Ariane Mnouchkine, LES SHAKESPEARE, 1982
Non classé

Ariane Mnouchkine, LES SHAKESPEARE, 1982

Le 24 Juil 2003
RICHARD Il de Shakespeare, mise en scène Ariane Mnouchkine, photo Marc Enguerand.
RICHARD Il de Shakespeare, mise en scène Ariane Mnouchkine, photo Marc Enguerand.
RICHARD Il de Shakespeare, mise en scène Ariane Mnouchkine, photo Marc Enguerand.
RICHARD Il de Shakespeare, mise en scène Ariane Mnouchkine, photo Marc Enguerand.
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
78 – 79
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕

Par crainte, sem­ble-t-il, que le Théâtre du Soleil ne se sub­stitue au TNP de Chail­lot, il fut rarement invité . Mais lorsqu’il arri­va avec LES SHAKESPEARE, la Cour — filons la métaphore ! — s’illumina. Et la célèbre phrase « le Soleil éclaire même la nuit » s’annonçait déjà. Grâce aux SHAKESPEARE, Ari­ane Mnouchkine rétab­lis­sait le lien avec le théâtre qui mar­qua ses débuts : le théâtre asi­a­tique. Et en même temps, après l’aventure de l’écriture col­lec­tive, elle plongeait dans la matrice shake­speari­enne. Elle fai­sait ain­si cohab­iter deux tra­di­tions, ori­en­tale et occi­den­tale. Si les mots nous étaient fam­i­liers, les sil­hou­ettes venaient de loin. Dis­tance néces­saire pour regag­n­er l’étonnement indis­pens­able à son théâtre.
Sur la pierre du Mur se déploy­aient les soies des rideaux géants qui rendaient fes­tif le lieu tout en ryth­mant les réc­its shake­speariens. Le dia­logue entre la dureté sécu­laire des blocs et la douceur pas­sagère des tein­tures exal­tait l’espace sur lequel se pré­cip­i­taient ces « frelons » qui con­sti­tu­aient l’assemblée du roi. Splen­dides et nocifs, ils voltigeaient sur l’immense plateau. Beauté enven­imée.
Le Théâtre du Soleil, essen­tielle­ment, est habité par le désir de plein air. À Avi­gnon il a pu sat­is­faire cette attente implicite au point que la Cour sem­bla être la ver­sion idéale de la Car­toucherie dressée sous la voûte provençale. Et plus que jamais, là, dans cette caisse de réso­nance, Mnouchkine affir­ma sa con­fi­ance : le théâtre peut encore être à la hau­teur du palais. Elle l’a prou­vé, mais depuis lors elle n’y est pas rev­enue. Le Soleil manque à la Cour.

Georges Banu.

Non classé
3
Partager
Portrait de George Banu
Écrit par Georges Banu
Écrivain, essay­iste et uni­ver­si­taire, Georges Banu a pub­lié de nom­breux ouvrages sur le théâtre, dont récemment La porte...Plus d'info
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
Article publié
dans le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
#78 – 79
mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

25 Juil 2003 — Tout LE CONTE D’HIVER pour Maria Casarès dans le Temps! Jorge Lavelli entraîne l’actrice que Genet aimait tant vers cette…

Tout LE CONTE D’HIVER pour Maria Casarès dans le Temps ! Jorge Lavel­li entraîne l’actrice que Genet aimait tant…

Par Georges Banu
Précédent
23 Juil 2003 — Depuis ce spectacle, je ne crois pas avoir vu un théâtre aussi «choral», flux et reflux de masses en mouvement,…

Depuis ce spec­ta­cle, je ne crois pas avoir vu un théâtre aus­si « choral », flux et reflux de mass­es en mou­ve­ment, bal­let pop­u­laire d’un corps social saisi par l’épidémie, j’entends encore le bruit des pas d’une…

Par Jean-Pierre Vincent et Jean-Loup Rivière
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?