Charles Tordjman, JE POUSSAIS DONC LE TEMPS AVEC L’ÉPAULE, 2001
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Charles Tordjman, JE POUSSAIS DONC LE TEMPS AVEC L’ÉPAULE, 2001

Le 1 Juil 2003
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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JE POUSSAIS DONC LE TEMPS AVEC L'ÉPAULE de Marcel Proust, mise en scène Charles Tordjman, photo Éric Didym/Théâtre de fa Manufacture.
JE POUSSAIS DONC LE TEMPS AVEC L’ÉPAULE de Mar­cel Proust, mise en scène Charles Tord­j­man, pho­to Éric Didym/Théâtre de fa Man­u­fac­ture.

Après l’époque des salons et de la dis­per­sion mondaine, Proust ferme les volets et décide de vivre comme un ermite au coeur même de la ville. Seul avec la mal­adie, il se retire dans l’écriture en rem­plis­sant des pages et en mur­mu­rant, pour soi, presque pour les met­tre à l’épreuve, les mots minu­tieuse­ment réu­nis. Prières athées d’un écrivain qui désor­mais fait de l’art sa reli­gion ! Serge Mag­giani, dans le spec­ta­cle de Charles Tord­j­man et la scéno­gra­phie de Daniel Jean­neteau, ren­voy­ait à la retraite prousti­enne dans la cham­bre blanche de l’ oeu­vre arrachée au quo­ti­di­en. Dans cette soli­tude extrême où l’air ne cir­cule pas et le soleil ne pénètre point, le corps du comé­di­en qui égrène les paroles don­nait à enten­dre, en quelque sorte, les accords secrets de l’écrit, son cours souter­rain. « De la musique avant toute chose. » Le texte de Proust ressur­gis­sait dans la cel­lule ouatée de son abbaye intérieure. Et, sur le seuil, tout près, nous subis­sions son pou­voir hyp­no­tique. Tout était étouf­fé, à la lim­ite de l’extinction immi­nente, oeu­vre arrachée à soi au prix de la vie. C’est de cet effort extrême con­sen­ti par l’écrivain attaché à son pro­jet jusqu’à l’épuisement ultime que le spec­ta­cle de Tord­j­man par­lait aus­si. Effort de l’artiste qui, parce que retrou­vé, parvient à se con­fron­ter à l’absolu. Sans spasmes ni vio­lence, mais avec la dévo­tion d’un apôtre de la lit­téra­ture.

Georges Banu.

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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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Festival d’Avignon 1980 — 2003

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