Yvon Givert
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Yvon Givert

Le 1 Août 1997
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Yvon Givert
Yvon Givert

NÉ À QUAREGNON en 1926. 

« Je n’ai pas de biogra­phie. » Yvon Givert se présente ain­si quand on l’in­ter­roge sur son passé, sa vie. L’affirmation de cette absence reporte toute notre atten­tion, et c’est le but, sur la lit­téra­ture, ce voy­age assis qui lui a per­mis d’arpenter sans entrave les con­trées dont il se fai­sait l’in­ven­teur. Et voilà plusieurs recueils de poésie, des nou­velles, des pièces de théâtre et des œuvres radio­phoniques. Toutes sont résol­u­ment ancrées dans Le présent et l’auteur lui-même a bien sou­vent du mal à dater telle ou telle œuvre, événe­ment. Si vous avancez une autre date, il vous affirme que vous avez cer­taine­ment rai­son et il s’en remet à vos dires. « C’est nor­mal, dit-il encore, je n’ai pas de marche arrière…» Mais il con­sid­ère égale­ment qu’il n’a pas d’avenir. Reste un homme qui vit un main­tenant après l’autre, en essayant de goûter chaque moment au mieux de son inten­sité, en essayant de don­ner au rire la place prépondérante qu’il lui revendique : « Tout ça, c’est du jeu ! » 

Le neveu d’Einstein 

SA GRANDE ADMIRATION pour un illus­tre savant va con­duire Albert Stein à s’inventer une par­en­té. Et pourquoi pas un bagage sci­en­tifique qu’il pour­rait expos­er à un col­loque qu’il s’inventerait ?Sur ces bases, on ne s’é­tonne plus que les som­mités invitées aient elles aus­si une biogra­phie fan­tai­siste. Le plus incroy­able de tous est encore le Pro­fesseur Glück­stam­mer­damm, alias Glück, cen­te­naire, mon­stre de sci­ence ren­du mon­strueux par la sci­ence, qui est venue s’incruster dans sa chair même. Incar­na­tion très con­crète de ses lim­ites. Et comme la sci­ence pour ellemême finit par être vaine, Glück ira jusqu’à nier les lois Les plus élé­men­taires de la pesan­teur en se jetant d’un toit. En regard de cette extrême van­ité, l’ex­trême humil­ité dans un per­son­nage touchant par sa poésie et son igno­rance de ses extra­or­di­naires capac­ités : Babel, celle qui con­naît d’instinct toutes les langues, qui peut tout traduire en tout sans avoir rien appris.
Cette comédie s’ar­tic­ule sur de nom­breux rebondisse­ments qui, tout en per­me­t­tant à l’in­trigue de pro­gress­er, révè­lent peu à peu la com­plex­ité de la fic­tion. 

Adieu, Léoka­dia 

Yvette Merlin et Jean-Paul De Smet dans ADIEU, LÉOKADIA d’Yvon Givert, mise en scène de Jacques Herbet, 1983. Photo Daniel Locus.
Yvette Mer­lin et Jean-Paul De Smet dans ADIEU, LÉOKADIA d’Yvon Givert, mise en scène de Jacques Her­bet, 1983. Pho­to Daniel Locus.

LÉOKADIA, la fan­tasque, est le per­son­nage prin­ci­pal de cette pièce, mais c’est le jeune homme, Samuel, qui vien­dra la révéler, devenant le ressort essen­tiel des rup­tures, sauts, coq-à‑l’âne. Belle est la part faite à la fan­taisie dans ce texte, sans pour autant tomber dans la diva­ga­tion gra­tu­ite.
Où que l’on situe l’action, Léoka­dia est d’un autre temps, d’un autre pays, d’une autre his­toire. Et ce n’est pas quand un jeune plom­bier fait renaître en elle le besoin de parole, le désir de racon­ter, pour finale­ment dénon­cer ses fic­tions, qu’elle perd son mys­tère. Bien au con­traire. Et ce n’est pas la folie qui peut expli­quer sa fan­taisie. Les tuyaux, son décor à elle, l’ob­ses­sion du jeune homme, se mêlent, se croisent et se tor­dent, ils datent mais ils per­sis­tent, mal­gré les fuites, à con­duire l’eau, ils ne sont que les fils des mille et une histoires/vies de Léoka­dia. Le porti­er alcoolique, preuve de l’ex­is­tence d’un dehors, a sa place dans cette vie. Devenu cer­bère, trompet­tiste et bruyant, il se fait com­plice de l’il­lu­sion : quand le jeune homme sem­ble percer le mys­tère, il bloque la porte comme si à par­tir de ce moment le secret ne devait pas se divulguer. Et si le plom­bier parvient à s’en­fuir par une brèche dans le mur, c’est parce que de toute façon, on ne peut pas retenir celui qui veut par­tir. 

