Carte Postale
Non classé

Carte Postale

Le 13 Oct 1998
Article publié pour le numéro
Théâtre en images-Couverture du Numéro 58-59 d'Alternatives ThéâtralesThéâtre en images-Couverture du Numéro 58-59 d'Alternatives Théâtrales
58 – 59
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕

Avant quar­ante, au Botanique, longs dimanch­es.
Les orphe­lins vêtus de noir mar­chaient en rang.
Les autres, col marin et robe blanche,
réglaient leur pas sur celui des par­ents

Défense de salir ses vête­ments, défense
d’approcher de la balustrade ou du jet d’eau.
Ici l’on marche au pas, ici l’enfance
suit des chemins alignés au cordeau.

Entre les fleurs, nul pis­senlit, pas une ortie,
les plates-ban­des mal à l’aise autant
que les petites bonnes de sor­tie
ami­don­nées dans leurs beaux vête­ments

Des mil­i­taires en calot à floche
devant la serre les atten­dent, gogue­nards.
Dimanch­es, longs dimanch­es par les cloches
scan­dés, entre sainte Marie et Mont-des-Arts.

Sur le boule­vard peinaient des chevaux.
On y voy­ait fort peu d’automobiles,
des gamins jouaient dans le caniveau,
des chanteurs de rue tendaient leur sébile.

Le Botanique, comme un grand bateau,
fendait l’espace au-delà des parter­res
où chaque plante avait son écriteau
por­tant un nom latin plein de mys­tère.

On se prom­e­nait à la queue leu, leu,
les dames à cha­peaux, les nonnes à cor­nettes,
les gou­ver­nantes sous voile bleu
et les ouvri­ers en cas­quette.

Des mont­golfières s’élevaient, des orphéons
jouaient « Poète et paysan », des mil­i­taires
défi­laient aux joyeux flon­flons
des tapageuses cliques d’avant-guerre.

Et l’allumeur de réver­bères, un par un,
ran­i­mait ses feux, dans le nuit en berne.
Et nous n’entendions pas les hommes bruns
crier : Sieg heil ! au fond de leurs casernes.

Non classé
2
Partager
auteur
Écrit par Liliane Wouters
Lil­iane Wouters est poète, dra­maturge et tra­duc­trice. L’ensemble de son oeu­vre poé­tique est rassem­blé dans le recueil Tous...Plus d'info
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
Article publié
dans le numéro
Théâtre en images-Couverture du Numéro 58-59 d'Alternatives Théâtrales
#58 – 59
mai 2025

Théâtres en images

Précédent
13 Oct 1998 — JULIE BIRMANT: Comment êtes-vous venu au théâtre ? D'où venait le désir de faire cette école de mise en scène…

JULIE BIRMANT : Com­ment êtes-vous venu au théâtre ? D’où venait le désir de faire cette école de mise en scène qu’est l’INSAS1 ? Jacques Del­cu­vel­lerie : Ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Je n’ai…

Par Jacques Delcuvellerie
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?
Mon panier
0
Ajouter un code promo
Sous-total