William Cliff
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William Cliff

Le 8 Août 1997
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William Cliff
William Cliff

NÉ À GEMBLOUX en 1941. 

« J’ai passé mon ado­les­cence en pen­sion, partageant les guer­res de garçons ou m’é­car­tant pour rêver et me mas­turber. J’al­lais aus­si à con­fesse et à com­mu­nion. » L’au­teur se présente ici mieux que quiconque : rêves, garçons… provo­ca­tion. Toute son œuvre est là. « J’aimerais être romanci­er, dra­maturge. Mais jusqu’à présent, je n’ai réus­si qu’à être poète. » Mais quel poète ! Le « Buster Keaton de la ver­si­fi­ca­tion » (C. Roy), cet « ecclési­aste mal élevé » (C. Roy), celui qui utilise la métrique la plus clas­sique pour met­tre en déri­sion la poésie, celui qui doit en avoir pour cela une maîtrise des plus sûres. Et comme le naufrageur con­fère à une sim­ple marchan­dise une valeur de tré­sor, dans l’exagérément prosaïque, il puise le matéri­au d’un lyrisme unique et per­son­nel.
La poésie con­stitue la qua­si-total­ité de l’œuvre de William Cliff, et c’est elle qui l’a fait con­naître, avant même qu’il n’ait ter­miné ses études de philoso­phie et de let­tres. Mais il est indé­ni­able­ment présent dans l’u­nivers théâ­tral. Car s’il n’a écrit qu’une pièce de théâtre, des met­teurs en scène ont adap­té et fait jouer AMERICA, CONRAD DETREZ et AUTOBIOGRAPHIE. 

Thierry Lefèvre dans AUTOBIOGRAPHIE de William Cliff, mise en scène de Frédéric Dussenne. Photo Alice Piemme / AML.
Thier­ry Lefèvre dans AUTOBIOGRAPHIE de William Cliff, mise en scène de Frédéric Dussenne. Pho­to Alice Piemme / AML.

De Styrie à Nono 

UN VIEUX COUPLE d’Autrichiens, instal­lé depuis quinze ans dans le même immeu­ble détesté.
On devine leur his­toire, à tra­vers toutes Les petites choses qu’il racon­te de leur petite vie. Car c’est un cou­ple, mais il n’y a de mots que pour un. Seul l’homme par­le, bal­isant son réc­it de tous les endroits où il n’a pas cessé d’en­voy­er sa femme. Peut-être est-ce pour cela qu’elle ne par­le pas, tou­jours sor­tie ? Entre ces scènes où se dévide leur exis­tence, des mono­logues ou des dia­logues avec un parte­naire muet — la télé ? —, con­stituent l’autre par­tie du texte. Cela pour­rait être la parole de celui que le vieil Autrichien sem­ble épi­er sans relâche, mais il pour­rait aus­si s’a­gir de plusieurs, épiés tout pareil. Et puis un meurtre est racon­té, qui est peut-être le moteur de la parole depuis le début, mais qui n’en prend pas pour autant une place pri­mor­diale. Ce qui importe, c’est la parole proférée à l’in­stant, dans cet instant, isolée de toute con­ti­nu­ité, parole qui en trai­tant l’alentour de l’objet plus que l’objet lui-même con­fère à l’universalité, et nous revient, effilée comme une lame. 

VT 

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