Au cours des années 70 les metteurs en scène de théâtre et leurs dramaturges se sont mis à s’intéresser à l’opéra, en même temps qu’un public nouveau, exigeant et véritablement amateur envahissait les salles jusque-là réservées à la grande bourgeoisie. À quoi tient cet engouement pour l’opéra ? Sans doute, et entre autres, parce qu’il est un acte fondamental d’énergie déployée, généreuse et non rentabilisable ; parce qu’il est un terrain d’expériences encore inexploré pour les metteurs en scène et les acteurs / chanteurs qui y rencontrent une résistance due aux “lois” de l’opéra ; enfin, pour la musique, art émotionnel par excellence où se joue sans cesse le jeu de la vie et de la mort.
L’opéra aujourd’hui
C’EST AVEC ENTHOUSIASME qu’Alternatives théâtrales avait suivi le changement d’orientation du Théâtre de La Monnaie à Bruxelles lors de l’arrivée de Gérard Mortier en 1981. Deux ans plus tard, sous le titre L’opéra aujourd’hui, le numéro 16 – 17 de notre revue analysait le renouveau apparu sur les grandes scènes lyriques européennes dans les domaines de la mise en scène, de la dramaturgie, de la lecture et de l’exécution musicales, qui trouvait à Bruxelles une sorte d’accomplissement dans les œuvres anciennes et…