VT

Œuvres théâ­trales

LA GRANDE PÉTOIRE
Pub­lié chez l’auteur en 1963.
Prix Charles Plis­nier 1963.
Dis­tri­b­u­tion : 10 acteurs

L’ENTREPÔT
Pub­lié chez l’auteur en 1979.
Dis­tri­b­u­tion : 6 hommes

MÉLANIE ET LES ALBINOS
Pub­lié chez l’auteur en 1980.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 4 hommes

ADIEU, LÉOKADIA
Pub­lié chez l’auteur en 1980.
Créa­tion dans une mise en scène de Jacques Her­bet aux Midis du Rideau de Brux­elles, en 1983.
Lec­ture sur France-Cul­ture en 1985.
Prix Her­man Clos­son 1983.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h

OZONE OÙ LA MÉTAMORPHOSE
Pub­lié chez l’auteur en 1980.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes

LE CROCODILE
Pub­lié chez l’auteur en 1980.
Créa­tion dans une mise en scène de Paul Der­anne au Théâtre de l’Étuve, à Liège, en 1981.
Nou­velle créa­tion par la Com­pag­nie de l’Œil nu, à Romans (France), en 1988.
Lec­ture sur la Radio suisse romande en 1985.
Dis­tri­b­u­tion : 3 hommes
Durée : 45 min­utes

CHILPÉRIC
Pub­lié chez l’auteur en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 2 hommes

LES GROS SOURCILS
Pub­lié chez l’auteur en 1981.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 12 hommes

LA PERRUCHE
Pub­lié chez l’auteur en 1982.
Créa­tion par le Théâtre de l’Alternative, dans une mise en scène de Jacques Her­bet et Per­lette Adler au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, en 1982.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes, 1 voix de femme, 1 voix d’homme
Durée : 45 min­utes

L’ÉTOILE ABSINTHE
Pub­lié chez l’auteur en 1987.
Dis­tri­b­u­tion : 1 fille, 1 garçon

LE SEPTIÈME JOUR
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes

LA CROISIÈRE
Écrit en 1988.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme

LE NEVEU D’EINSTEIN
Pub­lié aux Édi­tions Lans­man, col­lec­tion Théâtre en Tête, n° 6, Carnières, 1990.
Créa­tion en lec­ture-spec­ta­cle par le Mag­a­sin d’Écriture théâ­trale dans une mise en voix de Jean-Claude Idée au Théâtre de la Vie, Brux­elles, en 1990.
Dis­tri­b­u­tion : 4 hommes,
2 femmes

AMLETH
Écrit en 1990.
Dis­tri­b­u­tion : 3 femmes, 3 hommes

LA NUIT DU PASSEUR
Écrit en 1991.
Dis­tri­b­u­tion : 2 hommes

COCKTAIL INDIEN
Écrit en 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme

CASTING
Écrit en 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 2 femmes, 2 hommes

AFTER-SHAVE
Dif­fusé sur France-Cul­ture en 1992.
Dis­tri­b­u­tion : 1 femme, 1 homme

Pièces radio­phoniques

LE PAILLASSON, RTBE, 1981.
MEZZA VOCE, RTBF, 1983.
TUBA, West­deutsch­er Rund­funk et France-Cul­ture, 1985.
DONALD DUCK A FROID SUR LE BANC DU PARC, RTBE, 1987.
ÉCOUTE TROTTER LES CHEVAUX, France-Cul­ture, 1987.
UN FRELON DANS L’OREILLE, RTBF — West­deutsch­er Rund­funk, 1988.
DEUX PAS DANS LE VIDE, AVEC DES BASKETS, RTBE, 1988.
LE SERIN S’APPELLE AZERTY, West­deutsch­er Rund­funk, 1990.
L’ÂME DU VIOLON, France Cul­ture, 1995.

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