Le Vif du sujet
Non classé

Le Vif du sujet

Le 1 Juil 2003
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
78 – 79
Article fraîchement numérisée
Cet article rejoint tout juste nos archives. Notre équipe le relit actuellement pour vous offrir la même qualité que nos éditions papier. Pour soutenir ce travail minutieux, offrez-nous un café ☕
PETIT PSAUME DU MATIN, chorégraphie Josef Nadj, avec Josef Nadj et Dominique Mercy, 1999, photo Philippe Delacroix/ festival d'Avignon.
PETIT PSAUME DU MATIN, choré­gra­phie Josef Nadj, avec Josef Nadj et Dominique Mer­cy, 1999, pho­to Philippe Delacroix/ fes­ti­val d’Av­i­gnon.

FAIRE SE RENCONTRER un danseur et un choré­graphe ! Quoi de plus banal a pri­ori. Et pour­tant, avec ce sim­ple pos­tu­lat de départ, le fes­ti­val d’Avignon s’est trou­vé un ren­dez-vous choré­graphique pas­sion­nant, recon­duit d’année en année depuis 1997. l’idée de base est venue de François Raf­finot : deman­der à un danseur de choisir un choré­graphe qui crée pour lui un solo de 30 min­utes. Au fil du temps, le principe a un peu bougé, et les organ­isa­teurs du « Vif du sujet » sont sou­vent inter­venus pour guider les danseurs, les aider à trou­ver celui ou celle qui leur con­viendrait.
Mais une chose n’a pas changé : ces face-à-face orchestrés spé­ciale­ment à l’occasion du Fes­ti­val ont quelque chose de rare, d’unique. L’exemple type en est le for­mi­da­ble duo conçu par Josef Nadj et Dominique Mer­cy. Voici deux artistes qui n’ont cessé de se crois­er au fil des ans. L’un et l’autre furent plusieurs fois présents à Avi­gnon : Nadj avec ses pro­pres choré­gra­phies, Mer­cy avec la com­pag­nie de Pir­ra Bausch dont il est un des piliers. Rien ne leur aurait sans doute per­mis de tra­vailler un jour ensem­ble si « le Vif du sujet » n’avait pas existé. Là, sans autre enjeu que de se faire plaisir et de se décou­vrir mutuelle­ment, ils ont créé une pièce incroy­able­ment forte, out­repas­sant la règle de base puisque choré­graphe et inter­prète se retrou­vèrent côte à côte sur scène pour un duo qui n’était ni du Nadj, ni du Bausch, mais bien la syn­thèse de la ren­con­tre entre un danseur d’exception et un choré­graphe ouvert à toutes les expéri­ences. Au ray­on des sur­pris­es, on vit ain­si Lisette Mali­dor danser sous la houlette de François Raf­finot ; Wil­fried Romol­li, pre­mier danseur de l’opéra de Paris, se frot­ter à l’univers con­tem­po­rain de Bernar­do Mon­tet ; ou encore la choré­graphe alle­mande Sasha Waltz inter­préter elle-même le solo qu’elle avait conçu pour Ana Lagu­na, indisponible.
Mais le Vif du sujet a aus­si sur­pris quelque­fois avec des cou­ples moins inat­ten­dus. On se sou­vient ain­si du solo con­coc­té par Jan Fab­re pour la danseuse de sa com­pag­nie Erna Omars­dot­tir. Une pièce courte, sauvage, épous­tou­flante, qui révéla la jeune danseuse islandaise et fit décou­vrir à beau­coup le tal­ent de l’artiste anver­sois. Même ici, alors que les deux per­son­nal­ités con­cernées tra­vail­laient déjà ensem­ble, le principe du « Vif du sujet » sus­ci­ta quelque chose d’unique et de dif­férent. Tout comme le duo Nadj-Mer­cy, cette pièce con­tin­ua d’ailleurs à tourn­er abon­dam­ment par la suite.
En sus­ci­tant les ren­con­tres, en don­nant aux artistes une série de con­traintes pré­cis­es ( deux per­son­nes, un solo, 30 min­utes, un lieu unique), le « Vif du sujet » est par­venu à créer au fil des ans une série de moments trop rares où la danse fait explos­er les car­cans, où les esthé­tiques ( clas­sique, con­tem­po­raine, mod­erne, hip hop … ) se ren­con­trent et défient les habi­tudes. Reste un point d’interrogation. Pourquoi cette for­mule qui fait courir le pub­lic et excite danseurs et choré­graphes n’a‑t-elle jamais trou­vé de pro­longe­ment par ailleurs ?

Non classé
18
Partager
auteur
Écrit par Jean-Marie Wynants
Jean-Marie Wynants est jour­nal­iste et cri­tique au quo­ti­di­en Le Soir. Ancien chef du ser­vice cul­turel de ce même...Plus d'info
Partagez vos réflexions...

Vous aimez nous lire ?

Aidez-nous à continuer l’aventure.

Votre soutien nous permet de poursuivre notre mission : financer nos auteur·ices, numériser nos archives, développer notre plateforme et maintenir notre indépendance éditoriale.
Chaque don compte pour faire vivre cette passion commune du théâtre.
Nous soutenir
Précédent
Suivant
Article publié
dans le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
#78 – 79
mai 2025

Festival d’Avignon 1980 — 2003

1 Juil 2003 — LA DANSE à Avignon ... Certains, bien sûr, diront que ce n’est que la cinquième roue du carrosse, une sorte…

LA DANSE à Avi­gnon … Cer­tains, bien sûr, diront que ce n’est que la cinquième roue du car­rosse,…

Par Jean-Marie Wynants
Précédent
1 Juil 2003 — ANNE Teresa de Keersmaeker, Jan Fabre, Alain Platel: la danse flamande a conquis Avignon tout en secouant les habitudes des…

ANNE Tere­sa de Keers­maek­er, Jan Fab­re, Alain Pla­tel : la danse fla­mande a con­quis Avi­gnon tout en sec­ouant les habi­tudes des fes­ti­va­liers. La pre­mière de MOZART CONCERT ARIAS fut abon­dam­ment chahutée tan­dis que le JE SUIS…

Par Jean-Marie Wynants
La rédaction vous propose

Bonjour

Vous n'avez pas de compte?
Découvrez nos
formules d'abonnements

Mot de passe oublié ?