Quand le théâtre est rompu, épuisé dans les avant-gardes vieillissantes et les nouveaux brechtismes, lui, Novarina, invente, au début des années soixante-dix, le théâtre ininterrompu. Perpétuel retour du Drame de la vie. Variations infinies sur la Comédie de l’être. Satiriques parfois.
Architecte en peinture, musicien en paroles, chaque année ou presque, soustrayant quelques pages à ses grands poèmes (LE DISCOURS AUX ANIMAUX, LE DRAME DE LA VIE, LA CHAIR DE L’HOMME… ), il convoque sa troupe d’acrobates de mots pour une nouvelle revue novarinienne. Pour de nouvelles Dionysies — l’été en Avignon, naturellement… On n’en finira pas d’explorer les complexités langagières de Novarina. Mais a‑t-on seulement pensé à dire que son théâtre est simple comme l’antique ? Théâtre pour « voir avec les oreilles », qui réconcilie le corps avec la voix, la danse — ou la transe — avec les mots. Fête des sens et du sens (« comme si le théâtre était le vrai lieu de la pensée »). Théâtre d’avant la séparation. Théâtre d’aujourd’hui, parce que tourné vers l’Origine.


