Jacques Nichet, ALCESTE, 1994
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Jacques Nichet, ALCESTE, 1994

Le 1 Juil 2003
ALCESTE d'Euripide, mise en scène Jacques Nichet, avec Émile Abossolo-M'Bo, photo Marc Enguerand.
ALCESTE d'Euripide, mise en scène Jacques Nichet, avec Émile Abossolo-M'Bo, photo Marc Enguerand.
ALCESTE d'Euripide, mise en scène Jacques Nichet, avec Émile Abossolo-M'Bo, photo Marc Enguerand.
ALCESTE d'Euripide, mise en scène Jacques Nichet, avec Émile Abossolo-M'Bo, photo Marc Enguerand.
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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Dans la cabane-théâtre en bois qui réu­nit salle et scène, Jacques Nichet révèle un Euripi­de inat­ten­du. Celui d’un Alces­te qui n’est pas homme mais … femme. La mise en scène est en épure. Accom­pa­g­nés de Gabriel Mon­net, les acteurs sont jeunes, dis­til­lant une trou­blante fraîcheur tout au long de ce spec­ta­cle mar­qué au sceau des jeux de la mort et de l’amour.

Didi­er Méreuze.

Ma mémoire me joue des tours et vous me deman­dez un sou­venir !
Les dates de mon agen­da s’emmêlent et sur scène, l’accordéon du temps se plie et se déplie si facile­ment !
Je crois me rap­pel­er que je n’étais pas né le jour de la pre­mière d’Alceste à Athènes.
Quelque temps après, par chance, un soir, au lycée Saint-Joseph, dans un vieux gym­nase, j’ai ren­con­tré Euripi­de.
C’était un mar­di, un ven­dre­di peut-être, je ne sais plus …
Il n’avait pas changé. Il s’est assis, incog­ni­to, par­mi les spec­ta­teurs instal­lés les uns face aux autres dans une cabane en bois.
 Au milieu du pub­lic, sur un chemin étroit, les per­son­nages pas­saient, allant de la vie à la mort.
Il ne ces­sait de les regarder.
Je me sou­viens de son émo­tion, il avait comme moi les larmes aux yeux, au retour d’Alceste qu’Héraclès rame­nait des enfers.
Sous son voile blanc de mar­iée, la reine encore morte res­pi­rait déjà et la vie reve­nait sur le rythme mélan­col­ique et lent d’une valse por­tu­gaise.
L’espace d’un instant, il suf­fit de voir pour croire.
Soudain le monde sem­ble sauvé de la laideur, du décourage­ment pen­dant quelques min­utes au moins, davan­tage peut-être.
Au moment du salut, je me suis retourné pour inviter l’auteur à se faire con­naître.
Il s’était éclip­sé, dis­crète­ment.

Jacques Nichet.

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Co-écrit par Jacques Nichet
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
#78 – 79
mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

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