Georges Lavaudant, LES CÉPHÉIDES, 1983
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Georges Lavaudant, LES CÉPHÉIDES, 1983

Le 22 Juil 2003
LES CÉPHÉIDES de Jean-Christophe Bailly, mise en scène Georges Lavaudant, avec de gauche à droite Annie Perret et Philippe Morier-Genoud, photo Michel Sartil Enguerand.
LES CÉPHÉIDES de Jean-Christophe Bailly, mise en scène Georges Lavaudant, avec de gauche à droite Annie Perret et Philippe Morier-Genoud, photo Michel Sartil Enguerand.
LES CÉPHÉIDES de Jean-Christophe Bailly, mise en scène Georges Lavaudant, avec de gauche à droite Annie Perret et Philippe Morier-Genoud, photo Michel Sartil Enguerand.
LES CÉPHÉIDES de Jean-Christophe Bailly, mise en scène Georges Lavaudant, avec de gauche à droite Annie Perret et Philippe Morier-Genoud, photo Michel Sartil Enguerand.
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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Vers trois heures du matin, le fidèle chat noir qui tra­verse paresseuse­ment le plateau de la Cour du palais des Papes et puis dis­paraît dans les dessous

Les plaques pour­tant imposantes du sol de RICHARD III qui avant fix­a­tion s’envolent sous les coups de boutoir du mis­tral et atter­ris­sent dans les gradins 

Le soir de la pre­mière des CÉPHÉIDES le, tri­por­teur con­duit avec émo­tion par notre tech­ni­cien, Bernard Pitza­lis, quitte la pente du plan incliné à cour et bas­cule dans le vide 

Un orage bien­faisant qui éclate dans l’après-midi et réu­nit sous les trombes d’eau les troupes de Stras­bourg et de Greno­ble trans­for­mant les acteurs en patineurs ama­teurs 

Quelques Chateauneuf de Beau­cas­tel à l’Auberge de France 

La chorale des enfants de PAWANA en rang par deux dans leurs capes bleu marine défi­lant sur les rem­parts des Carmes 

Aux heures douces et tran­quilles, les clins d’yeux et les sourires de Jean-Jacques Ler­rant 

Aube après aube, le mer­veilleux retour en auto­mo­bile des Tail­lades à Bon­nieux. Les nappes de brouil­lard en plein mois de juil­let et dans ma poche le gri­gri des fils de laine mul­ti­col­ores des Hui­c­holes

Le feu d’ar­ti­fice à la dernière de RICHARD III
Une mont­golfière égarée dans LES CÉPHÉIDES
Une crise de folie pour un mous­tique dans la grotte des
Tail­lades
Des tomates et des mel­ons place de l’Hor­loge

Ariel Gar­cia-Valdès sur­gis­sant de sa trappe : « Voici venir l’hiv­er de notre déplaisir »
Les nuits glaciales
Les étoiles dia­man­tines iden­tiques à celles
qu’ob­ser­vaient les berg­ers grecs
Des engueu­lades
Des piz­zas tièdes
Des cafés lavasse
Des pastis de trop
Des odeurs de vomi, de pisse, de merde, de sar­dines gril­lées
Des sous-sols de park­ings cauchemardesques
Des angines

Et encore les pla­tanes cen­te­naires de la Cour de l’Europe
Et la mousse des fontaines du Cloître Saint-Louis 

La rue de la République, toutes bou­tiques fer­mées, un dimanche d’hiver 

La diaphane et pâle cro­queuse d’aspirine de la MJC de la Croix des Oiseaux 

Le calme et la con­ver­sa­tion apaisante du bar­man de l’Europe pen­dant les représen­ta­tions aux­quelles je n’assiste pas 

Serge Valet­ti et Dar­ri­gade qui n’est pas le coureur cycliste 

L’hélicoptère menaçant au-dessus des Tail­lades et mon opéra­tion com­man­do 

D’autres Chateauneuf
Un Cheval Blanc 1985 comique 

17 ans. Mon pre­mier voy­age à Avi­gnon avec mon copain Ker­amoël.
Nous avions voy­agé depuis Greno­ble dans un camion de livrai­son du Dauphiné Libéré qui s’arrêtait un peu partout pour dépos­er ses col­is de jour­naux et lorsque nous sommes arrivés place de l’Horloge, nous n’avons même pas pu dormir sur un banc tant le mis­tral était glacial.
C’était … hé ben …

Georges Lavau­dant.

Rescapés de la terre juste deux heures d’horloge, l’instant du spec­ta­cle, ils vien­nent dire les choses du coeur, l’amour, la grav­ité de l’humour qui con­tourne les tour­ments, traces d’orages évanouis, con­fon­dus avec les rires, avec les san­glots. Quelques êtres humains vac­il­lent et renais­sent comme les étoiles clig­no­tantes appelées céphéides …

Colette Godard, Le Monde, 1983.

J’ai aimé LES CÉPHÉIDES.
On est mal­adroit, tou­jours, devant la nou­veauté. On cherche des com­para­isons, des références. Ne m’en veuillez pas de suc­comber à ce mal, et d’en trou­ver dans ma mémoire, là où c’est ma famille, mes amis, mes lec­tures, mes proches idées.
Ain­si dans la Cour d’honneur du palais des Papes, j’ai enfin vu la pièce écrite par Tre­plev au pre­mier acte de LA MOUETTE.. . Ah ! certes, ce n’est pas le « quo­ti­di­en » qui est fig­uré là, mais il y est con­tenu.
Et ce que j’aime aus­si là, c’est ce poème de Maïakovs­ki, incon­nu, oublié, la tragédie qui porte son nom, écrite en 1913, comme si Lavau­dant ( qui ne la con­naît pas, mais par son intu­ition pro­pre) rendait soudain, soix­ante-dix années plus tard, hom­mage à l’invention lux­ueuse et trag­ique des Russ­es qui firent l’art mod­erne au début de notre siè­cle. Sans doute sommes-nous encore, et de nou­veau, à la veille d’une grande redis­tri­b­u­tion de tout, et c’est pour cela que de telles oeu­vres, apparem­ment éloignées des occu­pa­tions immé­di­ates des gens, son­nent comme les fatales trompettes.

Antoine Vitez.

Le Monde« Publics », n° 1, octo­bre — novem­bre 1983.

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Co-écrit par Colette Godard
Jour­nal­iste cul­turelle à France Inter et France Cul­ture, Colette Godard a assuré la cri­tique théâ­trale pour le jounal...Plus d'info
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et Georges Lavaudant
Georges Lavau­dant com­mence le théâtre à Greno­ble. Il devient codi­recteur du Cen­tre Dra­ma­tique Nation­al des Alpes en 1976,...Plus d'info
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
#78 – 79
mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

23 Juil 2003 — Depuis ce spectacle, je ne crois pas avoir vu un théâtre aussi «choral», flux et reflux de masses en mouvement,…

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