Roland Hourez
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Roland Hourez

Le 1 Jan 1997
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NÉ EN 1948. 

En une décen­nie, de 1975 à 1985 à peu près, cet ingénieur gag­né par l’écri­t­ure a don­né une défer­lante de pièces, à un rythme si soutenu que les com­pag­nies n’ont pas pu ou voulu suiv­re. Quelques lec­tures-spec­ta­cles, l’une ou l’autre pro­duc­tion n’ont pas reflété la force de cette entre­prise dra­maturgique hors du com­mun. Hourez a saisi les con­tra­dic­tions du champ social : l’agonie d’un petit patronat qui ne dis­pose plus d’au­cune marge de manœu­vre ; le désar­roi d’une main-d’œu­vre que les sirènes du libéral­isme séduisent, que les pro­grès de la tech­nolo­gie aliè­nent, mais qui est en butte à une frus­tra­tion sans issue ; les impass­es de dis­cours idéologiques suran­nés.
Cette matière, qu’il con­naît bien et qu’il brasse avec famil­iar­ité, Hourez a su la ren­dre tan­gi­ble par une écri­t­ure con­crète, et chargée de poésie cepen­dant. Ses per­son­nages ne sont pas seule­ment enlisés dans une société blo­quée ; leur part d’utopie sub­siste, elle est même la seule énergie qui les fasse avancer. Quitte à se fra­cass­er un peu plus loin, et plus trag­ique­ment encore, puisqu’ils sont là, tous ensem­ble, embar­qués vers le cul-de-sac de rêve. Une œuvre à (re) décou­vrir, parce qu’elle a peut-être les poten­tial­ités d’une bombe à retarde­ment. 

Le ter­rain vague 

WILLY, qui mène tou­jours le com­bat syn­di­cal, est plus pas­sion­né par ses pigeons, dont il attend que la com­péti­tion acharnée lui rap­porte gros. Jacque­line, l’ouvrière, ne rêve que d’ou­vrir un salon de coif­fure. Ser­gio, l’immigré qui a déjà été chas­sé de sa terre natale, se demande com­bi­en de temps on le tolér­era encore ici. Edgar se dépêtre mal de son mariage, résiste mal à la ten­ta­tion que représente Jacque­line. Mais au-dessus de ces intrigues intimes, de ces enjeux per­son­nels, pla­nent la fer­me­ture immi­nente de l’usine, l’intervention molle du député, les échéances traftress­es de la con­jonc­ture. Willy n’osera même plus lâch­er ses pigeons. « Les oiseaux ont peur de la mort. Si je les lâche, ils ne revien­dront plus », dit-il. Par scènes rapi­des, répliques brèves, un état des lieux est dess­iné. Il frappe par sa justesse et par son car­ac­tère annon­ci­a­teur. 

JDD 

Œuvres théâ­trales

LE DIT DU POT-AU-FEU
Lec­ture-spec­ta­cle par l’Ate­lier
Sainte-Anne en 1979.

CONDOTTIERE
Pub­lié aux Édi­tions Le Cormi­er,
en 1979.

LE TERRAIN VAGUE
Pub­lié, avec CONDOTTIERE,
aux Édi­tions Le Cormi­er, Ottig­nies, 1979.
Pub­lié dans L’A­vant-Scène
Théâtre, n° 642, Paris, 1979.
Créa­tion par le Théâtre du Cré­pus­cule dans une mise en scène de Philippe Sireuil, en 1979.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 3 hommes
Durée : 1h45

PROTHÈSES
Pub­li­ca­tions de l’Ate­lier Sain­teAnne, n° 19, mars 1984.
Créa­tion dans une mise en scène de Mar­cel Del­val, à l’Ate­lier
Sainte-Anne, en 1984.
Dis­tri­b­u­tion : 1 homme
Durée : 1h

CHEZ LES CHERCHEUSES DE POUX
Lec­ture par le CDH en 1996.
Dis­tri­b­u­tion : 4 femmes, 1 homme
Durée : 1h45

L’ÉTUDIANT AFRICAIN
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, dans Démoc­ra­tie mosaïque 1, Carnières, 1996.

Autres titres

LE DERNIER OPÉRA DE L’ÉPICIÈRE,
KLÉBER, MARÉCHAL DU PIRE,
LA DERNIÈRE PAUSE,
LES LANCEURS D’ORANGES
(1978), CRISTAL 1886,
TERRORISME 1980,
PAPA YAS, PAPA UYA (1980),
CURRICULUM VITAE,
LA RECOMMANDATION (1985),
LE GENDARME ET LE VOLEUR,
SURDITÉS ET CÉCITÉS,
L’OGRE EST REPU.

Théâtre jeune pub­lic

FÂT GRISOU
Créa­tion par le Théâtre de la Guim­barde et le Théâtre du Copi­on en 1986.

ON S’EN FOUT DU PARADIS
Créa­tion par le Théâtre d’En Face en 1987.

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