
NÉ À QUAREGNON en 1926.
« Je n’ai pas de biographie. » Yvon Givert se présente ainsi quand on l’interroge sur son passé, sa vie. L’affirmation de cette absence reporte toute notre attention, et c’est le but, sur la littérature, ce voyage assis qui lui a permis d’arpenter sans entrave les contrées dont il se faisait l’inventeur. Et voilà plusieurs recueils de poésie, des nouvelles, des pièces de théâtre et des œuvres radiophoniques. Toutes sont résolument ancrées dans Le présent et l’auteur lui-même a bien souvent du mal à dater telle ou telle œuvre, événement. Si vous avancez une autre date, il vous affirme que vous avez certainement raison et il s’en remet à vos dires. « C’est normal, dit-il encore, je n’ai pas de marche arrière…» Mais il considère également qu’il n’a pas d’avenir. Reste un homme qui vit un maintenant après l’autre, en essayant de goûter chaque moment au mieux de son intensité, en essayant de donner au rire la place prépondérante qu’il lui revendique : « Tout ça, c’est du jeu ! »
Le neveu d’Einstein
SA GRANDE ADMIRATION pour un illustre savant va conduire Albert Stein à s’inventer une parenté. Et pourquoi pas un bagage scientifique qu’il pourrait exposer à un colloque qu’il s’inventerait ?Sur ces bases, on ne s’étonne plus que les sommités invitées aient elles aussi une biographie fantaisiste. Le plus incroyable de tous est encore le Professeur Glückstammerdamm, alias Glück, centenaire, monstre de science rendu monstrueux par la science, qui est venue s’incruster dans sa chair même. Incarnation très concrète de ses limites. Et comme la science pour ellemême finit par être vaine, Glück ira jusqu’à nier les lois Les plus élémentaires de la pesanteur en se jetant d’un toit. En regard de cette extrême vanité, l’extrême humilité dans un personnage touchant par sa poésie et son ignorance de ses extraordinaires capacités : Babel, celle qui connaît d’instinct toutes les langues, qui peut tout traduire en tout sans avoir rien appris.
Cette comédie s’articule sur de nombreux rebondissements qui, tout en permettant à l’intrigue de progresser, révèlent peu à peu la complexité de la fiction.
Adieu, Léokadia

LÉOKADIA, la fantasque, est le personnage principal de cette pièce, mais c’est le jeune homme, Samuel, qui viendra la révéler, devenant le ressort essentiel des ruptures, sauts, coq-à‑l’âne. Belle est la part faite à la fantaisie dans ce texte, sans pour autant tomber dans la divagation gratuite.
Où que l’on situe l’action, Léokadia est d’un autre temps, d’un autre pays, d’une autre histoire. Et ce n’est pas quand un jeune plombier fait renaître en elle le besoin de parole, le désir de raconter, pour finalement dénoncer ses fictions, qu’elle perd son mystère. Bien au contraire. Et ce n’est pas la folie qui peut expliquer sa fantaisie. Les tuyaux, son décor à elle, l’obsession du jeune homme, se mêlent, se croisent et se tordent, ils datent mais ils persistent, malgré les fuites, à conduire l’eau, ils ne sont que les fils des mille et une histoires/vies de Léokadia. Le portier alcoolique, preuve de l’existence d’un dehors, a sa place dans cette vie. Devenu cerbère, trompettiste et bruyant, il se fait complice de l’illusion : quand le jeune homme semble percer le mystère, il bloque la porte comme si à partir de ce moment le secret ne devait pas se divulguer. Et si le plombier parvient à s’enfuir par une brèche dans le mur, c’est parce que de toute façon, on ne peut pas retenir celui qui veut partir.
VT
Œuvres théâtrales
LA GRANDE PÉTOIRE
Publié chez l’auteur en 1963.
Prix Charles Plisnier 1963.
Distribution : 10 acteurs
L’ENTREPÔT
Publié chez l’auteur en 1979.
Distribution : 6 hommes
MÉLANIE ET LES ALBINOS
Publié chez l’auteur en 1980.
Distribution : 1 femme, 4 hommes
ADIEU, LÉOKADIA
Publié chez l’auteur en 1980.
Création dans une mise en scène de Jacques Herbet aux Midis du Rideau de Bruxelles, en 1983.
Lecture sur France-Culture en 1985.
Prix Herman Closson 1983.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Durée : 1h
OZONE OÙ LA MÉTAMORPHOSE
Publié chez l’auteur en 1980.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
LE CROCODILE
Publié chez l’auteur en 1980.
Création dans une mise en scène de Paul Deranne au Théâtre de l’Étuve, à Liège, en 1981.
Nouvelle création par la Compagnie de l’Œil nu, à Romans (France), en 1988.
Lecture sur la Radio suisse romande en 1985.
Distribution : 3 hommes
Durée : 45 minutes
CHILPÉRIC
Publié chez l’auteur en 1981.
Distribution : 1 femme, 2 hommes
LES GROS SOURCILS
Publié chez l’auteur en 1981.
Distribution : 2 femmes, 12 hommes
LA PERRUCHE
Publié chez l’auteur en 1982.
Création par le Théâtre de l’Alternative, dans une mise en scène de Jacques Herbet et Perlette Adler au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, en 1982.
Distribution : 2 hommes, 1 voix de femme, 1 voix d’homme
Durée : 45 minutes
L’ÉTOILE ABSINTHE
Publié chez l’auteur en 1987.
Distribution : 1 fille, 1 garçon
LE SEPTIÈME JOUR
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
LA CROISIÈRE
Écrit en 1988.
Distribution : 1 femme, 1 homme
LE NEVEU D’EINSTEIN
Publié aux Éditions Lansman, collection Théâtre en Tête, n° 6, Carnières, 1990.
Création en lecture-spectacle par le Magasin d’Écriture théâtrale dans une mise en voix de Jean-Claude Idée au Théâtre de la Vie, Bruxelles, en 1990.
Distribution : 4 hommes,
2 femmes
AMLETH
Écrit en 1990.
Distribution : 3 femmes, 3 hommes
LA NUIT DU PASSEUR
Écrit en 1991.
Distribution : 2 hommes
COCKTAIL INDIEN
Écrit en 1992.
Distribution : 1 femme, 1 homme
CASTING
Écrit en 1992.
Distribution : 2 femmes, 2 hommes
AFTER-SHAVE
Diffusé sur France-Culture en 1992.
Distribution : 1 femme, 1 homme
Pièces radiophoniques
LE PAILLASSON, RTBE, 1981.
MEZZA VOCE, RTBF, 1983.
TUBA, Westdeutscher Rundfunk et France-Culture, 1985.
DONALD DUCK A FROID SUR LE BANC DU PARC, RTBE, 1987.
ÉCOUTE TROTTER LES CHEVAUX, France-Culture, 1987.
UN FRELON DANS L’OREILLE, RTBF — Westdeutscher Rundfunk, 1988.
DEUX PAS DANS LE VIDE, AVEC DES BASKETS, RTBE, 1988.
LE SERIN S’APPELLE AZERTY, Westdeutscher Rundfunk, 1990.
L’ÂME DU VIOLON, France Culture, 1995.

