NÉ À NAMUR en 1961.
Pierre Hupet aime les auteurs contrastés, excessifs et trouve la langue française idéale pour la perversion et le cynisme. Voilà déjà de bonnes raisons pour se mettre à écrire. Il en est une autre. Pierre Hupet s’engage très tôt dans le réseau associatif comme animateur culturel. Là, le théâtre en tant que moyen d’expression immédiatement accessible devient un outil de travail. Pierre Hupet joue et met en scène.
En 1992, il écrit SADE ou LE MIROIR DE L’ABSENCE et obtient le prix de littérature dramatique 1993 de la Province de Liège, prolongé par une publication. En 1994, c’est la Communauté française qui distingue la pièce. À quelque distance de l’écriture dramatique, Pierre Hupet, juriste de formation, s’occupe aujourd’hui des réfugiés politiques.
Sade ou Le miroir de l’absence
ENFONCÉ dans un fauteuil et dans un mutisme surprenant, le marquis de Sade écoute les candidates à un poste de chambrière égrener un passage particulièrement cru de JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU. Dix-huit jeunes femmes se sont déjà succédé quand entre Thérèse. La spontanéité, la naïveté et l’assurance dont elle fait preuve contrastent immédiatement avec le climat un peu pervers, un peu trouble qui entoure le marquis. Cette « candide détermination » donne à Thérèse la force de crier son indignation. Et l’image que ses mots tissent sont le miroir que Sade recherche. « L’homme contrefait trouve aussi des miroirs qui le rendent beau… » Thérèse accepte de rester. Elle sera Justine, égérie du manuscrit qu’il faut achever. Entre elle et Sade, un combat s’engage pour faire tomber les masques. Combat de la vertu et de la luxure qui ne sont peut-être qu’un égal mensonge… Le marquis s’agrippe à l’orage, au vertige, à la violence, désespéré par l’amour que lui offre Justine, par ce que cache ce « miroir de l’absence…» Écrite dans une langue très travaillée, la pièce ne recherche pas la vérité biographique. Les dialogues y jouent à voiler et dévoiler, empreints de gravité, de révolte et tout à la fois chargés d’ironie et de sensualité.
ND
SADE ou LE MIROIR DE L’ABSENCE
Publié aux Éditions du CEFAL, Liège, 1994.
Distribution : 6 hommes, 4 femmes, figurants, danseurs
Durée : 1h30

