Paul Willerms
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Paul Willerms

Le 1 Jan 1997
Thierry Lefèvre et Muriel Jacobs dans ELLE DISAIT DORMIR POUR MOURIR de Paul Willems, mise en scène de Frédéric Dussenne au Rideau de Bruxelles, 1992. Photo Daniel Locus.
Thierry Lefèvre et Muriel Jacobs dans ELLE DISAIT DORMIR POUR MOURIR de Paul Willems, mise en scène de Frédéric Dussenne au Rideau de Bruxelles, 1992. Photo Daniel Locus.
Thierry Lefèvre et Muriel Jacobs dans ELLE DISAIT DORMIR POUR MOURIR de Paul Willems, mise en scène de Frédéric Dussenne au Rideau de Bruxelles, 1992. Photo Daniel Locus.
Thierry Lefèvre et Muriel Jacobs dans ELLE DISAIT DORMIR POUR MOURIR de Paul Willems, mise en scène de Frédéric Dussenne au Rideau de Bruxelles, 1992. Photo Daniel Locus.
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NÉ À EDEGEM EN 1912. 

Innom­brables sont les facettes de Willems. Grand enchanteur de la scène, il débu­ta par le roman et ache­va son œuvre par des nou­velles. Inven­teur et « irréguli­er » de la langue française, il est de souche fla­mande comme sa mère, Marie Gev­ers. Con­tem­platif et rêveur, il fut cepen­dant durant plusieurs décen­nies cap­i­taine aux com­man­des du Palais des beauxarts de Brux­elles et ini­ti­a­teur du fes­ti­val Europalia. Inlass­able voyageur aux qua­tre coins du monde, il demeu­ra ancré toute sa vie dans son ermitage famil­ial de Mis­sem­bourg, non loin d’An­vers. Comme dra­maturge, il est le dernier des grands septen­tri­onaux qui, dans la lignée de Maeter­linck, Crom­me­lynck et Ghelderode, ont fécondé la dra­maturgie de langue française. Son œuvre, qui com­prend des diver­tisse­ments doux amers touchés par la féérie, comme IL PLEUT DANS MA MAISON, qui fit très longtemps les beaux soirs du Rideau de Brux­elles, dont l’animateur, Claude Éti­enne, l’avait encour­agé à écrire pour le théâtre, pas­sa pour ten­drement inof­fen­sive. Jusqu’à ce que, dès WARNA OU LE POIDS DE LA NEIGE, un autre Willems, âpre et déchiré, se révèle, qui s’est déployé au fil des années, au point de don­ner, au terme de son par­cours, des som­mets con­tem­po­rains du théâtre onirique à mul­ti­ples fonds. Un roman­tique alle­mand égaré au XXe siè­cle, tel appa­raît cet écrivain majeur qu’on ne cessera sans doute de redé­cou­vrir. 

La ville à voile 

JOSTY S’‘EN REVIENT dans sa ville, fichée au bord d’un fleuve, tou­jours prête à appareiller. Il a fait for­tune à Bornéo, a pu s’acheter une bou­tique qui le fai­sait rêver dans son enfance, une bro­cante dont ont hérité les époux Roi et qui con­te­nait déjà dans sa vit­rine, jadis, un man­nequin fasci­nant du nom de Fenêtre. Mais Josty ne capte pas pour autant les sor­tilèges de sa jeunesse, et demande à d’an­ci­ennes con­nais­sances de stim­uler sa mémoire en lançant des phras­es exhumées de l’oubli. Peine per­due : il ne récolte que des « ruines » de son passé. Il ten­tera alors une autre quête, celle de l’amour : s’il pos­sé­dait une femme qui serait la réplique char­nelle de Fenêtre ? Anne-Marie, la fille des Roi, pour­rait en faire office. Mais là encore, la décep­tion men­ace. Et Josty ne voit plus d’autre issue que dans le retour à Bornéo, en com­pag­nie de Féroé, une amie d’en­fance, qui saura entretenir la réminis­cence de la « ville à voile » … 

Nuit avec ombres en couleurs 

L’INTENTION de l’auteur, ici, était de retrou­ver « le lieu de nos insom­nies, cet espace où il n’y a plus de dis­tance entre soi et soi-même, ce moment pré­cis où nais­sent nos angoiss­es, nos douleurs, nos espoirs et nos dés­espoirs. » L’e­space de la pièce fig­ure cet entre-deux : une palis­sade aux affich­es délavées devant laque­lle se retrou­vent des per­son­nages tous accom­pa­g­nés de leur ombre par­lante, et où règne un chat, véri­ta­ble maître des énigmes, du nom d’Astrophe, qui a le don de son­der les cœurs et d’en détecter les failles. Chaque per­son­nage en a une, béante : Vin­cent qui n’a pas sec­ou­ru Aline quand il l’au­rait fal­lu, et qui ne ver­ra donc pas la main que lui tend Bel­la, mais aus­si Mme van K. et ses deux cheva­liers ser­vants, dont la bonne humeur est de pure sur­face. C’est qu’on peut effec­tive­ment tout per­dre, même « le sens du san­glot ». Pièce onirique comme son titre l’indique, elle épouse comme peu de textes dra­ma­tiques ont pu le faire, dans le sil­lage du SONGE de Strind­berg, le fonc­tion­nement apparem­ment désor­gan­isé du rêve. Et elle y parvient non seule­ment par sa struc­ture, mais par sa langue, à l’in­ven­tion, à la diver­sité et à la lib­erté sai­sis­santes. 

