Il serait absurde de vouloir attribuer à ces onze spectacles créés ou représentés en 1986 un puissant fond commun qui les rassemblerait sous la bannière d’une « identité belge ». Bornons-nous simplement à constater qu’ils ont été réalisés ici et pas ailleurs et qu’au travers de leurs différences se glissent çà et là des connivences qui, sans pouvoir constituer le label Belgique, portent la marque d’une histoire commune vécue dans un univers culturel chaotique et tiraillé. Sans doute le rapport difficile que nous entretenons à la langue fait-il surgir une dimension théâtrale qui puise sa source dans un univers de peinture et d’images et qui engage le jeu des acteurs et des danseurs dans une dynamique particulière qui oscille entre la conscience d’une difficulté à vivre son corps et la tentative désespérée d’en chercher la maîtrise.
L’enfant qui défie la mort
L’ouvrage collectif L’Enfant qui meurt, sous la direction de Georges Banu – membre inspiré de notre comité de rédaction et ancien directeur de thèse –, traite de la mort de l’enfant, victime d’une tragédie insoutenable et d’une destinée implacable. L’enfant, figure impuissante, livré à la fureur des dieux, désigne en vérité le…
Par Leyli Daryoush











