Le Vif du sujet
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Le Vif du sujet

Le 28 Avr 2026
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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FAIRE SE RENCONTRER un danseur et un choré­graphe ! Quoi de plus banal a pri­ori. Et pour­tant, avec ce sim­ple pos­tu­lat de départ, le fes­ti­val d’Avignon s’est trou­vé un ren­dez-vous choré­graphique pas­sion­nant, recon­duit d’année en année depuis 1997. l’idée de base est venue de François Raf­finot : deman­der à un danseur de choisir un choré­graphe qui crée pour lui un solo de 30 min­utes. Au fil du temps, le principe a un peu bougé, et les organ­isa­teurs du « Vif du sujet » sont sou­vent inter­venus pour guider les danseurs, les aider à trou­ver celui ou celle qui leur con­viendrait.
Mais une chose n’a pas changé : ces face-à-face orchestrés spé­ciale­ment à l’occasion du Fes­ti­val ont quelque chose de rare, d’unique. L’exemple type en est le for­mi­da­ble duo conçu par Josef Nadj et Dominique Mer­cy. Voici deux artistes qui n’ont cessé de se crois­er au fil des ans. L’un et l’autre furent plusieurs fois présents à Avi­gnon : Nadj avec ses pro­pres choré­gra­phies, Mer­cy avec la com­pag­nie de Pir­ra Bausch dont il est un des piliers. Rien ne leur aurait sans doute per­mis de tra­vailler un jour ensem­ble si « le Vif du sujet » n’avait pas existé. Là, sans autre enjeu que de se faire plaisir et de se décou­vrir mutuelle­ment, ils ont créé une pièce incroy­able­ment forte, out­repas­sant la règle de base puisque choré­graphe et inter­prète se retrou­vèrent côte à côte sur scène pour un duo qui n’était ni du Nadj, ni du Bausch, mais bien la syn­thèse de la ren­con­tre entre un danseur d’exception et un choré­graphe ouvert à toutes les expéri­ences. Au ray­on des sur­pris­es, on vit ain­si Lisette Mali­dor danser sous la houlette de François Raf­finot ; Wil­fried Romol­li, pre­mier danseur de l’opéra de Paris, se frot­ter à l’univers con­tem­po­rain de Bernar­do Mon­tet ; ou encore la choré­graphe alle­mande Sasha Waltz inter­préter elle-même le solo qu’elle avait conçu pour Ana Lagu­na, indisponible.
Mais le Vif du sujet a aus­si sur­pris quelque­fois avec des cou­ples moins inat­ten­dus. On se sou­vient ain­si du solo con­coc­té par Jan Fab­re pour la danseuse de sa com­pag­nie Erna Omars­dot­tir. Une pièce courte, sauvage, épous­tou­flante, qui révéla la jeune danseuse islandaise et fit décou­vrir à beau­coup le tal­ent de l’artiste anver­sois. Même ici, alors que les deux per­son­nal­ités con­cernées tra­vail­laient déjà ensem­ble, le principe du « Vif du sujet » sus­ci­ta quelque chose d’unique et de dif­férent. Tout comme le duo Nadj-Mer­cy, cette pièce con­tin­ua d’ailleurs à tourn­er abon­dam­ment par la suite.
En sus­ci­tant les ren­con­tres, en don­nant aux artistes une série de con­traintes pré­cis­es ( deux per­son­nes, un solo, 30 min­utes, un lieu unique), le « Vif du sujet » est par­venu à créer au fil des ans une série de moments trop rares où la danse fait explos­er les car­cans, où les esthé­tiques ( clas­sique, con­tem­po­raine, mod­erne, hip hop … ) se ren­con­trent et défient les habi­tudes. Reste un point d’interrogation. Pourquoi cette for­mule qui fait courir le pub­lic et excite danseurs et choré­graphes n’a‑t-elle jamais trou­vé de pro­longe­ment par ailleurs ?

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Écrit par Jean-Marie Wynants
Jean-Marie Wynants est jour­nal­iste et cri­tique au quo­ti­di­en Le Soir. Ancien chef du ser­vice cul­turel de ce même...Plus d'info
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Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
#78 – 79
mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

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