NÉ À BRUXELLES en 1936.
Faute de mieux, Pierre Sterckx pratique la monogamie artistique. Quand le théâtre l’accapare, il délaisse les beaux-arts, qui le séduisent à nouveau quand le théâtre le déçoit. Il a cherché pourtant, et peut-être cherche-t-il encore, un compromis viable entre l’esthétique et la littérature dramatique principalement, mais aussi entre le théâtre et toutes les autres formes d’art. Il tente un premier essai en écrivant : VOUS DISIEZ MONSIEUR INGRES, mais l’aventure commence vraiment avec la création du Théâtre de la Balançoire et une pièce, VOYAGE À DELFT, qui pose déjà les principes et les envies de travail : « Un théâtre ludique qui joue aussi bien avec les effets textuels que visuels. Un théâtre qui imagine et raconte l’univers de la peinture. »
Un théâtre, déjà très proche du spectacle multimédia, qui ne craint pas d’avoir recours à des moyens techniques importants pour réaliser ses projets. En 1985, Pierre Sterckx est nommé directeur de l’École de recherche grahique (Erg, Bruxelles) et pense un peu moins au théâtre. Paralèllement à l’enseignement, il reprend ses activités de critique d’art à Paris pour Art Press et Art Studio. En 1995, il crée un cédérom sur Magritte qui obtient le Grand Prix CNRS à Paris. Depuis 1996, il donne des couts à l’École nationale des beaux-arts et à l’IESA.
Les petites annonces à Marie
LE DÉPART fut, comme dans les autres pièces, un tableau ancien : L’ANNONCIATION, de Botticelli, mais la structure du texte suit de manière assez conforme le récit de l’Annonciation du NOUVEAU TESTAMENT. Tout y est ou presque : l’ange envoyé par Dieu, la vierge fiancée qui s’appelle Marie, son émotion, son trouble d’être l’élue, ses doutes de pouvoir donner, seule, naissance à un enfant, et puis l’Esprit saint, la puissance du Très-Haut et de son ombre et enfin la tendre soumission de Marie. Il ne faut pas se tromper et prendre les PETITES ANNONCES À MARIE comme une pièce sacrilège qui aurait pour but de ridiculiser un morceau de l’ÉVANGILE en réécrivant, sur le ton de la comédie, une histoire biblique. En reprenant un célèbre passage du NOUVEAU TESTAMENT, Pierre Sterckx essaie de traiter de façon métaphorique le phénomène de la séduction à distance : téléphone, lettres, télévision, messageries électroniques. Une conception de la relation sexuelle et/ou amoureuse qui abolit le corps physique pour laisser libre cours au corps imaginaire qui, lui seul, peut répondre à tous les fantasmes. Si la situation de la pièce est banale, l’écriture est parfois déroutante : Pierre Sterckx joue sur Les effets scéniques et gestuels et, en introduisant des objets ou des mécaniques insolites, opte résolument pour le mode fantastique et humoristique.
CR
Œuvres théâtrales
VOUS DISIEZ, MONSIEUR INGRES ?
Création par le Théâtre de la Balançoire, en 1975.
NOA ET MOI
Coécrit avec André Burton.
Création par le Théâtrede la Balançoire à Paris, en 1976.
Distribution : 1 homme
VOYAGE À DELFT : SCIENTIFIC ROMANCE
Coécrit avec Thierry Smolderen.
Création par par le Théâtre de la Balançoire, en 1976.
Entre 1977 et 1981
LE BAIN DE SUZANNE
d’après Le Tintoret
Création au Théâtre de Poche, Bruxelles.
UN TROU DANS L’OS
d’après Holbein
Création au Palais des BeauxArts de Bruxelles.
LES PETITES ANNONCES À MARIE
Création au Théâtre de Poch à Bruxelles.
GARDONS LE SOURIRE
(TOUT CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR LA JOCONDE, VINCI ET LES AUTRES)
d’après Vinci
Création par le Théâtre de la Balançoire au Théâtre de Poche.
Entre 1982 et 1985
ADOLPHE SAX : SPECTACLE MUSICAL EN 27 TABLEAUX
Coécrit avec André Burton et Thierry Smolderen.
L’HOMME EST-IL BON ?
Coécrit avec André Burton.
Création par les étudiants de l’Institut des arts de diffusion.

