
Pour le Festival, l’espace des Pénitents blancs est, en mineur, ce que la Cour est en majeur. Aux déploiements épiques du palais répondent ici les spectacles de format réduit, véritables concentrés de théâtre qui réclament le regard de près. Regard qui cherche son bonheur dans l’acteur. Pareille concentration lui est favorable car elle exalte sa présence au point de la rendre intense, fascinante et, parfois, éprouvante. Les Pénitents blancs ont servi d’écrin à des comédiens mémorables : Dominique Valadié, Redjep Mitrovitsa, Martial di Fonzo Bo, Valérie Dréville. Espace qui leur a servi d’écrin.
Ici aussi Joël Jouanneau révéla l’art subtil de celui qui deviendra son acteur : David Warrilow. L’HYPOTHÈSE de Robert Pinget scella leur alliance. Tout metteur en scène, lorsqu’il parvient à l’adéquation parfaite avec un interprète qui satisfait toutes ses attentes, éprouve un sentiment de plénitude que le spectacle laisse voir. Comme dans cette HYPOTHÈSE où l’écriture de Pinget, mélange de burlesque et de lyrisme, révélait son entière musicalité. David et Joël semblaient se fréquenter depuis longtemps tant leur entente était forte. Ils restèrent inséparables jusqu’à LA DERNIÈRE BANDE où, dans la minuscule salle Christian Bérard du théâtre de l’Athénée, on entendait encore l’écho de ce spectacle inaugural que fut L’HYPOTHÈSE. De cet accord partagé nous fûmes les témoins. Sa pérennité ne nous a pas étonné.
Les pactes conclus aux Pénitents blancs se sont toujours confirmés. Pour preuve Alain Françon et Dominique Valadié, Anatolii Vassiliev et Valérie Dréville, Matthias Langhoff et Martial di Fonzo Bo. Lieu béni pour des noces de théâtre.

