
Il fait très chaud et ce Richard-là, qui parle des guerres et évoque celle du Golfe, avec des photos projetées de Sophie Ristelhueber, épanouit sa violence dans cette chaleur-là. La construction scénique, faite de planches brutes, hérissée de niveaux, aux espaces rythmés par des rideaux — de tulle étoilés d’or, peint de fresques historiques, marouflé d’une photocopie géante de chiens empalés, ou simples écrans -, donne à sentir la mécanique cynique du monde, concentrée dans le petit espace de la Chapelle des Pénitents blancs, éclairé par toutes sortes de projecteurs bidouillés par Matthias Langhoff et route son équipe. Martial Di Fonzo Bo est un inoubliable Richard, clown de la mort, jeune, insolent, boiteux agile, chef de guerre hâbleur et vifargent, pitoyable et inquiétant ici sur son petit pliant …
Béatrice Picon-Vallin.

