de manière autonome, sans aucune pos­si­bil­ité de sol­i­dar­ité ou d’interférences jusqu’à ce qu’un jour, ils se croisent — peutêtre par hasard — dans le restau­rant du cuisinier. C’est à ce moment que l’Ange Dudu oublie sa mis­sion céleste et tombe amoureux de Mère, la sur­charge pondérale de la pièce. Il n’i­ra pas jusqu’au terme de son envie, inter­rompu par les anges Nor­bert et Gabriel qui ont fait une descente (ils n’au­raient pas dû d’ailleurs…) Tout se ter­mine comme un repas de grande fête : avec le désor­dre des miettes et des odeurs, avec les petites morts et les grandes réc­on­cil­i­a­tions et Dieu… qui prof­ite tou­jours de ces moments-là pour livr­er un mes­sage dont il est le seul à pos­séder le sens pro­fond. 

CR 

Œuvres théâ­trales

LES NUAGES DANS LES YEUX BLEUS DE MA MÈRE
Traduit en néer­landais par Franck Neyens, Brux­elles, 1993.
Dis­tri­b­u­tion : 4 hommes, 2 femmes, 1 enfant

LES SILENCES DE MONSIEUR TARWITZ
Mono­logue.
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Aven, Fas­ci­cules, n° 10, Brux­elles, 1994.
Créa­tion en lec­ture publique au Théâtre Essaïon, Paris, 1994.

ZILOU PARLE
Lec­ture en col­lab­o­ra­tion avec le Mag­a­sin d’Écriture théâ­trale, à l’E­space Sen­g­hor, Brux­elles, en jan­vi­er 1997.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 2 hommes

L’ANGE ET LE CUISINIER
Pub­lié aux Édi­tions du Groupe Aven, Brux­elles, 1997.
Écrit en rési­dence d’au­teur à La Char­treuse de Vil­leneuve-lezA­v­i­gnon (jan­vi­er-avril 1996).
Bourse de la Direc­tion du théâtre et des spec­ta­cles (France).
Lec­ture publique par Roland
Bertin organ­isée par Théâ­trales au Théâtre du Rond-Point des Champs-Elysées, Paris.
Dis­tri­b­u­tion : 12 acteurs et des petites fées

PÉCHÉ DE BOUCHE
Pièce courte.
Com­mande de Jean-Marie Piemme dans le cadre d’un pro­jet sur les péchés cap­i­taux.
Lec­ture-spec­ta­cle au Théâtre de la Bal­samine, Brux­elles, en avril 1997.

  1. On pense à Dubout. ↩︎
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Écrit par Corinne Rigaud
Corinne Rigaud est née à Orange, un trois avril. Elle a déjà dit qu’elle aimait les jupes de...Plus d'info
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Par Michel Zumkir
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