40 Le théâtre de la nature
Le théâtre de la nature-Couverture du Numéro 40 d'Alternatives Théâtrales

Le théâtre de la nature

#40
mai 1992
18 articles
Version imprimée épuisée

Le jeune homme de Loren­zo Lot­to ne lit pas (ndlr.: Loren­zo Lot­to, Ritrat­to di gio­vane gen­tilu­o­mo nel suo stu­dio, 1528 env.), il feuil­lette le livre après l’avoir fini pour appréci­er ce qu’il lui en reste. Le geste est mécanique et le regard tourné vers l’ex­térieur comme s’il s’agis­sait de met­tre en bal­ance la portée du livre con­som­mé et l’at­trait du paysage non fréquen­té, paysage miniat­ur­al, à peine vis­i­ble, qui fait respir­er le bureau où les papiers sont déchirés et les folios racor­nis. Qu’ai-je per­du ? Qu’ai-je gag­né ? se demande le jeune homme. Lire ou sor­tir ? Le spec­ta­teur rejoint par­fois dans ses doutes le lecteur dont l’im­age nous a servi d’emblème pour ce numéro sur le théâtre en quête de nature, eau et feu, fleurs et ani­maux, mer, pier­res et mon­tagnes. Prélève­ments sig­ni­fi­cat­ifs, tout aus­si per­tur­bants que la pincée de réel dans le tableau de Lot­to : scène et livre sont égale­ment soumis à l’épreuve de la nature. Elle finit sou­vent par faire irrup­tion dans l’e­space clos d’une bib­lio­thèque ou d’une salle sou­vent men­acées d’as­phyx­ie par manque d’air. La nature est ici polémique. Elle troue une unité, l’u­nité du dedans tra­ver­sé par cet écho du dehors qui pénètre à tra­vers le cadre d’une fenêtre ou sur­git grâce à une flamme, une grenade ou une goutte d’eau. Cette nature sert de trem­plin à l’imag­i­naire et d’ap­pui au jeu. Furtive­ment, elle inter­cède entre le monde et le théâtre.

AU SOMMAIRE

Au sommaire

L’épreuve de la nature

HORIZON loin­tain ou réal­ité proche, fic­tion men­tale ou expéri­ence vécue, dans l’univers clos d’une salle, la nature ne s’absente jamais. Elle est là, tou­jours, directe­ment ou par con­tu­mace. Ici nous sac­ri­fierons volon­taire­ment la neu­tral­ité du regard panoramique, son désir de tout embrass­er, de réper­to­ri­er l’ensemble des ques­tions au prof­it d’une recherche sur la matéri­al­ité de la nature au théâtre, dans le con­texte du faux scéno­graphique. Cette matière-là va appa­raître alors comme une provo­ca­tion car elle déchire, trou­ble et inquiète un…

Par Georges Banu
IL CAMPIELLO de Goldoni, mise en scène de Giorgio Strehler. Photo Luigi Ciminaghi.

L’acteur ou la vraie nature au théâtre

-Entretien-

LA nature et le théâtre. Ou le théâtre de la nature, vaste sujet. Il me sem­ble que l’on trou­ve deux ten­dances con­tra­dic­toires : d’une part, il y a celle…

Par Bernard Dort
IL CAMPIELLO de Goldoni, mise en scène de Giorgio Strehler.

Les feux du théâtre

Les feux du dedans  DES élé­ments, le feu appar­tient le plus au théâtre. Au Moyen Âge, on l’érige en prin­ci­pal terme pour désign­er l’en­fer et des maîtres-esse­crets se…

Par Georges Banu

Royal de luxe : « Le Théâtre Chaudière »

Avi­gnon, été 1990. UNE ving­taine d’acteurs-machinistes s’affairent autour du Livre, énorme vol­ume de six tonnes, tout droit sor­ti des forges, mi-fer, mi-résine. Ce Livre ren­ferme les pages-décors des…

Par Jean-Philippe Vallepin
LA VÉRITABLE HISTOIRE DE FRANCE. Photo Jordi Bover.

