« Le chien du ciel a mangé le soleil », dans la réalité, le conte…

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juillet ’81

Le 22 Avr 1982

A

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Un recours à l’imaginaire

Dans un lieu désert, sur lequel le soleil ne se lève plus, trois per­son­nages se ren­con­trent et vivent la crainte que nous avons tous plus ou moins secrète­ment enfouie, que l’astre de feu, un jour, s’éteigne à jamais.

Devant l’incapacité de la « Sci­ence » à com­pren­dre et à résoudre l’énigme de sa dis­pari­tion, les per­son­nages en vien­nent à se plonger dans le mythe, la légende, dans un voy­age au pays des morts pour y trou­ver, sinon une réponse, du moins l’espoir d’une aurore nou­velle.

Ain­si, les anciens et les mod­ernes sem­blent vivre la même ter­reur ; les vivants et les fan­tômes sem­blent par­ler le même lan­gage.

Et dans ce lieu du bout du monde, comme le dernier phare veil­lant sur une nuit infinie, dans lequel restent encore quelques ves­tiges d’une civil­i­sa­tion fort proche de la nôtre, renais­sent les voix humaines venues d’autres con­ti­nents, d’autres épo­ques.

Dès lors, par le jeu pro­pre au théâtre, les auteurs de cette créa­tion vont dévelop­per dans une fable mod­erne, l’idée que l’homme mis en sit­u­a­tion, où le recours à l’explication sci­en­tifique, rationnelle, s’avère impos­si­ble, plonge dans l’imaginaire, (dans la réal­ité de l’inconscient); un con­cept qui ne con­tient ni fron­tière (ils sont tous étrangers les uns aux autres), ni bar­rière de lan­gage, (un per­son­nage par­le le gaélique…), ni lim­ite d’ordre, (l’espace de l’histoire est sans cesse trans­gressé par les con­tes).

Peut-être l’homme mod­erne aus­si dému­ni que ses ancêtres redonne-t-il tout pou­voir à cet imag­i­naire pour que sub­siste un espace où tout reste pos­si­ble ; dans la dernière image on peut voir un grand soleil en macramé s’élever, porté par les per­son­nages du drame et… tout renaître à la vie.

Un pas­sage (au sens d’initiation)

Le spec­ta­cle est con­stru­it comme un lent mou­ve­ment de fon­du enchaîné entre la réal­ité de la survie des trois per­son­nages et des con­tes indi­ens, (d’Amérique), et des con­tes chi­nois.

Un pas­sage de la fable (une sit­u­a­tion d’impasse ; com­ment en sor­tir?) à l’imaginaire ; incan­ta­tion, rite, « réal­ité dif­férente », ultime source d’interrogation que l’on peut résumer comme suit :

« Avez-vous déjà con­nu pareilles craintes, avez-vous des chemins à nous mon­tr­er pour sor­tir de la nuit ? »

Là où l’histoire se borne à observ­er ou relater les faits, le con­te sem­ble dire :

« Quand le soleil dis­paraît dans ce monde, il appa­raît peut-être dans un autre ».

Cette longue éclipse n’est peut-être qu’un pas­sage ; juste le temps néces­saire à l’homme pour retrou­ver le soleil.

Les trois per­son­nages vont faire ce pas­sage ; ils quit­tent leurs habits ternes pour des parures de légende.

Ils font le voy­age. Non en rêve mais sous mes yeux, « réelle­ment », et tan­dis que l’imaginaire devient : « autre réal­ité », leur réal­ité pre­mière se trans­forme.

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mai 2003

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