IOURI LIOUBIMOVes t né en 1917. Il est acteur et metteur en scène. Après des études à l’Institut Chtchoukine qu’il achève en 1939, il est, de 1940 à 1947, conférencier au cercle artistique du NKVD. En 1947, il entre dans la troupe du Théâtre Vakhtangov et joue, entre 1947 et 1964, plusieurs rôles dont ceux d’Oleg Kochevoï dans LA JEUNE GARDE d’après Fadeïev, de Cyrano dans CYRANO DE BERGERAC d’E. Rostand, de Treplev dans LA MOUETTE d’Anton Tchekhov, de Mozart dans LES PETITES TRAGÉDIES d’Alexandre Pouchkine, de Viktor dans UNE HISTOIRE À IRKOUTSK d’Alexeï Arbouzov.
En 1964, il monte avec les étudiants de l’Institut Chtchoukine un spectacle de fin d’études LA BONNE ÂME DU SE-TCHOUAN de Bertolt Brecht, spectacle fondateur du nouveau théâtre de la Taganka dont il devient, cette même année, le directeur artistique.
Frondeur dans une atmosphère de stagnation de plus en plus marquée, lieu de recherches et de résistance, le Théâtre de la Taganka se démarque du réalisme psychologique et revendique une théâtralité engagée. Dans le foyer du bâtiment, Stanislavski et Vakhtangov côtoient Meyerhold et Brecht dont la théorie de la distanciation et le point de vue critique sur le monde sont le fer de lance de l’approche esthétique et civique de la troupe.
Aux pièces, Lioubimov préfère les textes qu’il adapte et actualise pour être en phase avec son temps. Le répertoire va des montages de textes poétiques (de Maïakovski, Essenine, Voznessenski, Pouchkine) aux classiques (Shakespeare, Tchekhov, Dostoïevski, Molière, Gogol), en passant par l’adaptation de la prose paysanne : LE VIVANT d’après B. Mojaev, LES CHEVAUX DE BOIS d’après Abramov. Lioubimov se bat pour faire autoriser des textes « brûlants » : LE MAÎTRE ET MARGUERITE de Boulgakov, VLADIMIRV YSSOTSKI, LA MAISON DU QUAI d’après Trifonov. Il est autorisé dans les années 1970 à partir travailler à l’étranger (Milan, Paris, Tel-Aviv, Budapest) et a y créer des spectacles (en France il crée LES DÉMONS d’après Dostoïevski en 1985) mais, lors d’une tournée à Londres en 1984, il est déchu de sa nationalité. La perestroïka le ramène à Moscou en 1989, mais la Taganka se scinde alors en deux troupes.
Tout en continuant à réaliser des spectacles à l’étranger (Hambourg, Athènes, Bonn), notamment des opéras, il réalise, avec la partie de la troupe qui lui est restée fidèle, plusieurs spectacles : LE SUICIDÉ d’Erdman, 1990,JIVAGO d’après Boris Pasternak, 1993, MARAT ET LE MARQUIS DE SADE d‘après Peter Weiss, 1998 (présenté au Festival d’Avignon), EUGÈNE ONÉGUINE, 2000, FAUST, 2002.
Viliam Dočolomanský fait partie des plus jeunes lauréats du Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales. Il est né en 1975 à…



