NÉ À BRIVE-LA-GAILLARDE en 1962.
Il y a longtemps que son intérêt pour le théâtre et l’écriture détournait René Bizac du cursus classique « études — emploi stable » qui aurait dû être le sien. Les encouragements d’un de ses lecteurs le poussent à faire le pas — « On écrit dans le regard des autres » dit-il —, et en 1988, il décide de suivre ce désir qui s’est fait besoin. Il enchaîne alors les prestations de comédien, dramaturge, metteur en scène — de ses pièces et de celles de ses complices —, tout en poursuivant son travail d’auteur, au sein du Théâtre de l’Exil. C’est en exerçant sa première activité professionnelle, très éloignée du théâtre, qu’il a commencé à écrire ses premiers textes. Écriture-bouffée d’air pour pouvoir tenir. Aujourd’hui, il respire librement dans sa démarche.
Les « traces » : notion et interrogation récurrente dans les écrits de René Bizac. Traces de l’existence : les carnets —- mémoire du personnage amnésique du ZINC (traces de l’amnésie du père de l’auteur, son héritage), sans quoi il ne pourrait être sûr d’être vivant, traces de l’existence des autres à travers le personnage d’Andrea, dans ESSUF, qui ne cesse de déterrer des statuettes, preuves de passages précédents.
Essuf
AUGUST, ANDRÉA, HUGO, trois personnages victimes d’un double enfermement volontaire. Enfermement spatial tout d’abord, puisqu’ils sont sur une Île apparemment privée de tout contact avec une autre terre, enfermement mental ensuite : chacun tourne en rond dans sa tête, et conscient de l’immobilisme et de l’inactivité que cela entraîne, sans savoir comment y remédier et sans pouvoir le supporter, chacun va tenter d’en rendre responsable l’autre ou les deux autres. Mais ils ont une chance de s’en sortir : Le Touareg, le nomade dont le nom représente la principale qualité ; il s’appelle l’Homme. Il se pose sur l’île comme un ange ou un oiseau, guidé par son besoin primaire de repos ou de nourriture. C’est Le témoignage d’une culture du mouvement, d’un peuple nomade, qui sait préserver sa stabilité, l’entité Touareg. Étrangère à tous, cette culture illustrant la souplesse va révéler la rigidité de ces humains qui croient encore pouvoir imposer : qui son idée de l’architecture, qui celle de la peinture, qui celle de la mémoire.
Au travers de ces personnages, la pièce traite de cette double nécessité chez l’homme : se créer, avoir des points d’ancrage, mais aussi ce besoin de toujours aller voir ailleurs. Les traces de la culture Touareg, proposées pat l’auteur, agissent comme révélateur des failles des personnages et proposent une autre vision du monde, qui peut faire figure d’alternative.
VT
Œuvres théâtrales
SIBÉRIE
Création dans une mise en scène
de Guy Rombaux et de l’auteur
au Centre culturel de Joli-Bois
à Bruxelles, en 1988.
Distribution : 2 hommes
Durée : 40 minutes
LE ZINC
Publié aux Éditions du Groupe
Aven, Collection textes,
n° 5, Bruxelles, 1990.
Création dans une mise en scène
de François Beukelaers
au Théâtre de l’Exil à Bruxelles,
en 1990.
Distribution : 3 hommes
Durée : 1h15
ESSUF
Écrit en 1996.
Distribution : 2 femmes,
3 hommes
Durée : 2h

