Interdit de mise en scène par la censure brejnevienne, revu et corrigé par Lioubimov, ce MARAT/ SADE est le spectacle le plus jeune du Festival de cette année-là. Le vieil artiste, à l’énergie toujours débordante, est assis devant moi, sur les marches de l’allée centrale des gradins du Cloître des Célestins, remplis à craquer … Comme toujours, il dirige sa troupe avec une grosse lampe, contrôlant ainsi le rythme de la représentation en fonction des acteurs et des réactions du public présent. Déclinant la métaphore de la prison, du rideau de fer, les grilles qui divisent en deux l’aire scénique retiennent les fous de Moscou/Charenton qui nous dévisagent fixement. Plus tard elles seront ébranlées, secouées, leur serviront de machine à jouer, et la barre supérieure deviendra un fil pour Irina Lindt, magnifique actrice polyvalente, gymnaste, chanteuse, funambule et violoniste …
Repas de Cène: Shakespeare côtoie Dallas. Lui, anti Hamlet, dont la chemise blanche et lâche est à l’aune de son…