La vita breve 

SUR ce Find­or, navire qui cin­gle d’An­vers vers Naples, plane un mys­tère. Dans la ville de des­ti­na­tion, une femme est morte : elle était la cour­tisane la plus con­voitée d’une fameuse mai­son de plaisirs, et s’ap­pelait Hamalis­sa. Qui a pu com­met­tre ce meurtre dont les motifs peu­vent être les plus divers ?Tout peut y avoir sa part : le désir de pos­ses­sion, la jalousie, l’orgueil bafoué, la fix­a­tion à la mère, les blessures nar­cis­siques. À bord du Find­or, tous, des officiers de bord au cap­i­taine, du Lord trop racé pour être hon­nête à l’altière Made­moi­selle, ont de bonnes ou moins bonnes raisons d’avoir « fait le coup ». Mais ce fil polici­er a pour fonc­tion de lester un réc­it dra­ma­tique qui tient surtout de la nav­i­ga­tion entre les règnes, celui du réel, si peu vraisem­blable, celui du songe, au con­traire éton­nam­ment crédi­ble. 

JDD 

Œuvres théâ­trales

LE BON VIN DE MONSIEUR NUCHE
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau de Brux­elles, n° 16, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène de Claude Éti­enne au Rideau de Brux­elles, en 1949.
Traduit en alle­mand (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin), en améri­cain, en néer­landais.
Joué en Alle­magne, aux USA
(New York), en Autriche.

LAMENTABLE JULIE
Créa­tion au Rideau de Brux­elles en 1949.

PEAU D’OURS
Pub­lié aux Édi­tions des Artistes, Brux­elles, 1958.
Créa­tion dans une mise en scène de Jacques Huis­man sur une musique de Pierre Moulaert au Théâtre nation­al de Bel­gique, en 1951.
Traduit en alle­mand
(Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin), en nér­landais, en ital­ien.
Joué en Alle­magne, Autriche, Pays-Bas, Aus­tralie.

AIR BARBARE ET TENDRE
Créa­tion dans une mise en scène de Claude Éti­enne et de Mau­rice Vaneau au Rideau de Brux­elles, en 1952.

OFF ET LA LUNE
Pub­lié dans PAUL WILLEMS, THÉÂTRE (1954 – 1962), Édi­tions
Labor, col­lec­tion Archives du futur, Brux­elles, 1995.
Créa­tion dans une mise en scène de Jacques Huis­man et de Roger Broe au ThéÂtre nation­al de Bel­gique, dans le cycle Petite Province, en 1955.
Traduit en alle­mand et en espag­nol.

LA PLAGE AUX ANGUILLES
Pub­lié dans PAUL WILLEMS, THÉÂTRE (1954 – 1962), Édi­tions Labor, coll. Archives du futur, Brux­elles, 1995.
Créa­tion dans une mise en scène d’Emile Lanc au Rideau de Brux­elles, en 1959.
Traduit en alle­mand (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin), et en russe (aux édi­tions Iskusst­vo, Moscou, 1975).
Joué en Alle­magne.

MARCELINE
Écrit en 1962.
Pub­lié, précédé de OFF ET LA LUNE et de LA PLAGE AUX
ANGUILLES, dans PAUL WILLEMS, THÉÂTRE (1954 – 1962), Édi­tions Labor, coll. Archives du futur,
Brux­elles, 1995.

