Peter Brook, LE MAHABHARATA, 1985
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Peter Brook, LE MAHABHARATA, 1985

Le 21 Juil 2003
LE MAHABHARATA de Jean-Claude Carrière, mise en scène Peter Brook, avec, de gauche à droite Andrej Sewerin, Sotigui Kouyaté, Bruce Myers, photo Brigitte Enguerand.
LE MAHABHARATA de Jean-Claude Carrière, mise en scène Peter Brook, avec, de gauche à droite Andrej Sewerin, Sotigui Kouyaté, Bruce Myers, photo Brigitte Enguerand.
LE MAHABHARATA de Jean-Claude Carrière, mise en scène Peter Brook, avec, de gauche à droite Andrej Sewerin, Sotigui Kouyaté, Bruce Myers, photo Brigitte Enguerand.
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Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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La Car­rière Boul­bon, d’entrée, et cela, sans doute, grâce au MAHABHARATA, se con­sti­tua en l’autre cen­tre du Fes­ti­val qui ain­si se dilatait au point de trans­former en ellipse l’ancien cer­cle ayant la Cour pour seul foy­er. L’ellipse a pour par­tic­u­lar­ité de dis­pos­er d’un pre­mier cen­tre et d’un sec­ond, décalé, en quelque sorte, alter­natif. À l’espace archi­tec­turé du palais des Papes répond la rocaille sauvage de la Car­rière, endroit et envers de cette même ver­ti­cal­ité qui les relie. Mal­gré son util­i­sa­tion épisodique, la Car­rière Boul­bon s’inscrit dans la mytholo­gie du Fes­ti­val. Il y trou­ve la dimen­sion pri­mor­diale, la res­pi­ra­tion des orig­ines, le souf­fle indomp­té d’une nature qui sem­ble étrangère à l’intervention humaine. La pierre brute, autrement que la pierre polie de la Cour, mais d’une manière tout aus­si puis­sante, ren­voie à une dimen­sion sacrée. Peter Brook l’a com­pris. C’est pourquoi il y don­na le MAHABHARATA, épopée démesurée sur la guerre et la réc­on­cil­i­a­tion finale.
Ici, sur le fond du rocher, se détachent en noir et blanc les enne­mis et les pacifi­ca­teurs tan­dis que le pub­lic lève les yeux vers ces sil­hou­ettes qui, sans masques ni cothurnes, acquièrent la dimen­sion out­re mesure de l’épique. Le lieu les exalte. Mais le même lieu, quand on ne respecte pas son esprit, peut écras­er ou ébran­ler. Comme la Cour, il est un défi.
Un espace hors normes, comme celui de la Car­rière Boul­bon, s’est imposé grâce au spec­ta­cle de Peter Brook qui l’a inscrit dans une dimen­sion tem­porelle tout aus­si énorme. Parce que sur les immenses blocs rougis par le couch­er du soleil nous éprou­vions, douze heures plus tard, la douceur de l’aube, le lieu accé­dait à une dimen­sion mythique. Espace et durée con­jugués — voilà ce dont Brook a scel­lé l’alliance. Il est l’accoucheur de la Car­rière Boul­bon de même que Vilar fut celui de la Cour. C’est ce qui les relie. Ensem­ble, à des années d’intervalle, ils ont fondé les deux cen­tres opposés du Fes­ti­val. Ils restent une gageure risquée et exal­tante pour tous ceux qui s’y aven­turent.
Entre la Car­rière et la Cour, il y a toutes les dis­tinc­tions et les par­en­tés qui relient ces con­traires que sont, pour repren­dre les ter­mes de Brook, le théâtre brut et le théâtre sacré.

Georges Banu.

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Écrit par Georges Banu
Écrivain, essay­iste et uni­ver­si­taire, Georges Banu a pub­lié de nom­breux ouvrages sur le théâtre, dont récemment La porte...Plus d'info
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

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