Didier Bezace, PEREIRA PRÉTEND … , 1997
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Didier Bezace, PEREIRA PRÉTEND … , 1997

Le 1 Juil 2003
PEREIRA PRÉTEND ... d'après Antonio Tabucchi, mise en scène Didier Bezace, avec Daniel Delabesse et Thierry Gibault, photo Brigitte Enguerand.
PEREIRA PRÉTEND ... d'après Antonio Tabucchi, mise en scène Didier Bezace, avec Daniel Delabesse et Thierry Gibault, photo Brigitte Enguerand.
PEREIRA PRÉTEND ... d'après Antonio Tabucchi, mise en scène Didier Bezace, avec Daniel Delabesse et Thierry Gibault, photo Brigitte Enguerand.
PEREIRA PRÉTEND ... d'après Antonio Tabucchi, mise en scène Didier Bezace, avec Daniel Delabesse et Thierry Gibault, photo Brigitte Enguerand.
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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Sur le plateau nu, posé comme un radeau, les comé­di­ens ont pour seule arme l’évidence de leur présence. Après LE PIÈGE de Bove et LA NOCE CHEZ LES PETITS-BOURGEOIS suivi de GRAND PEUR ET MISÈRE DU IIIe REICH, Didi­er Bezace achève avec cette adap­ta­tion du réc­it de Tabuc­chi son trip­tyque sur l’exploration du présent et l’histoire à tra­vers le roman devenu théâtre.

Didi­er Méreuze.

Didi­er Bezace : Avi­gnon est un ren­dez-vous qu’on a la chance d’avoir avec un pub­lic extrême­ment fer­vent. Un pub­lic qui a gardé son appétit. Quand on dirige une mai­son de manière per­ma­nente, la con­quête du pub­lic est un objec­tif pri­mor­dial auquel il ne faut jamais renon­cer. On arrive à Avi­gnon dans un lieu où le théâtre fait par­tie de l’air qu’on respire, aus­si bien pour ceux qui y tra­vail­lent pro­fes­sion­nelle­ment que pour ceux qui y vien­nent et qui ont besoin de se ressourcer dans des espèces de marathons par­fois infer­naux.
La plu­part du temps à Avi­gnon, j’ai été con­fron­té à la créa­tion et ça a tou­jours été pour moi quelque chose de très émou­vant quel que soit le lieu.
Ce fut un long appren­tis­sage. Au départ, je ne voulais pas enten­dre par­ler des lieux de plein air. Pour moi, le théâtre, c’était dans un endroit fer­mé, avec un toit au-dessus, le noir, les pro­jecteurs pour faire la lumière … Je me méfi­ais du plein air, à la fois pour des raisons de ges­tion de la créa­tion mais aus­si pour des raisons esthé­tiques. J’ai donc créé mes pre­miers spec­ta­cles au Fes­ti­val à la salle Benoît XII, y com­pris l’énorme marathon de C’EST PAS FACILE où nous jouions deux spec­ta­cles tous les jours et don­nions une lec­ture-spec­ta­cle le matin. C’était une chose très enivrante et très séduisante, on ne sor­tait qua­si­ment pas du théâtre, on s’y enfer­mait vrai­ment …
Et puis j’ai apprivoisé peu à peu le plein air, sous la pres­sion ami­cale de Bernard Faivre d’Arcier et de Monique Courance, les Carmes en par­ti­c­uli­er où quand j’y aurai présen­té LE SQUARE cette année, j’aurai créé trois spec­ta­cles.
La Cour d’honneur n’était pas un lieu qui m’attirait beau­coup, et pour­tant j’ai été très heureux d’y créer L’ÉCOLE DES FEMMES. C‘est tou­jours une con­fronta­tion para­doxale. Je ne suis pas sûr que la Cour soit un lieu des­tiné au théâtre et en même temps on est devant 2 000 spec­ta­teurs et il y a quelque chose à partager qui doit être de l’ordre de l’exception absolue. Ce qui me paraît être une des ver­tus du théâtre. Des grandes ren­con­tres où tout à coup, il y a un acte de foi pri­mor­dial qui doit se jouer entre le pub­lic et des artistes.
À chaque fois que j’ai créé en Avi­gnon, j’ai tenu compte de cette spé­ci­ficité des lieux ( je par­le de la Cour et des Carmes), mais j’ai en même temps tou­jours tenu à ce que la nature du spec­ta­cle créé en Avi­gnon puisse retrou­ver les théâtres à Paris et en tournée. J’ai rarement changé de scéno­gra­phie ; il y a des ques­tions de pro­por­tions, de dimen­sion à adapter.
En revanche, les spec­ta­cles changent. Un spec­ta­cle vécu en Avi­gnon, dans le plein air, face au pub­lic, change, non pas de nature, mais d’humeur quand il rejoint les salles fer­mées. Par­fois il gagne, par­fois il perd ou plus exacte­ment, ce n’est pas la même chose. La grâce d’un spec­ta­cle présen­té en Avi­gnon sous le ciel peut par­fois dégager quelque chose de mag­ique, une douceur alors que par­fois dans les salles fer­mées il se rad­i­calise, devient plus âpre. Mais je n’ai jamais voulu con­sid­ér­er qu’il fal­lait créer pour Avi­gnon et puis après faire un autre spec­ta­cle.

Pro­pos recueil­lis par Bernard Debroux.

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Bernard Debroux
Co-écrit par Bernard Debroux
Fon­da­teur et mem­bre du comité de rédac­tion d’Al­ter­na­tives théâ­trales (directeur de pub­li­ca­tion de 1979 à 2015).Plus d'info
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

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