NÉ EN 1948.
En une décennie, de 1975 à 1985 à peu près, cet ingénieur gagné par l’écriture a donné une déferlante de pièces, à un rythme si soutenu que les compagnies n’ont pas pu ou voulu suivre. Quelques lectures-spectacles, l’une ou l’autre production n’ont pas reflété la force de cette entreprise dramaturgique hors du commun. Hourez a saisi les contradictions du champ social : l’agonie d’un petit patronat qui ne dispose plus d’aucune marge de manœuvre ; le désarroi d’une main-d’œuvre que les sirènes du libéralisme séduisent, que les progrès de la technologie aliènent, mais qui est en butte à une frustration sans issue ; les impasses de discours idéologiques surannés.
Cette matière, qu’il connaît bien et qu’il brasse avec familiarité, Hourez a su la rendre tangible par une écriture concrète, et chargée de poésie cependant. Ses personnages ne sont pas seulement enlisés dans une société bloquée ; leur part d’utopie subsiste, elle est même la seule énergie qui les fasse avancer. Quitte à se fracasser un peu plus loin, et plus tragiquement encore, puisqu’ils sont là, tous ensemble, embarqués vers le cul-de-sac de rêve. Une œuvre à (re) découvrir, parce qu’elle a peut-être les potentialités d’une bombe à retardement.
Le terrain vague
WILLY, qui mène toujours le combat syndical, est plus passionné par ses pigeons, dont il attend que la compétition acharnée lui rapporte gros. Jacqueline, l’ouvrière, ne rêve que d’ouvrir un salon de coiffure. Sergio, l’immigré qui a déjà été chassé de sa terre natale, se demande combien de temps on le tolérera encore ici. Edgar se dépêtre mal de son mariage, résiste mal à la tentation que représente Jacqueline. Mais au-dessus de ces intrigues intimes, de ces enjeux personnels, planent la fermeture imminente de l’usine, l’intervention molle du député, les échéances traftresses de la conjoncture. Willy n’osera même plus lâcher ses pigeons. « Les oiseaux ont peur de la mort. Si je les lâche, ils ne reviendront plus », dit-il. Par scènes rapides, répliques brèves, un état des lieux est dessiné. Il frappe par sa justesse et par son caractère annonciateur.
JDD
Œuvres théâtrales
LE DIT DU POT-AU-FEU
Lecture-spectacle par l’Atelier
Sainte-Anne en 1979.
CONDOTTIERE
Publié aux Éditions Le Cormier,
en 1979.
LE TERRAIN VAGUE
Publié, avec CONDOTTIERE,
aux Éditions Le Cormier, Ottignies, 1979.
Publié dans L’Avant-Scène
Théâtre, n° 642, Paris, 1979.
Création par le Théâtre du Crépuscule dans une mise en scène de Philippe Sireuil, en 1979.
Distribution : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 1h45
PROTHÈSES
Publications de l’Atelier SainteAnne, n° 19, mars 1984.
Création dans une mise en scène de Marcel Delval, à l’Atelier
Sainte-Anne, en 1984.
Distribution : 1 homme
Durée : 1h
CHEZ LES CHERCHEUSES DE POUX
Lecture par le CDH en 1996.
Distribution : 4 femmes, 1 homme
Durée : 1h45
L’ÉTUDIANT AFRICAIN
Publié aux Éditions Lansman, dans Démocratie mosaïque 1, Carnières, 1996.
Autres titres
LE DERNIER OPÉRA DE L’ÉPICIÈRE,
KLÉBER, MARÉCHAL DU PIRE,
LA DERNIÈRE PAUSE,
LES LANCEURS D’ORANGES
(1978), CRISTAL 1886,
TERRORISME 1980,
PAPA YAS, PAPA UYA (1980),
CURRICULUM VITAE,
LA RECOMMANDATION (1985),
LE GENDARME ET LE VOLEUR,
SURDITÉS ET CÉCITÉS,
L’OGRE EST REPU.
Théâtre jeune public
FÂT GRISOU
Création par le Théâtre de la Guimbarde et le Théâtre du Copion en 1986.
ON S’EN FOUT DU PARADIS
Création par le Théâtre d’En Face en 1987.

