HOMME DES ONDES et de la presse, familier des micros et des rédactions, ce producteur à la RTBF, né à Uccle (Bruxeles) en 1950, aborde la littérature par ses volets les plus accessibles, les plus populaires. L’actualité l’incite à la couler sous la forme de romans policiers, et les récents évènements, en Belgique, ne manquent pas de lui fournir de la matière première.
Ses livres aux titres colorés (ROUGE NOVEMBRE, NOIR CORBEAU, JAUNE FAUVE, tous parus chez Quorum) passent « les affaires », les faits divers traumatisants qui ont affecté son pays, et plus particulièrement le Brabant wallon, au prisme de l’imaginaire qui, dans son cas, ne va pas sans fantaisie, féroce quelquefois. L’on ressent la même ironie sensible dans la pièce qu’il a adressée, par le biais de son interprète, Leonil McCormick, comme en confidence amicale aux spectateurs de la grange transformée en théâtre sur la place d’Ittre1. Et pour ce qui est de la verve dévastatrice — sa collaboration avec l’humoriste Richard Ruben, dont il a coécrit l’inénarrable MARIAGE DE GONZAGUE —, il n’a rien à craindre de personne.
Le bon dernier
IL A QUELQUE CHOSE du Curé de Cucugnan et de Don Camillo, ce bon abbé Baudouin Jadoul qui coule des jours paisibles lové dans sa petite paroisse comme taillée sur mesure pour lui. Il vit seul, mais il ne l’est jamais. Il a son chien, Vagabond, et ses ouailles, dont il sait les vices autant que les vertus. Ceux-là sont bénins, ceux-ci sont modestes, il les observe de son œil bienveillant et jamais dupe. Malicieux, ce préposé aux fins dernières sait lui aussi savourer les nourritures terrestres. Dans son petit univers, le monde ne débarque pas. Sauf à travers son Peppone à lui, Julien Fasbender, le préposé à la maison de la culture, dont il n’aime pas les idées, mais apprécie la compagnie. On est à ras de la vie de tous Les jours, dans un petit coin du monde où l’on donne du « m’’gamin » à son chien. Une époque s’effondre, et son dernier représentant vit ses ultimes journées. Quand il s’éteindra, tout une bibliothèque de souvenirs s’effondrera en même temps.
JDD
LE BON DERNIER
Publié aux Éditions Quorum, Ottignies, 1994.
Création par le Théâtre de la Valette dans une mise en scène de Jacques Herbet, à Ittre (Belgique), le 7 avril 1994.
Distribution : 1 homme
- Le Théâtre de la Valette à Ittre, un village proche de Bruxelles. ↩︎

