Viliam Dočolomanský
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Viliam Dočolomanský

Le 1 Avr 2011
SALLE D’ATTENTE, écrie et mis en scène par Villiam Dočolomanský, 2006. Photo Viktor Kronbauer.
SALLE D’ATTENTE, écrie et mis en scène par Villiam Dočolomanský, 2006. Photo Viktor Kronbauer.
SALLE D’ATTENTE, écrie et mis en scène par Villiam Dočolomanský, 2006. Photo Viktor Kronbauer.
SALLE D’ATTENTE, écrie et mis en scène par Villiam Dočolomanský, 2006. Photo Viktor Kronbauer.
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Vil­iam Dočolo­man­ský fait par­tie des plus jeunes lau­réats du Prix Europe Nou­velles Réal­ités Théâ­trales. Il est né en 1975 à Lip­tovský Mikuláš en Slo­vaquie. On trou­ve dans ses oeu­vres deux thèmes prin­ci­paux. Le pre­mier ressort de l’âme pro­fonde de la Slo­vaquie, qu’il exprime d’une part à tra­vers les cou­tumes et chan­sons tra­di­tion­nelles des Ruthènes par­tant à l’étranger pour tra­vailler dur (SCLAVI/ EMIGRANTOVA PIESEŇ — Chan­son d’un émi­gré-, 2005), et d’autre part à tra­vers la tragédie des Juifs slo­vaques déportés dans les camps de con­cen­tra­tion, mise en scène au théâtre de manière à la fois esthé­tique et cru­elle (CAKÁREŇ- Salle d’attente, 2006). Le sec­ond thème d’inspiration est la cul­ture romane. Ain­si, dans son adap­ta­tion de l’oeuvre SONETY TEMNEJ LÁSKY-Les Son­nets de l’amour obscur (2001) de Fed­eri­co Gar­cía Lor­ca, il développe le lan­gage des corps et s’inspire forte­ment du savoir-faire des toréadors et des chan­sons tsi­ganes. La mise en scène de THÉÂTRE (2010) prend quant à elle ses racines dans les rythmes de danse et les rit­uels brésiliens, non pas dans les car­navals fes­tifs, mais dans les march­es des sol­dats et les choré­gra­phies pop­u­laires des ouvri­ers saison­niers.
Tra­vail­lant dans un pre­mier temps en Slo­vaquie, il met en scène LES BONNES (2002) de Jean Genet et par­ticipe à plusieurs pro­jets du groupe d’avant-garde Žili­na-Záriečie. En 2002, il crée à Prague son pro­pre stu­dio de théâtre, Far­ma v jeskyni — Ferme dans la grotte, dont le nom vient égale­ment de Lor­ca. C’est là qu’il réalise ses mis­es en scène, tout en par­tic­i­pant à dif­férents pro­jets et ate­liers sur le développe­ment et la recherche de l’articulation cor­porelle. Il étudie ain­si les dichotomies moi-toi, corps-voix, cul­ture-nature, pub­lic-privé, recherche-art. On a ten­té de lui trou­ver plusieurs pères-prédécesseurs, tels que Gro­tows­ki ou Gardzienice, mais Vil­iam Dočolo­man­ský et ses mis­es en scène sont iné­gal­ables. Mêlant théâtre du mou­ve­ment et bal­let, ses choré­gra­phies sont qua­si­ment dan­sées et gar­dent sou­vent la trace des dans­es rudi­men­taires des nations autochtones d’Amérique latine ou d’Afrique. Il exige l’investissement absolu des acteurs, l’intensité du mou­ve­ment, de la musique ain­si que du chant. Le tour­bil­lon des corps et les cris des gorges. Dans le texte SUR LE THÉÂTRE BALINAIS d’Antonin Artaud, on trou­ve une descrip­tion que l’on peut appli­quer aux acteurs de Dočolo­man­ský : « On les voit à tout bout de champ opér­er une sorte de rétab­lisse­ment à pas comp­tés. Alors qu’on les croit per­dus au milieu d’un labyrinthe inex­tri­ca­ble de mesures, qu’on les sent près de vers­er dans la con­fu­sion, ils ont une manière à eux de rétablir l’équilibre, un arc-boute­ment spé­cial du corps (. .. ) ; — et sur trois pas fin­aux, qui les amè­nent tou­jours inéluctable­ment vers le milieu de la scène, voici que le rythme sus­pendu s’achève, que la mesure s’éclaircit ».
Sa troupe est inter­na­tionale, com­posée de Slo­vaques, Polon­ais, Tchèques et d’un Coréen. Il voy­age à tra­vers le monde entier, tra­verse les fron­tières de dif­férentes cul­tures, se laisse inspir­er par divers­es tra­di­tions. Dans ses oeu­vres, il est néan­moins en désac­cord avec l’idée de mon­di­al­i­sa­tion. Un ouvri­er ruthène, ren­trant de l’étranger, retrou­vera son amour en ruines. Les comé­di­ens brésiliens représen­tant le théâtre tra­di­tion­nel dans son oeu­vre seront les grands per­dants des con­flits les opposant à un pub­lic riche inter­na­tion­al. Les cul­tures orig­i­nales et autochtones devi­en­nent ain­si chez Dočolo­man­skýles vic­times de la mon­di­al­i­sa­tion, et non son moteur. 

Traduit du slo­vaque par Mar­ti­na Saganová.

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Écrit par Miloš Mistrík
Miloš Mis­trík est pro­fesseur à l’ Acad­e­mie Slo­vaque des Sci­ences, l’Inscicuc d’Écudes théâ­trales ain­si qu’aux uni­ver­sités de Bratisla­va,...Plus d'info
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