Projets pour le Festival Projets pour le Festival Projets pour le Festival
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Le 29 Juil 2003
Article publié pour le numéro
Festival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives ThéâtralesFestival d'Avignon 1980-2003-Couverture du Numéro 78-79 d'Alternatives Théâtrales
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Ce texte a été pub­lié en intro­duc­tion au pro­gramme du fes­ti­val d’Avignon 1980.

FESTIVAL. Le mot a fait for­tune. Et l’entreprise s’est large­ment répan­due, en Provence et dans bien d’autres régions de France et d’Europe. Mais que sig­ni­fie ce terme désor­mais ? À quelle ambi­tion — touris­tique, poli­tique, régionale, sociale … — répond-il ? Quel pro­jet artis­tique et cul­turel recou­vre-t-il ?
Le fes­ti­val d’Avignon n’est plus depuis longtemps la présen­ta­tion esti­vale d’un cen­tre de créa­tion théâ­trale, à voca­tion nationale et pop­u­laire, instal­lé à Paris. Jean Vilar avait lui-même con­duit ce change­ment. Il ne peut plus être davan­tage une entre­prise arti­sanale qu’il était à ses débuts et qu’il était resté depuis lors. Il s’est avéré indis­pens­able — et ce fut le souhait de Paul Puaux — de pré­par­er désor­mais le Fes­ti­val selon d’autres méth­odes de tra­vail afin d’en relancer la dynamique.
C’est la rai­son pour laque­lle la Munic­i­pal­ité d’Avignon — qui, avec le Con­seil général de Vau­cluse, assure la majeure par­tie du finance­ment pub­lic du Fes­ti­val — a pré­cisé un nou­veau cadre général pour l’élaboration des fes­ti­vals futurs et a désigné une nou­velle équipe pour une durée de cinq ans.
1980 est donc une année charnière. Le Fes­ti­val y garde le vis­age fam­i­li­er que tant de spec­ta­teurs ( 100 000 en moyenne chaque année) lui con­nais­sent. À cer­tains égards, le pro­gramme de cette année est plus encore qu’un hom­mage aux réus­sites passées, une con­fir­ma­tion du tra­vail accom­pli, de la rigueur, de l’intégrité et de la pas­sion qui l’ont car­ac­térisé. Mais on dis­cern­era aus­si dans le pro­gramme, par de petites touch­es pro­gres­sives, les signes d’un raje­u­nisse­ment des formes qu’implique le pas­sage d’une généra­tion, d’une décen­nie.
Il fau­dra plusieurs années pour con­duire une trans­for­ma­tion pro­fonde du Fes­ti­val, car l’objectif n’est pas de faire du neuf pour du neuf, de sat­is­faire à la mode, au pres­tige ou à la pub­lic­ité, mais bien de don­ner à des équipes de créa­teurs les moyens d’exprimer leur univers, com­plète­ment et libre­ment, devant les publics d’Avignon.
Les pro­grammes d’antan, qui son­naient haut et clair dans l’esprit du théâtre pop­u­laire, se sont dévelop­pés, diver­si­fiés, comme le théâtre lui-même, comme le pub­lic lui-même. Tout doit être mis au pluriel désor­mais, au risque que, dans le tour­bil­lon con­fus de cer­tains jours, le pub­lic ait du mal à retrou­ver le calme et l’attention que cer­taines oeu­vres exi­gent.
C’est donc autour de pro­jets artis­tiques com­plets que s’organiseront les fes­ti­vals prochains, que se révèleront leurs couleurs dom­i­nantes. Par pro­jet, il faut enten­dre un ensem­ble coor­don­né d’oeuvres ou de man­i­fes­ta­tions qui se présen­teront sous forme de représen­ta­tions théâ­trales ou d’autres formes de spec­ta­cle vivant certes, mais aus­si d’expositions, de « per­for­mances », de lec­tures publiques, de textes, d’ oeu­vres vidéo, de pro­gram­ma­tion de films, le tout conçu et présen­té comme des par­cours pour que le pub­lic pénètre et cir­cule à tra­vers divers­es dis­ci­plines (le théâtre, la danse, le théâtre musi­cal, l’audiovisuel, la poésie … ) sous le signe de mêmes familles de pen­sée esthé­tiques, de mêmes com­plic­ités artis­tiques, de mêmes réseaux de créa­teurs qui se seront choi­sis pour imag­in­er et réalis­er en com­mun.
Cette propo­si­tion de tra­vail n’exclut pas cepen­dant que des spec­ta­cles soient présen­tés isolé­ment par la direc­tion du Fes­ti­val en dehors de ces par­cours, si leur per­ti­nence et leur qual­ité parais­sent l’imposer. Mais cette poli­tique sup­pose qu’Avignon ne soit pas seule­ment le lieu d’un événe­ment excep­tion­nel lim­ité à un mois. Avi­gnon peut être aus­si un lieu de tra­vail pour des équipes de créa­tion de manière plus per­ma­nente. Il y a désor­mais dans la ville une con­fig­u­ra­tion d’institutions artis­tiques et cul­turelles qui le per­met.
L’action con­tin­ue du Con­seil Cul­turel, la prox­im­ité de la Char­treuse de Vil­leneuve lez Avi­gnon, le développe­ment de la Mai­son Jean Vilar, la mise en place de la pre­mière vidéothèque de théâtre créée en France, dans le cadre de l’Année du Pat­ri­moine, l’ouverture aux pro­fes­sion­nels d’une Mai­son du Théâtre et du Spec­ta­cle pen­dant la durée du Fes­ti­val, la créa­tion espérée d’une for­ma­tion uni­ver­si­taire spé­cial­isée dans l’administration de pro­duc­tion théâ­trale font d’Avignon un excep­tion­nel point d’ancrage, en Provence, pour un tra­vail répar­ti diverse­ment sur l’année, d’équipes de créa­tion.
À ces con­di­tions, le fes­ti­val d’Avignon, dont la répu­ta­tion est con­sid­érable à l’étranger, mérit­era sa renom­mée parce que son pro­pre renou­velle­ment aura pu être pen­sé et pré­paré.

Bernard Faivre d’Arci­er, 1980.

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Festival d’Avignon 1980 — 2003

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