Susana Lastreto, comédienne

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Le 29 Jan 1981

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Le spec­ta­cle, c’est hier selon aujourd’hui ; et la déli­cate mise en place de ce : selon. De même, Emma ici, surtout se remé­more. Or se remé­more-t-on sans écrire ? Ecrit-on sans se remé­mor­er ? Finale­ment, le spec­ta­cle doit piv­ot­er sur lui-même. Il ne se réfère plus au roman puisqu’il l’a entré en lui, même à l’état de frag­ments. Nos points de vue aus­si ne se sépârent plus du spec­tacfe : ils for­ment son point de vue. Pour ce faire, ils se sont com­pénétrés : les textes de moi qui fig­urent, par exem­ple, ont été choi­sis par le met­teur en scène, par­mi de mul­ti­ples et au vu du tra­vail d’acteurs. A l’inverse, j’ai diverse­ment pesé sur leurs pra­tiques.

Notre rap­port d’écritures qui est d’échanges et mod­i­fi­ca­tions, imper­son­nalise le résul­tat. N’est-ce pas là, sans que nous ne nous soyons jamais sen­tis à son ser­vice, la leçon même de Flaubert ?

Aujourd’hui on impro­vise. Et demain, et après demain. Et tous les jours ou presque de ce mois de juil­let, d’août, de sep­tem­bre, avant la mort d’Emma.

Emma mour­ra en novem­bre, le jour de la pre­mière, le jour où elle sera livrée aux yeux des spec­ta­teurs, à leur curiosité, à leur envie de spec­ta­cle, le jour où elle sera dev­enue spec­ta­cle à tra­vers nos corps d’actrices.

Mais avant cela, Emma nous appar­tient. Elle est à nous, privée, intime, celle que nous inven­tons jour après jour, éloignée du roman, proche de nous, fic­tive et réelle, une et mul­ti­ple, créa­ture de Flaubert et notre créa­ture, apprivoisée dans nos corps, « impro­visée ».

Qu’est-ce que c’est au juste, impro­vis­er ? Est-ce quelque chose que l’on peut expli­quer avec des mots ? Un proces­sus que l’on veut théoris­er, analyser, démon­ter ? Y aurait-il une et seule­ment une façon d’improviser ? Ou plusieurs ? Je ne sais pas. Je n’ai pas de réponse. Pour­tant le spec­ta­cle s’est con­stru­it sur les impro­vi­sa­tions des acteurs. Il n’y avait pas au départ des rôles à tenir, des per­son­nages avec une psy­cholo­gie pré­cise à faire vivre. Au départ il y avait nous qua­tre, notre entente, nos dif­férences, notre con­fi­ance dans le cinquième, celui qui est à l’extérieur, celui qui regarde. Alors, faute de pou­voir expli­quer com­ment ça se passe, je me sou­viens au hasard de quelques moments de répéti­tions, d’« impro­vi­sa­tions ». Je me sou­viens de choses dites, de choses faites, de choses pen­sées, avant, pen­dant, après, le long de ces jours-là où sont nés des gestes, des rap­ports et même des mots, qui créeraient bien plus tard le corps du spec­ta­cle.

Un enfant appa­raît à la

fenêtre dans la mai­son en

face du théâtre. C’est

presque un bébé. Il s’ap­puie

con­tre la vit­re, debout sur

ses petites jambes arquées.

Janine dit : « Ils sont fous de

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AT 6-7-Couverture du Numéro 6-7 d'Alternatives Théâtrales
#6 – 7
mai 2025

numéro 6 – 7

30 Jan 1981 — Partis cette fois d’un roman classique, dont l’importance est d’abord d’écriture, nous nous sommes permis l’audace d’en tirer occasion pour…

Par­tis cette fois d’un roman clas­sique, dont l’importance est d’abord d’écriture, nous nous sommes per­mis l’audace d’en tir­er…

Par Gérard Lépinois
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28 Jan 1981 — Question: Comment l’idée vous est-elle venue de mettre en scène Bovary? Michel Dezoteux: J’ai été amené à relire par hasard…

Ques­tion : Com­ment l’idée vous est-elle venue de met­tre en scène Bovary ? Michel Dezo­teux : J’ai été amené à relire par hasard ce livre que j’avais lu quand j’avais 15 ans. J’en avais des sou­venirs assez pré­cis.…

Par Janine Patrick, Susana Lastreto, Michel Dezoteux, Françoise Collin, Bernard Debroux et Gérard Lépinois
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