IL PLEUT DANS MA MAISON
Pub­lié aux Édi­tions Bre­pols, Brux­elles, 1963.
Pub­li­ca­tion d’une ver­sion remaniée dans les Cahiers du Rideau, n° 3, Brux­elles, 1976.
Créa­tion en alle­mand au The­ater an der Josef­s­tadt à Vienne, et aux Büh­nen der Stadt Këôl­nen à Cologne, en 1958.
Créa­tion en français dans une mise en scène de Pierre Laroche sur une musique de Ralph Dar­boen au Rideau de Brux­elles, en 1962.
Traduit en alle­mand, (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin, 1958), en néer­landais, en tchèque, en polon­ais (dans Dia­log, n° 2, Varso­vie, 1967), en anglais, en améri­cain (in FOUR PLAYS OF PAUL WILLEMS, Gar­land Pub­lish­ing, New York, Lon­dres, 1992).
Joué en Russie, au Cana­da, en Suisse, en Pologne, aux USA (Oma­ha), en Irlande, en Autriche.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 4 hommes
Durée : 2h15

WARNA ou LE POIDS DE LA NEIGE
Pub­lié aux Édi­tions Bre­pols, Brux­elles, 1963.
Pub­li­ca­tion d’une nou­velle ver­sion dans Didas­calies, Brux­elles, 1984.
Créa­tion dans une mise en scène de Pierre Laroche au Rideau de Brux­elles, en 1962.
Traduit en alle­mand, (chez Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin, 1963), en nér­landais, en améri­cain (in FOUR PLAYS OF PAUL WILLEMS,
New York, 1992). Joué au Burgth­e­ater en Autriche.

L’ÉCHO
Pièce pour la télévi­sion.
Créa­tion en alle­mand par le Süd­west­funk Baden-Baden, en 1963.

LE MARCHÉ DES PETITES HEURES
Comédie musi­cale.
Pub­lié dans Textes pour Didas­calies, Brux­elles, n° 6, 1983.
Créa­tion en alle­mand par l’Eu­ropa-Stu­dio dans une mise en scène de Wern­er Düggelin sur une musique d’Eugène Thomas au Fes­ti­val de Salzbourg, en 1964.
Créa­tion en français dans une mise en scène de Pierre Laroche, sur une musique de Ralph Dar­bo, au Rideau de Brux­elles, en 1966.

PLUS DE DANGER POUR BERTO
Pièce radio­phonique.
Créa­tion en alle­mand pat Le Süd­deutsch­er Rund­funk, Stuttgart, en 1966.

LA VILLE À VOILE
Pub­lié aux Édi­tions Gal­li­mard, Paris, 1967.
Nou­velle pub­li­ca­tion aux Édi­tions Labor, col­lec­tion Espace Nord, n° 55, 1989.
Créa­tion dans une mise en scène de Jo Dua et un décor sonore de Frédéric de Vreese au Théâtre nation­al de Bel­gique, en 1967.
Traduit en alle­mand, (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin, 1967), en néer­landais, en améri­cain (in FOUR PLAYS OF PAUL WILLEMS, 1992).
Joué aux Pays-Bas, aux USA et en Chine.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 5 hommes
Durée : 2h30

LE SOLEIL SUR LA MER
Créa­tion dans une mise en scène de Julien Bertheau au Rideau de Brux­elles, en 1970.

LES MIROIRS D’OSTENDE
Pub­lié aux Édi­tions Jacques Antoine, Brux­elles, 1974.
Réédi­tion aux Éper­on­niers, Brux­elles, 1989.
Créa­tion dans une mise en scène de Claude Éti­enne au Rideau de Brux­elles, en 1974.
Traduit en alle­mand (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin, 1976) et en espag­nol.
Joué à Paris et au Mex­ique.

LE VIOL DES CERISES
Livret d’opéra.

NUIT AVEC OMBRES EN COULEURS
Pub­lié dans Textes pour Didas­calies, Brux­elles, n° 6, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène d’Hen­ri Ronse au Théâtre nation­al de Bel­gique, en 1983.
Traduit en alle­mand et en améri­cain.
Joué aux USA.

ELLE DISAIT DORMIR POUR MOURIR
Pub­lié dans les Cahiers du Rideau, Brux­elles, n° 16, 1983.
Créa­tion dans une mise en scène de Claude Éti­enne et Hen­ri Rud­er, sur une musique de Marc Hérou­et, au Rideau de Brux­elles, en 1983.
Traduit en améri­cain (in FOUR PLAYS OF PAUL WILLEMS, 1992) et en alle­mand (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin, 1984)
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes
Durée : 2h

LA VITA BREVE
Pub­lié aux Édi­tions Labor, coll. Espace Nord, n° 55, Brux­elles, 1989.
Créa­tion par le Nou­veau Théâtre de Bel­gique dans une mise en scène de Hen­ri Ronse, sur une musique de Thanos Mikrout­sikos, au Fes­ti­val de Spa, en 1993.
Traduit en améri­cain (in THE DROWNED LAND AND LA VITA BREVE, éd. Peter Lang, New York, 1994) et en alle­mand (Kiepen­heuer­büh­nen­ver­lag, Berlin, 1995).

LA NEIGE, LE PETIT CHAT VERT, HISTOIRE D’UN GARÇON QUI VOULAIT DÉCROCHER LA LUNE
Recueil de textes pub­lié aux Édi­tions Labor, coll. Espace Nord, Junior, n° 3, Brux­elles, 1996.

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