NÉ À LAUSANNE en 1945.
À onze ans, il découvre LE CUIRASSÉ POTEMKINE et déclare à ses parents qu’il sera cinéaste. À quatorze ans, il fait Le tour des théâtres bruxellois en demandant s’ils n’ont pas besoin d’un enfant dans leur distribution. Initiative couronnée de succès : la saison suivante, il joue au Théâtre National et au Poche. Se considérant pourtant mauvais acteur, il entre à L’INSAS dans la section mise en scène. Très vite, il oriente son travail vers un théâtre d’expression populaire, mais de 1968 à 1975, convaincu que l’art ne sert à rien, il abandonne le théâtre et parallèlement à un travail de réalisateur à la radio, il devient militant maoïste. Position qu’il remettra en question quelques années plus tard. La classe ouvrière qui le fascine et le déçoit à la fois sera au centre de la plupart de ses pièces. Il vit le divorce croissant entre l’intellectuel et l’ouvrier, l’effondrement idéologique au sein de la classe populaire, le fascisme ordinaire, l’exclusion et la petite délinquance comme des drames personnels. « J’écris, dit-il, quand je ne trouve pas chez d’autres auteurs l’expression de ce que je ressens profondément. »
Le long voyage vers le jour
IMAGINEZ une tragédie antique qui aurait pour thème un fait divers banalement sordide, un chœur qui raconterait comme l’on raconte le découpage d’un film, imaginez pour décor un bout d’autoroute, une cabine téléphonique, une station d’essence, l’intérieur d’une voiture, les docks que la parole, seule, suffirait à faire exister. Vous êtes celui qui menace, Stéphane, jeune chômeur, exclu, flirtant avec la délinquance, ou celui qui est menacé, Jean-Daniel, l’intellectuel, metteur en scène en doute à l’approche d’une première. La rencontre a lieu, imprévue, insolite. Le destin est au travail et rien ne l’arrêtera. Les deux hommes s’observent, se reniflent, se désirent. « La relation à l’autre dans une différence radicale émerge au cours de cette nuit mais s’abîme dans l’impossible passion au lever du jour, quand l’activité des hommes reprend et souligne le divorce. »1 L’ombre de Pasolini plane sur l’ensemble du texte. La confrontation tragique entre l’intellectuel et le délinquant s’organise comme un rituel et met en jeu le divorce croissant entre celui qu’on écoute et celui qu’on exclut.
TD
- Richard Kalisz, LE LONG VOYAGE VERS LE JOUR, avant-propos. ↩︎
Œuvres théâtrales
JEAN PROLO
Publié dans Rue des Usines, n° 4 – 5.
Création dans une mise en scène de Jacques Delcuvellerie au Théâtre de la Place, Liège, en 1978.
Distribution : environ 20 personnages
Durée : 2h
ENTRE DEUX GUERRES
Coécrit avec Fabrizio Basano
Publication annoncée aux Éditions Lansman, Carnières.
Création par la Fondation Jacques Gueux, dans une mise en scène de Richard Kalisz, à Liège, en 1983.
Distribution : 2 femmes, 4 hommes
Durée : 1h20
L’HISTOIRE COMMENCE À VINGT HEURES
d’après LE VOYAGE À PAIMPOL de Dorothée Letessier
Création dans une mise en scène de Richard Kalisz à Liège, en 1986.
Distribution : 1 femme, 1 homme
POUR PRENDRE DIEU DE VITESSE
d’après Hanna Krall
Création par la Fondation Jacques Gueux dans une mise en scène de l’auteur, au Botanique, à Bruxelles, en 1990.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 2h30
LE LONG VOYAGE VERS LE JOUR
Distribution : 10 personnages
Durée : 2h

