Raymond Ceuppens
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Raymond Ceuppens

Le 9 Août 1997
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NÉ À BRUXELLES en 1936.

Pour cet homme qui aurait voulu être marin, écrire est une escale sur le retour du chantier. Car c’est en s’arrêtant pour se laver et se chang­er qu’il a pris cette habi­tude. Il pou­vait dessin­er, pein­dre, sculpter dans le bruit des enfants et du quo­ti­di­en, mais écrire, non. Alors, parce qu’il avait un apparte­ment vide à dis­po­si­tion quelques instants par jour, il a conçu romans et nou­velles. Et parce que sa for­ma­tion de pho­tographe l’avait amené à faire des clichés de plateau, il s’est mis à penser une his­toire dans un décor, et à écrire pour le théâtre. Tou­jours pour racon­ter une his­toire, pour décrire ou pour expli­quer quelque chose de bien réel. Ain­si, dans la vie de Ray­mond Ceup­pens, tout peut s’ex­pli­quer par des événe­ments, des cir­con­stances ancrées dans le con­cret. Quand il par­le de quelqu’un, il a tou­jours un cliché à mon­tr­er, sur un mur, dans un coin de miroir ou de vit­re. De même dans son œuvre, il par­le de ce qu’il con­naît parce ce qu’il l’a vu, côtoyé, expéri­men­té, dans une réal­ité par­fois des plus dures. Mais une nuée d’hirondelles en faïence se repose sur le mur de sa chem­inée. 

La puis­sance du manque 

JULUIS EST PAUVRE. C’est sa qual­ité, son état, son présent. Et si son but n’est pas d’être pau­vre, son but est la pau­vreté, ce « manque de tout ». Pour com­pren­dre, il par­court inlass­able­ment la ville, de jour comme de nuit, pour aller con­stater, observ­er. Il n’a pas de visée soci­ologique, loin de là. D’ailleurs il fait très bien la dif­férence entre ceux qui choi­sis­sent la pau­vreté et ceux qui en sont vic­times. Il suf­fit de regarder les femmes. Celles qui sont pau­vres par choix restent souri­antes, minces et disponibles, elles n’ont jamais l’air fatigué. Les autres se fanent et s’épaississent en pleine jeunesse. Observ­er sans trêve n’aide pas Juluis à s’en sor­tir, ce n’est que la révéla­tion de son inadéqua­tion à ce qui l’environne. S’il était né dans un autre milieu, s’il avait étudié, peut-être saurait-il quoi faire de ce qu’il se sent poussé à faire. Mais ce n’est pas Le cas. Un manque de plus. Et il en reste au fan­tasme d’un arti­cle à écrire pour expli­quer. LA PUISSANCE DU MANQUE se com­pose d’un roman et d’une pièce de théâtre qui racon­tent la même his­toire et sont rassem­blés dans un même ouvrage. Ils s’éclairent mutuelle­ment, mais sont tout à fait indépen­dants l’un de l’autre. 

VT 

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