Eaux désirables

EST-CE vrai­ment parce que les machin­istes se recru­taient jadis par­mi les anciens marins que le mot corde est pro­hibé sur les scènes comme il l’est sur les bateaux?…

Par Anne-Françoise Benhamou
Charlotte Clamens. SCÈNES DE LA GRANDE PAUVRETÉ de Sylvie Péju, mise en scène de Marcel Bozonnet,

Le dehors et le dedans

— Entretien — 

CATHERINE Nau­grette-Christophe : Richard Demar­cy, dans cha­cun de vos spec­ta­cles, vous inté­grez divers élé­ments de la nature, depuis l’eau qui recou­vrait le plateau de DISPARITIONS jusqu’aux feuilles qui jonchent…

Par Richard Demarcy

La pierre solitaire

Le cail­lou énig­ma­tique LE noir épais reste obstiné­ment opaque tan­dis que côté cour une jeune femme assise dans un fau­teuil se tait dans la com­pag­nie d’un homme fort.…

Par Georges Banu
BÉRÉNICE de Racine. Mise en scène de Klaus Michaël Grüber, scénographie de Gilles Aillaud. Photo P.O. Deschamps.

Espaces de certitude

À pro­pos de l’utilisation des élé­ments naturels dans L’ANNONCE FAITE À MARIE de Paul Claudel, mise en scène de Philippe Adrien, au Théâtre de la Tem­pête, décem­bre 90,…

Par Pedro Kadivar
Photo Michel Jacquelin.

L’air, ce bel étranger

L’IRRUPTION de la nature au théâtre survient soit de façon sym­bol­ique (toiles peintes, objets détournés de leur sens pre­mier dont on a sans doute trop abusé dans les…

Par Bernard Debroux
L'ANNONCE de Claudel, mise en scène de Frédéric Dussenne. Photo Paul Decleire.

Pina Bausch ou l’obsession du sol

Le long lamento de Pina Bausch

DEUX femmes vêtues de robes légères marchent dans un bois. Le sol est cou­vert de feuilles mortes, on com­prend qu’il fait froid.Les deux femmes tien­nent en laisse deux…

Par Jean-René Lemoine

Une tempête sur le sable des Bouffes

La ques­tion de la représen­ta­tion de la nature s’est posée à Brook, comme à d’autres met­teurs en scène, plusieurs fois dans sa car­rière. Chaque fois il y a…

Par Emmanuelle Saunier

Effets de rupture

Les fleurs, les aliments, les animaux au théâtre

« ON con­naît les tableaux de Chiri­co, ces jux­ta­po­si­tions con­trastées de tem­ples antiques, d’in­stru­ments de lab­o­ra­toire et d’ob­jets usuels, d’où émane une si grande force de sug­ges­tion. M. Artaud…

Par Catherine Naugrette-Christophe

Le goût de la pomme

Entretien de Philippe van Kessel

LE vrai et le faux sont au cœur de la représen­ta­tion théâ­trale. C’est de leur artic­u­la­tion, leur oppo­si­tion que le théâtre advient, qu’il rem­plit sa fonc­tion cri­tique, qu’il…

Par Bernard Debroux
ELLA, de H. Achternbusch, mise en scène de Philippe van Kessel. Photo John Vink.

Opéra, nature sauvage

« Nature immense, impéné­tra­ble et fière!»LA DAMNATION DE FAUST, Berlioz SUR l’infranchissable scène d’un théâtre, que celui-ci soit ou non un lieu entière­ment fer­mé, imper­méable aux bruits et à…

Par Isabelle Moindrot

L’ivresse des sommets

DE tous les paysages naturels, la mon­tagne, « la grandiose ennuyeuse » , est le plus irri­tant parce qu’il démesure l’homme, dis­ait Michaux qui avait une cer­taine expéri­ence des cimes…

Par Jean-Claude Lieber
Pierre Vaneck. LA TRAVERSÉE DE L'HIVER de Yasmina Reza, mise en scène de Patrice Kerbrat, CADO d'Orléans, 1989. Photo Enguerand.

Ajax- Pollocker : de sciure et de sang

« Jamais, de lui-même, Ajax n’a pu s’é­gar­er au point de se ruer sur des troupeaux.Ce mal lui vient des dieux. La fille de Zeus s’est acharnée à le…

Par Fabienne Simon

La limite du sang

IL y a des seuils que la scène ne peut franchir. La mon­tagne la débor­de et la neige y fond… lim­ites tech­niques ! Mais si l’on aban­donne le dedans,…

Par Georges Banu
Fiona Shawn. ELECTRE, mise en scène de Deborah Warner. Photo Donald Cooper.
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