
SA GÉOGRAPHIE familiale et les aventures généalogiques de ceux qui l’ont précédée lui ont donné le goût des histoires anciennes et des langues exotiques dont on ne pressent que la musique. Elle a aussi entretenu, sans grande difficulté, un penchant héréditaire pour les déplacements et la rencontre. Son écriture est le résultat improvisé, mais obligatoire, du mélange de tous ces ingrédients. Elle ne peut pas concevoir d’écrire autrement. Elle aimerait pousser plus fort son rêve de métissage et inventer — qui sait — un nouveau sabir. Habituée à travailler dans un espace collectif où l’échange « empathique » est privilégié, elle nous dit enfin — faut-il la croire ? — qu’elle n’écrirait peut-être pas si on ne le lui demandait pas. Veronika Mabardi est née à Louvain en 1962. Membre fondatrice des Ateliers de l’Échange (1986 – 1996) où elle a pu écrire, jouer et mettre en scène, elle est aujourd’hui professeur en humanités-théâtre à l’Académie d’Ottignies-Louvain-la-Neuve.
Titre provisoire
FRÉDÉRIC DUSSENNE1 a demandé à Veronika Mabardi d’écrire un texte, on pourrait dire, à brûle-pourpoint, sur « le besoin d’amour et la situation de représentation »2. Sans préparation et au fur et à mesure du jeu des acteurs, Veronika Mabardi a écrit ce qui lui va le mieux : un texte dramatique qui doit toute son intensité au regard d’une femme sur l’émotion de l’autre.
Plus que les autres pièces, TITRE PROVISOIRE nous dit ce qu’est l’écriture pour Veronika Mabardi : une histoire solitaire, ouverte comme un hall de gare, qui cherche, au hasard des passages, la rencontre de forces différentes pour être au plus juste de ce qui doit être dit. Le texte est étonnant parce que justement, au départ, on ne sait pas ce qui doit être dit ; on se laisse aller à Le lire et après avoir mâchonné la dernière phrase, on s’aperçoit, un peu surpris, que tout a été dit ou presque. Le projet de TITRE PROVISOIRE mériterait d’être mis en regard du texte de Peter Handke, VOYAGE AU PAYS SONORE OU L’ART DE LA QUESTION : l’écriture relève de la même énergie, un peu celle de l’écriture automatique des surréalistes sans le surréalisme. Un mouvement respiratoire alimenté par des pensées « préoccupées » qui donnent à la langue écrite le débit ininterrompu du théâtre non dialogué. Et puis un plateau, un acteur, une actrice et n’importe quoi d’autre pourvu qu’il y ait prétexte à poser des questions.
«Creuse toujours, soupire la taupe, tu finiras bien par savoir ce que tu cherches. »3
CR
Œuvres théâtrales
CASSANDRE-GRAFFITI
Publié aux Éditions Lansman, collection Théâtre à Vif, n° 3, Carnières, 1990.
Création par les Ateliers de l’Échange, dans une mise en scène de Frédéric Dussenne, au
Nouveau Théâtre de Belgique, Bruxelles, en 1990.
Distribution : 2 hommes, 1 femme
TITRE PROVISOIRE
Publié aux Éditions Lansman, collection Théâtre à Vif, n° 36, Carnières, 1993.
Création par les Ateliers de l’Échange, dans une mise en scène de Frédéric Dussenne, à l’Éden (Maison de la Culture) à Charleroi, en 1993.
Distribution : le nombre des personnages est variable suivant les choix dramaturgiques. Idem pour la durée.
MALJOYEUSE
Roman écrit entre 1989 et 1995, en cours d’adaptation théâtrale.
Lecture de la première version de cette adaptation, dans une présentation de Jean-Marie Piemme, aux rencontres de Théâtre Ouvert.
Distribution : 4 hommes, 4 femmes
MADELEINE
Création dans une mise en scène de l’auteur au Cercle Ste-Anne, Bruxelles, en 1994.
Prix SACD de la création théâtrale 1995.
Distribution : 1 femme, 1 homme
LES PAVILLONS
Commande de Jean-Marie Piemme dans le cadre d’un projet sur les péchés capitaux.
Lecture publique au Théâtre de la Balsamine, Bruxelles, en 1997.

