NÉ À BRUXELLES en 1939.
Figure de proue des lettres belges depuis ses débuts, lorsque son premier roman L’INDE OU L’AMÉRIQUE lui valut d’entrée de jeu Le prix Rossel, défenseur acharné des droits et des devoirs du romanesque, qu’il illustra dans des livres déjà emblématiques, comme LES ÉBLOUISSEMENTS qui lui valut le prix Médicis ou UNE PAIX ROYALE qui donna lieu au plus retentissant procès de censure jamais intenté en Belgique, Mertens bifurque quelquefois de sa voie royale pour s’adonner à l’art de la nouvelle ou à sa veine essayiste, volontiers polémique. Ses rapports avec le théâtre sont plus lâches, même s’il fut maintes fois porté à la scène, mais par les soins d’autres, qui ont vu la dimension scénique de son écriture. Mélomane passionné, il ne se mit à écrire directement pour la représentation que parce qu’il y était entraîné par un musicien, et cela donna son livret de LA PASSION DE GILLES. Et lorsqu’il écrivit sa première pièce de sa main, ce fut en s’appuyant sur une de ses nouvelles, comme s’il voulait respecter la « loyauté du contrat » qui le lie foncièrement avec le romanesque.
Flammes
QUE PEUT-ON savoir d’un homme, même si on s’acharne à débusquer ses failles et ses secrets ? C’est la question que pose cette pièce, greffée sur une nouvelle extraite du recueil LES PHOQUES DE SAN FRANCISCO et qui s’appelle LA LOYAUTÉ DU CONTRAT.
Un éditeur confie à un chercheur d’écrire la biographie d’un écrivain en vue. Lourd d’années et de mystères, l’intéressé voit comment on dépèce le récit de ses jours, buttant sur des contradictions, des désertions, des incohérences. Mais y a‑t-il moyen de saisir la vérité d’une conscience, surtout lorsqu’elle n’a pas cessé, par l’écriture, de se scruter elle-même ? Surtout si l’œuvre est là comme un mentir-vrai, comme un anti-destin, comme un démenti lancé par l’imaginaire aux données de ce que l’on croit être la destinée ?Est-il si étonnant que la pièce s’achève sur un procès, où l’auteur clame sa liberté de créer, et donc de se créer ?
JDD
Œuvres théâtrales
LA PASSION DE GILLES
Publié aux Éditions Actes Sud, Arles, 1982.
Création sur une musique de Philippe Boesmans, par l’Opéra national dans une mise en scène de Daniel Mesguich, au Théâtre royal de la Monnaie, le 18 octobre 1983.
FLAMMES
Publié aux Éditions Actes Sud-Papiers, Paris, 1993.
Création dans une mise en scène de Patrick Bonté au Théâtre national de la Communauté française de Belgique, le 29 septembre 1993.
Distribution : 4 femmes, 8 hommes et un enfant
Adaptations théâtrales d’œuvres de Pierre Mertens
LES BONS OFFICES
Création par l’Ensemble Théâtral Mobile, dans une adaptation de Michèle Fabien et une mise en scène de Marc Liebens, en septembre 1980.
COLLISION
Création dans une adaptation de Jacques De Decker et une mise en scène de Henri Ruder aux Midis du Rideau de Bruxelles, le 23 février 1982.
PERDRE
Création dans une mise en scène de Michel Gheude au ThéâtrePoème, le 7 mars 1984.
FREE LANCE
Création dans un mise en scène de Sylvie Nys au ThéâtrePoème, en 1991.
LETTRES CLANDESTINES
Création par l’Atelier Théâtral de Louvain-La-Neuve dans une mise en scène d’Ivan Morane, le 7 janvier 1992.
UNE PAIX ROYALE
Création annoncée par l’Ensemble Théâtral Mobile, dans une adaptation de Michèle Fabien et une mise en scène de Marc Liebens.

