Virginie Thirion
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Virginie Thirion

Le 1 Jan 1997
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NÉE À TROYES en 1965. 

Le feu de la jeunesse, si cela existe, dure longtemps pour les âmes habitées. On peut être née en Cham­pagne, avoir gran­di en Bour­gogne, avoir par­cou­ru un peu le monde, être tombée à Brux­elles, avoir 32 ans, une for­ma­tion de comé­di­enne à l’‘INSAS, des rôles clés à son act­if. On peut avoir com­mencé à grif­fon­ner dans les marges, lu et écrit comme tout un cha­cun : rien de cela n’explique la vérité d’une écri­t­ure neuve, débor­dante, qui a déjà pro­duit deux textes forts.
Dans le domaine de l’écri­t­ure, l’ex­péri­ence extérieure ne sert à rien, seule existe la fraîcheur d’une urgence qui ne doit rien au méti­er. Pour Vir­ginie hit Thiri­ion comme pour Mal­lar­mé, il n’ a rien à appren­dre d’autre que l’écri­t­ure même, et il s’agit pour cela « d’épousseter, de son illu­mi­na­tion native, tout ce qui quo­ti­di­en­nement s’accumule sous le nom d’ex­péri­ence. » On ne vaut jamais que par son feu. Celui de Vir­ginie Thiri­on est d’une clarté sur­prenante. La rigueur, la pudeur, l’ardeur, s’y lisent tour à tour. Déjà dans V.I.P. (1994), le per­son­nage s’inventait une urgence et même une brûlure de l’intérieur qui le forçait à par­ler pour sur­vivre, pour trou­ver l’oxygène néces­saire. Mais avec RÉUSSITES (1996), on est tout près de la vie quo­ti­di­enne, agile, banale et drôle, mais qui se détru­it à toute vitesse pour pro­duire son sens. Le théâtre est un lieu de pous­sière de car­ton et de regrets du passé vivant, sauf quand le feu s’y met : et c’est le texte. Sauf quand ce feu pro­duit et con­somme son pro­pre alcool intérieur, et c’est le cas pour la parole échap­pée à cette comé­di­enne en lib­erté. 

Réus­sites 

DANS SON ANTRE en forme de piège, Bob fait des réus­sites en atten­dant qu’une nou­velle proie vienne s’engluer. Survient Ess. Il sem­ble qu’elle soit brusque, garçonne et douce à la fois. Elle ne détesterait pas se garder et se taire. Mais ses petites blessures intimes sont à vif. Un sim­ple déclic va faire jail­lir comme un peu de sang des vérités frag­iles et douloureuses qui boule­versent ce dernier refuge. Le maître des lieux est un gros dégueu­lasse. La fille entre­prend de Le désha­biller. Au pro­pre comme au figuré..Elle « l’apprend ». Leurs rap­ports sont ambi­gus. Tan­tôt presque com­plices, tan­tôt vio­lents. Ils jouent aux cartes et finis­sent par se taper dessus. Un jeune pho­tographe revient sans arrêt pour rechercher la fille. His­toire louche en toile de fond. Un flic s’est fait descen­dre. On entend la police s’ap­procher. Le jeune homme est sus­pect. La fille voudrait bien se réfugi­er chez le gros, mais ils savent tous les deux, tous les trois, que c’est impos­si­ble. Il lui donne du fric pour qu’elle s’en aille. Ce qu’elle finit par faire. Dans RÉUSSITES il n’y a pas de paix séparée. On est dans la dif­fi­culté d’être tout le temps et tout de suite. Elle est la même pour tous, et autorise toutes les guer­res intérieures. 

YM 

Œuvres théâ­trales

V.I.P.
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, col­lec­tion Tirages légers, n°13, Carnières, 1994.
Créa­tion dans une mise en scène d’Alain Sion­neau et une inter­pré­ta­tion de l’au­teur au Théâtre de la Bal­samine, en jan­vi­er 1995.
Dis­tri­b­u­tion : 1 per­son­nage
Durée : 1h20

RÉUSSITES
Dis­tri­b­u­tion : 3 per­son­nages
Durée : 1h

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