Le théâtre de la Vie c’est d’abord une affiche. Celle de Jean-Michel Folon. Un soleil rond se lève entre deux pans de rideaux bleu clair. C’est la pupille d’un œil.
Mais le théâtre de la Vie c’est aussi un lieu. Un bâtiment de brique et d’acier. Un bâtiment noble et franc, fier de ses poutres et de son histoire. A l’origine on y vendait fer, fontes et tôles. Puis une banque y installa un garage pour ses cadres. Enfin, le régisseur de la compagnie le trouva, à vendre : la banque déménageait place Stéphanie.
C’était il y a dix ans. Le théâtre de la vie, après sept années d’errance, neufs autres passées à Jolibois, puis au Botanique, s’y installe fort d’artisans et de bricoleurs doués. Le lieu est rapidement réaménagé : en mars 1988, on y crée le premier spectacle Britannicus.
Aujourd’hui l’œil de Folon trône sur la façade de la rue Traversière, mais sous lui, s’étale toujours les lettres de la firme de métallurgie : UTIL. Des lettres qui trompent l’œil en feignant le profilé de poutres d’acier. Un œil, un soleil, du métal. C’est un théâtre pour passionnés de « Mécano », ce jeu de construction jaune et bleu, plein d’écrous et de boulons.
L’intérieur du lieu ne dément pas cette impression. Les escaliers sont droits, raides et larges, les plafonds laissent apparaître les planchers, le gradinage est en pente sèche, les fauteuils sont en strict métal bleu. Mais le foyer abrite un ange de proue, des serpentins d’or glissent sur un mur de brique bleu, et le dernier étage sous les toits qui mélange jardin suspendu, loges et bureaux, nous plonge dans l’univers de Fred, le dessinateur.
La vie fourmille dans ce théâtre.
Julie Birmant.

