Katie Mitchell, metteure en scène de l’intensité
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Katie Mitchell, metteure en scène de l’intensité

Le 1 Avr 2011
Sarah Tynan dans IDOMENEOde Mozart, mise en scène Katie Mitchell, English National Opera, juin 2010. Photo Stephen Cummiskey.
Sarah Tynan dans IDOMENEOde Mozart, mise en scène Katie Mitchell, English National Opera, juin 2010. Photo Stephen Cummiskey.
Sarah Tynan dans IDOMENEOde Mozart, mise en scène Katie Mitchell, English National Opera, juin 2010. Photo Stephen Cummiskey.
Sarah Tynan dans IDOMENEOde Mozart, mise en scène Katie Mitchell, English National Opera, juin 2010. Photo Stephen Cummiskey.
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KATIE MITCHELL s’est fait con­naître dès les débuts de sa car­rière par des pro­duc­tions qui tran­chaient tou­jours par leur pro­fondeur et leur inten­sité. Après des études à l’Université d’Oxford, elle a débuté comme assis­tante à la mise en scène avant de fonder sa com­pag­nie d’avant-garde, Clas­sics on a Shoe­string, qui fut très vite remar­quée pour des spec­ta­cles comme VASSAZ HELEZNOVA de Gor­ki et WOMEN OF TROY d’Euripide au tout petit Gate The­atre. Son tra­vail s’est enrichi d’une étude qu’elle a réal­isée en 1989 dans des théâtres européens. Elle est influ­encée par des artistes aus­si dif­férents que Pina Bausch ou la com­pag­nie polon­aise Gardzienice.
Elle a ensuite tra­vail­lé régulière­ment avec les trois troupes de théâtre bri­tan­niques majeures, la Roy­al Court, la Roy­al Shake­speare et plus récem­ment le Nation­al, où elle est main­tenant met­teure en scène asso­ciée. Out­re ses réin­ter­pré­ta­tions de tragédies grec­ques sou­vent con­tro­ver­sées, elle a mis en scène avec suc­cès Shake­speare, Strind­berg, Beck­ett et Tchekhov, ain­si que des auteurs con­tem­po­rains comme Mar­tin Crimp et Jon Fos­se. Son tra­vail a été présen­té dans de nom­breux théâtres européens, notam­ment le Dra­mat­en à Stock­holm (KRAPP’S LAST TAPE), le Pic­co­lo à Milan (ATTEMPTS ON HER LIFE), la Schaubühne à Berlin (MISS JULIE) et le Schaus­piel à Cologne (WUNSCHKONZERT).
Chez Mitchell, le temps des répéti­tions est plus long que pour la plu­part des met­teurs en scène bri­tan­niques et implique une analyse psy­chologique appuyée des per­son­nages — en 2004, elle a dirigé une série d’ateliers sur Stanislavs­ki et les neu­ro­sciences au stu­dio du Nation­al The­atre. Elle s’est aus­si de plus en plus servie de tech­niques vidéo dans ses spec­ta­cles, d’une ORESTEIA sur­menée en 2000 au très accom­pli WAVES, une adap­ta­tion de Vir­ginia Woolf, en 2007. Les danseurs rêveurs de sa deux­ième mise en scène de WOMEN OF TROY, la même année, témoigne de son affec­tion pour Pina Bausch. Plus récem­ment, le pub­lic du Nation­al The­ater a décou­vert une nou­velle Mitchell, mali­cieuse, dans ses deux spec­ta­cles pour enfants, CATIN THE HAT du Dr Seuss (2009) et BEAUTY AND THE BEAST (2010) réal­isé avec l’influence de sa fille de qua­tre ans, Edie.
Sa répu­ta­tion de met­teure en scène d’opéra grandit encore depuis une série de pro­duc­tions pour l’Opéra nation­al gal­lois. Son reg­istre de tra­vail est très éten­du, de Lui­gi Nono (AL GRANS OLEC ARICOD ‘AMORE)a u Fes­ti­val de Salzbourg et James MacMil­lan (PARTHENOGENESIS, 2010 et CLEMENCY 2011) au Roy­al Opera House (Covent Gar­den) de Lon­dres, à Bach (PASSION SELON ST MATTHIEU) et Mozart (IDOMÉNÉE) pour l’Opéra nation­al anglais. Sa rela­tion avec les cri­tiques lon­doniens n’a pas tou­jours été facile : Nicholas Hymer, le directeur du Nation­al The­atre, l’a accusée d’afficher une atti­tude misog­y­ne dans ses spec­ta­cles. Mais on com­prend la per­plex­ité qui peut s’emparer du cri­tique devant la grande var­iété de spec­ta­cles résul­tant de son tra­vail dévoué et intense. Au pire ceux-ci peu­vent paraître intro­ver­tis et inutile­ment obscurs, au mieux ils s’affranchissent de toute cri­tique par leur beauté théâ­trale. La nom­i­na­tion en 2009 de Katie Mitchell à l’Ordre de l’Empire bri­tan­nique (OBE) pour ses ser­vices ren­dus au théâtre peut servir de preuve tan­gi­ble qu’elle est une des fig­ures majeures — et des plus européennes — du théâtre anglais.

Traduit de l’anglais par Lau­rence Van Goethem.

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Écrit par Jan Herbert
Ian Her­bert a édité The­atre Record jusqu’en 2003 et Sight­line jusqu’en 1991. Il écrit régulière­ment dans des jour­naux...Plus d'info
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