Alfredo Arias, Roberto Plate, LA TEMPÊTE, 1986
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Alfredo Arias, Roberto Plate, LA TEMPÊTE, 1986

Le 20 Juil 2003
LA TEMPÊTE de Shakespeare, mise en scène Alfredo Arias, photo Brigitte Enguerand.
LA TEMPÊTE de Shakespeare, mise en scène Alfredo Arias, photo Brigitte Enguerand.
LA TEMPÊTE de Shakespeare, mise en scène Alfredo Arias, photo Brigitte Enguerand.
LA TEMPÊTE de Shakespeare, mise en scène Alfredo Arias, photo Brigitte Enguerand.
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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Sur les murs de la Cour du palais des Papes les spec­ta­cles ont lais­sé leurs empreintes, elle n’est pas restée indemne. Certes, la Cour a servi d’assise pre­mière au Fes­ti­val, mais grâce aux fiançailles entre l’éternel et le pas­sager elle a fini par devenir unique. C’est le théâtre qui l’a érigée en lieu de mémoire exem­plaire au point d’en faire, à côté d’Epidaure, Bayreuth, la Car­toucherie ou les Bouffes du Nord, un repère de choix pour la mytholo­gie de la scène européenne. La Cour est, pour repren­dre une for­mule réputée, un des « points-capi­ton » de cette struc­ture élaborée tout au long du siè­cle écoulé.
Alfre­do Arias et Rober­to Plate pour leur TEMPÊTE ont imag­iné la solu­tion poé­tique d’un redou­ble­ment de cet espace mythique, comme si Prospéra, chas­sé du duché de Milan, avait recon­sti­tué sur l’île de son exil le ter­ri­toire qu’il avait per­du. Le magi­cien n’invente pas un nou­v­el espace, mais refait le pre­mier, l’espace orig­i­naire. Espace qu’il porte avec soi, de même que tour spec­ta­teur d’Avignon reste à jamais insé­para­ble de la Cour. Une fois le Fes­ti­val fini, nous sommes tous des Prospéra en attente de retour à la Cour dont la nos­tal­gie nous habite. Et, sou­vent, nous la recon­stru­isons men­tale­ment.
Cette TEMPÊTE a été pen­sée comme une « instal­la­tion » qui trou­blait dans la mesure où elle jouait de l’ambiguïté absolue : le vrai et le faux palais se con­fondaient au point que cer­tains guides déroutés par cette scéno­gra­phie en trompe‑l’oeil dévelop­paient tout un dis­cours sur la splen­deur des ruines. Ils ne dis­tin­guaient plus entre le palais des Papes et l’autre, éphémère, de Prospéra. Incer­ti­tude que le théâtre instau­ra pour par­ler des rêves et de la magie. Mais, en réal­ité, n’est-ce pas la radi­ogra­phie de notre univers de spec­ta­teur que cette TEMPÊTE pro­po­sait ? Sur le mur du palais, nous super­posons son sou­venir qui n’est que son dou­ble brisé. Nous sommes, à notre tour, des dou­bles inac­com­plis de ce maître de songes qu’est Prospéra. C’est ce à quoi le spec­ta­cle d’Arias et Plate nous invi­tait à réfléchir … Tant que nous penserons à Avi­gnon nous ne cesserons pas d’imaginer des répons­es.

Georges Banu.

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Écrit par Georges Banu
Écrivain, essay­iste et uni­ver­si­taire, Georges Banu a pub­lié de nom­breux ouvrages sur le théâtre, dont récemment La porte...Plus d'info
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
#78 – 79
mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

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