Partis cette fois d’un roman classique, dont l’importance est d’abord d’écriture, nous nous sommes permis l’audace d’en tirer occasion pour affirmer les nôtres, même incommensurables.
Occasion n’est pas prétexte ; il ne s’agit pas là de quelque paranoïa courante dans le métier, mais d’un appel à se lancer, sans crainte, dans les exigences du faire.
Ce qui vaut pour d’autres Emma et qui vaut pour nous tous.
Les classiques ne nous demandent pas de nous laisser intimider par eux, ils nous demandent de grandir avec eux puis d’accoucher de nous-mêmes. Ce qui ne va pas sans un certain respect.
L’écriture propose, comme le spectacle, sa lecture active d’un classique ; elle en appelle donc à une lecture active. C’est une écriture dramaturgique en ce sens seulement qu’elle analyse à sa façon le texte dont elle parle, mais, au lieu d’utiliser un langage théorique, elle écrit de cette écriture, entre elle et parfois contre elle.
Elle‑l’a lue jusqu’à d’abord l’imiter puis, au fur et à mesure,’ s’est affirmée en prenant ses distances. D’abord relative au livre, elle a entré l’esprit du livre en elle, lui a volé son Emma, l’a faite sienne de plus en plus, sans prétendre épuiser l’originale ni lui être complètement étrangère.
Affirmant de bonne grâce son point de vue non arrêté sur le roman, elle prétend contribuer à en restituer, au théâtre, le coeur vivant.

