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Le 4 Avr 2011
Jean-Pierre Baudson dans PLEUREZ MES YEUX, PLEUREZd ‘après LE Cm de Pierre Corneille, adaptation, décor, lumières et mise en scène Philippe Sireuil, Théâtre National de Belgique, 2010. Photo Zvonock
Jean-Pierre Baudson dans PLEUREZ MES YEUX, PLEUREZd ‘après LE Cm de Pierre Corneille, adaptation, décor, lumières et mise en scène Philippe Sireuil, Théâtre National de Belgique, 2010. Photo Zvonock
Jean-Pierre Baudson dans PLEUREZ MES YEUX, PLEUREZd ‘après LE Cm de Pierre Corneille, adaptation, décor, lumières et mise en scène Philippe Sireuil, Théâtre National de Belgique, 2010. Photo Zvonock
Jean-Pierre Baudson dans PLEUREZ MES YEUX, PLEUREZd ‘après LE Cm de Pierre Corneille, adaptation, décor, lumières et mise en scène Philippe Sireuil, Théâtre National de Belgique, 2010. Photo Zvonock
Article publié pour le numéro
Couverture du numéro 108 - Philippe Sereuil - Les coulisses d'un doute
108
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Le terme est vieil­li, hors d’usage dans la langue française d’aujourd’hui, il désigne un tzi­gane, un bohémien. On le trou­ve chez Hugo ou encore chez Lamar­tine : « Quelques tentes noires de zin­gari étaient dressées ; des hommes, des enfants, des femmes ( … ) étaient accroupis autour d’un feu et se peignaient les cheveux. » Homme du voy­age, et par exten­sion, saltim­banque, pail­lasse, ou forain.
J’aime cette idée, que ces mots soient qua­si hors d’usage, archaïques, qu’ils con­ti­en­nent en eux l’étendue à décou­vrir, la poésie rou­blarde, les risques à pren­dre, le rire entre les larmes, les valis­es, les allers et les retours, mais aus­si l’âpreté de la tâche, l’expérimentation, l’exercice quo­ti­di­en, le savoir et sa trans­mis­sion, le tra­vail comme con­di­tion sine qua non de son résul­tat : le mer­veilleux et la magie. Je ne peux me dépar­tir de ce sen­ti­ment que notre art fricote mieux avec les temps d’hier qu’avec ceux d’aujourd’hui, ces temps pas si loin­tains après tout où1 (les années cinquante) Jean-Louis Bar­rault, trou­vant qu’avec L’ÉCHANGE de Claudel, la soirée théâ­trale pro­posée au spec­ta­teur ne serait pas assez fournie, pro­po­sait au Théâtre Marigny, une autre pièce courte, ON NE BADINE PAS AVEC L‘AMOUR ; où (les années soix­ante) un peu plus tard, Jean Vilar, homme et artiste citoyen respectueux du bien pub­lic, pou­vait écrire qu’un théâtre bien géré est for­cé­ment un théâtre en déficit ; où ( les années sep­tante) la fail­li te du Théâtre de Sartrou­ville pous­sait Patrice Chéreau à l’exil en Ital­ie où il inté­gr­era le Pic­co­lo Teatro de Milan ; où (les années qua­tre-vingt) plus près de nous encore, Antoine Vitez met­tait en scène qua­tre Molière d’un coup, et Jo Lavau­dant LES CÉPHÉIDES de Jean-Christophe Bail­ly dans la cour d’honneur du Fes­ti­val d’Avignon ; la liste est loin, très loin d’être exhaus­tive …
Sans doute, y a‑t-il dans ces mots, quelque trace de nos­tal­gie ; men­songère comme toute nos­tal­gie. Tout n’était pas mieux avant, bien enten­du, et moi-même je n’ai pas con­nu cet avant, excep­tion faite de la dernière décen­nie citée. L’audace, l’inventivité et l’accomplissement, dont ont fait preuve nos aînés, on les retrou­ve aujourd’hui et ces qual­ités irrigueront ceux gui nous suiv­ront, mais quelque chose n’est plus, gui ne tient pas qu’au théâtre et aux mul­ti­ples façons de l’inventer, de le bous­culer, de l’essorer, de le mag­ni­fi­er, en un mot de le pra­ti­quer, quelque chose n’est plus car l’ambition col­lec­tive n’est plus, et nos chemins sont désor­mais plus soli­taires.
Zin­garo si, Zin­garo la.

Philippe Sireuil

  1. Je me lim­ite à la France. ↩︎
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mai 2025

Philippe Sireuil, les coulisses d’un doute

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